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Le sexe, une histoire de chimie ?

 

Dans les nombreuses recettes amoureuses qui sont distillées, la pénétration est centrale, et les préliminaires ressemblent à un apéritif. Les études peuvent bien se glisser dans le lit des pratiques, elles occultent néanmoins un certain nombre de variables, qui en font pourtant tout le charme et suffisent pour atteindre la sensation de bienheureuse plénitude.
 
Partant du mot « coït » emprunté au latin coitus venae qui est l’action de se joindre, de se réunir, on peut convenir qu’il existe bien des façons de s’unir pour deux corps nus, sans que la pénétration ne soit partie prenante du sujet. On sait comme il est difficile de soutenir longtemps le regard tant deux personnes qui se fixent intensément suffisent à faire enclencher toute une série de réactions dans les deux corps (sensations vives sur la peau, « papillons » dans le ventre, cœur qui bat, etc.). L’émotion ressentie active le circuit des « neurones miroirs » dans le cortex. D’après la biologiste Clothilde Inger, ils mettent même en « synchronisation émotionnelle » et permettent, d’une certaine façon, de ressentir l’émotion de l’autre.
 
Tout comme la vue, l’odeur apaise, réconforte ou excite, tandis que les caresses libèrent l’ocytocine et les endorphines dans le cerveau, apportant une sensation de relaxation. Selon l’âge, l’amant et l’humeur, l’ensemble de ces actions, suivies ou non de jeux plus poussés avec les doigts, la langue, les lèvres, prennent des saveurs intensément différentes. Il suffit de toucher le corps de l’autre pour activer le système de récompense. Les neurosciences ont mis en lumière comment, au fil de l’histoire humaine, la sexualité s’est affranchie des cycles hormonaux, tandis que le système de récompenses s’est développé sans l’obligation d’un coït vaginal. La stimulation des organes sexuels restant la plus courante, car procurant des plaisirs plus intenses, pouvant aller jusqu’à l’orgasme.
 
L’un des moteurs du désir est la dopamine, qui est sécrétée par le cerveau. Selon le chercheur suisse Wolfram Schultz, ces neurones dopaminergiques s’activent dès qu’un signal annonce une récompense imminente et non pas après obtention de celle-ci. La sensation du plaisir est elle aussi transmise par la dopamine. Ce qui pourrait expliquer pourquoi les amants peuvent être revigorés par le contact sans aller jusqu’à la pénétration du phallus dans le vagin. Et justifier sans doute aussi pourquoi, que le rapport ait été satisfaisant ou non, l’envie de recommencer n’est jamais bien loin, la dopamine régulant la motivation et encourageant à persévérer quel que soit le résultat.
 
À l’inverse, plus une personne s’isole physiquement de l’autre ou refuse tout contact, plus le corps s’adapte et s’affranchit de toute excitation, pour aller chercher ailleurs les nécessaires dopamines et alimenter autrement le circuit de la récompense. Mais c’est se priver d’un doux plaisir à portée de mains…
 
 
Source : terrafemina.com

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