En tournée avec son spec­tacle Madame Foresti, Florence Foresti triomphe partout où elle joue. Anato­mie d’un drôle de phéno­mène raconté par ses proches.

« Florence ? C’est une rock star ». L’homme qui lâche très tranquille­ment ces mots, c’est Thierry Suc, le produc­teur de Florence Foresti depuis quatre ans. Il est aussi celui, entre autres, de Calo­gero, du magi­cien Eric Antoine, de Mylène Farmer. Dans le milieu, il a la répu­ta­tion de ne pas savoir dire non aux extra­va­gances artis­tiques de ses proté­gés. Puisqu’il est d’une nature portée sur la déme­sure, normal qu’on se dise que là, il exagère un peu… Il main­tient et s’ex­plique : « je l’ai pensé le soir où je l’ai vue la première fois sur scène en décembre 2010. Elle jouait Mother­fu­cker au Zénith Arena de Lille. Dans la salle, blin­dée, j’ai senti la ferveur du public monter en l’at­ten­dant. C’était compa­rable à l’ex­ci­ta­tion que mani­festent les fans des Rolling Stones ou de Madonna juste avant un concert. » Il n’avait jamais vu ça pour un humo­riste.

A l’époque, ils ne se connais­saient pas. Leur rencontre aura lieu un an plus tard, fin 2011. L’ini­tia­tive est venue de Florence, via son agent qui propose à Thierry Suc un déjeu­ner au restau­rant de l’hô­tel Amour dans le 9e arron­dis­se­ment à Paris. Elle a un nouveau projet qui bouillonne dans sa tête depuis qu’elle a vu George Michael à New York. C’est ça qu’elle veut tenter main­te­nant : un pur show qui mélange la vidéo, la danse, la chan­son, du cirque aussi. Un truc genre « Sky is the limit ! » (la limite c’est le ciel), à l’amé­ri­caine. Elle sait que son idée est dérai­son­nable. « On n’a pas parlé d’argent. Elle voulait juste savoir si je pouvais la suivre. Elle avait déjà une vision très précise de ce que cela donne­rait… » Il est séduit : « Elle est passion­née, j’adore ça ! » Il dit banco à sa Foresti Party.

La comé­dienne, qui assure aussi la mise en scène de son show, voit si grand que rien ne rentrera dans des camions pour partir en tour­née. Il n’y aura donc que cinq repré­sen­ta­tions à Bercy en septembre 2012, et la possi­bi­lité de voir le spec­tacle sur grand écran dans 250 ciné­mas partout en France. Au total, 85000 personnes paie­ront leur ticket, et le DVD se vendra à 600 000 exem­plaires.

Au cours des mois de répé­ti­tions et de prépa­ra­tion, Suc découvre la person­na­lité de sa nouvelle artiste : « Une bosseuse, jamais fati­guée, qui sait ce qu’elle veut et qui s’oc­cupe de tout de l’éclai­rage au graphisme de l’af­fiche ». Chiante quoi. Pas faux, mais caté­go­rie  »atta-chiante » modère immé­dia­te­ment son entou­rage. La pres­sion, elle s’en charge, mais ne s’en décharge pas sur les autres. Du carac­tère, oui, elle en a, mais elle n’est pas carac­té­rielle. Respect, bien­veillance, et même tendresse, sont des mots qui reviennent souvent dans la bouche de ceux qui colla­borent ou ont colla­boré avec elle. Bref, une patronne qui en rappelle à quelques-uns une autre : Piaf. Rien que ça ? « Comme elle, Florence flaire les gens, souvent des hommes d’ailleurs, qui vont l’ai­der à progres­ser. Mais si elle se nour­rit de ce qu’ils peuvent lui appor­ter, elle ne les dévore pas. C’est du donnant-donnant : ils la font avan­cer en même temps qu’elle les fait avan­cer », souligne Gérard Sibelle, produc­teur et décou­vreur de talents. C’est lui qui la fait rentrer en 2003 dans l’écu­rie Juste pour rire, qui produit tous les humo­ristes bankables du moment (Franck Dubosc, Elie Semoun…). Sibelle la suit depuis qu’il l’a repé­rée dans un petit café-théâtre de Lyon en 1999. Elle fait alors partie du trio Les Taupes Models aux côtés de Cécile Giroud et Céline Iannucci. Ce qui l’avait frappé alors chez cette petite brune d’1,60 m, c’était sa présence. « Déjà incon­tour­nable », dit-il. En 2001, Florence quit­tera la bande de filles (sans rancune, elles sont toujours copines) pour se lancer en solo avec son tout premier one woman show, Manque­rait plus qu’elle soit drôle.

La suite on la connaît. Elle déboule à Paris au Point Virgule en 2001, explose en 2004 à la télé dans On a tout essayé avec ses paro­dies d’Isa­belle Adjani ou de l’ado « vener », et décroche son premier rôle au cinéma en 2006, dans le confi­den­tiel mais cultis­sime Dikke­nek (aux côtés de François Damiens, Marion Cotillard, Méla­nie Laurent et Jérémy Régnier). De fil en aiguille, elle finit par embras­ser Sean Penn lors de la céré­mo­nie des Césars de 2011.

Cette année, elle a monté les marches à Cannes au bras de Guillaume Galienne pour le film Le petit Prince… Dans l’in­ter­valle, elle aura joué ses trois derniers spec­tacles à guichets fermés un peu partout en France, et rempli à Paris trente-quatre fois le Châte­let, dix fois le Zénith, neuf fois le Palais des Sports. Inutile de préci­ser que ses DVD cartonnent et qu’elle rayonne au firma­ment des sondages de popu­la­rité. Elle est aujourd’­hui l’hu­mo­riste préfé­rée des Français. Et le plus beau dans tout ça ? « C’est qu’elle n’a pas changé. » C’est Thierry Buona­fuente qui le dit, son ancien prof de comé­die. « On ne se voit pas tous les quatre matins, mais quand ça arrive je retrouve la même Flo qu’il y a vingt ans, en plus épanouie ». Acteur-metteur en scène, il dirige le Nombril du monde à Lyon, là où Florence a fait ses premiers pas de comé­dienne en 1996. Il se souvient de la fille de vingt-deux ans qui s’était présen­tée un soir à son cours de comé­die. « Elle était à la bourre, elle sortait du boulot. A l’époque, elle était sala­riée dans une petite boîte où elle travaillait comme info­gra­phiste. » Elle lui avait dit : « Je rêve de faire du théâtre, j’adore décon­ner. » Il allait décou­vrir à quel point, au cours des trois ans où cette fêtarde allait faire ses classes chez lui, mais sur le coup, il l’avait trou­vée timide. Son jeu ? Stéréo­typé. « Elle avait trop vu Muriel Robin (son idole). » Elle l’en­tend, s’amende et montre rapi­de­ment de réelles quali­tés d’ac­trice : « Non seule­ment elle comprend vite ce qu’on attend, mais en plus elle le réalise dans la seconde. »

Sa grande qualité : l’hu­mi­lité, qui la pousse à toujours se mettre à l’épreuve. Même encore aujourd’­hui. Madame Foresti, elle l’a d’abord rodé dans un petit resto-théâtre de Lyon, le Complexe du rire. « La scène, c’est son terrain d’ex­pé­ri­men­ta­tion, sa variable d’ajus­te­ment. Pour savoir si elle est dans le vrai, elle a besoin de sentir les gens. Une fois le stade de l’écri­ture passé, elle n’in­tel­lec­tua­lise plus, elle fonc­tionne à l’ins­tinct », souligne son co-auteur Pascal Serieis. « Florence n’ou­blie pas que c’est grâce au public qu’elle s’est décou­verte », rappelle Gérard Sibelle. A ses débuts, elle a écumé les festi­vals et en repar­tait sans un prix, ni un acces­sit. « Les gens la trou­vaient bien, sans plus. A la sortie, elle accu­sait le coup, mais le lende­main, c’était fini, elle était repar­tie comme en 40 ! » Au fond, elle a toujours eu foi en elle, d’où son endu­rance, sa déter­mi­na­tion. Selon lui, elle tient cela de famille. « Son père est un immi­gré italien qui s’est fait tout seul, en créant son entre­prise. Du côté de sa mère (employée de bureau), de ses tantes, elle a aussi de qui tenir : que des femmes fortes ! »

Au fond l’his­toire de Florence Foresti, c’est celle d’un conte de fées contem­po­rain et exem­plaire. Il était une fois une petite fille née sous Pompi­dou, qui à trois ans avait déjà peur de mourir, qui à sept crai­gnait de déce­voir les siens, et qui à treize se trou­vait moche. Une fille qui, pour la citer, « a connu Michael Jack­son noir, Madonna jeune » et un mariage éclair à 25 ans. Elle est deve­nue une femme de 30 ans, pleine de doutes, qui fait des sketchs. Aujourd’­hui, on l’ap­pelle Madame Foresti, d’où le nom de son dernier spec­tacle. Elle a 42 ans, une fille de 7 ans et un nouvel amou­reux. A ce stade, « sa prochaine grande aven­ture, c’est le cancer ». Quand elle balance ça sur scène, la salle éclate de rire. Mais il est probable qu’elle le pense vrai­ment. Dans la vie, Florence Foresti n’est pas la rigo­lote qu’on imagine. Comme tous les grands comiques, elle porte en elle une forme de noir­ceur qu’elle parvient à trans­for­mer en éner­gie créa­trice. Savoir rire au bord du gouffre a été sa chance. Treize ans d’ana­lyse pour le comprendre. Depuis, elle a arrêté. Plus ques­tion de soigner ses névroses au risque de sabor­der la matrice de son talent. Pratiquer la théra­pie de groupe sur scène lui suffit. Ses consul­ta­tions s’ar­rêtent en décembre.

 

 

Source : www.gala.fr

Florence Foresti

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