Cannes 2015 : La sélection officielle a été dévoilée

Gilles Jacob, en tirant la révérence, n’avait pas manqué de savonner discrètement la planche à son successeur, le nouveau président Pierre Lescure : à la marge de la conférence de presse annonçant en ce 16 avril au matin la Sélection officielle de l’édition 2015, le président sortant jouait les pythies malicieuses en publiant un premier roman intitulé Le Festival n’aura pas lieu. LOL. Façon de porter la scoumoune à ses successeurs et de prophétiser que l’herbe ne repoussera désormais plus sur la Croisette ? Le président entrant, escorté de son délégué général, Thierry Frémaux, tout en souhaitant tous ses vœux de réussite et de bonheur à ce cher Gilles dans sa carrière de romancier, n’a pas manqué d’attraper la balle pernicieuse au bond : “Le Festival de Cannes aura bien lieu” a-t-il affirmé avec la fermeté d’un shérif.

OK, mais avec quels films ? En préambule, le délégué général parlait d’un Festival qu’on ne pourrait pas accuser de sélectionner “toujours les mêmes”. La sélection 2015 se serait donc fixée “la mission” d’apposer des noms nouveaux à la toplist des auteurs du cinéma mondial. Cette année, les grands auteurs auraient manqué : films pas prêts, ou pas retenus…

De grands cinéastes pas retenus ? C’est le moins qu’on puisse dire. La plus grande sidération à l’annonce de ces 44 films dans les différentes sections de la Sélection officielle tient à l’absence d’Arnaud Desplechin (dont six précédents longs-métrages étaient en Compétition), de l’ex-palmé Apichatpong Weerasethakul (Oncle Boonmee en 2010), du nouveau film très attendu du réalisateur de Tabou, Miguel Gomes (sa durée monstre de six heures lui aurait-elle nui ?) ou encore de Jeff Nichols (Midnight Special avec rien moins qu’Adam Driver et Kirsten Dunst). Trois souvenirs de jeunesse, le Desplechin, on l’a vu, le film est magnifique et on ne s’explique pas son absence – surtout au profit d’une sélection française sur le papier inégalement excitante (Jacques Audiard, Maïwenn, Valérie Donzelli et, surprise, Stéphane Brizé). Quant à l’absence de Weerasethakul et Gomes, sans avoir vu leurs films, on s’étonne que manquent deux cinéastes les plus audacieux et créatifs découverts ces quinze dernières années.

Cela dit, aucune de ces absences n’est pour le moment définitive, puisque Thierry Frémaux a annoncé qu’entre deux et quatre films viendront compléter la Compétition (et possiblement un autre français).

Parmi les films d’ores et déjà sélectionnés en compète, on frémit d’impatience à découvrir le film d’art martial de Hou Hsiao Hsien, le retour des deux ex-palmés Nanni Moretti et Gus Van Sant (avec Matthew McConaughey et Naomi Watts), les dernières œuvres des jeunes qui montent (le Grec Yorgos Lanthimos avec The Lobster – après Canines, le Norvégien Joachim Trier avec Louder Than Bombs – après Oslo, 31 août), le retour de Todd Haynes, faisant le récit d’une histoire d’amour entre deux femmes dans les années 50 ou encore le nouveau Jia Zhangke. A noter une forte présence italienne : en plus de Moretti, il faudra aussi compter avec Matteo Garrone et Paolo Sorrentino.

 

Côté Un certain regard, beaucoup de noms encore inconnus et, comme il se doit, de promesses de découverte. A signaler néanmoins la présence du grand Kiyoshi Kurosawa avec Voyage sur l’autre rive (signalons qu’il y a sept ans, Tokyo Sonata se trouvait déjà à Un certain regard, et, sérieusement, le film aurait du figurer en compète – et aux plus hautes marches du palmarès). Et aussi du Roumain Corneliu Porumboiu (Caméra d’or 2006 avec 12h08 a l’est de Bucarest) ou encore de la jeune française Alice Winocour, découverte il y a deux ans avec Augustine, et de retour avec Maryland (interprété par Diane Kruger).

 

Enfin, montées des marches oblige, les stars peuplent tous les étages de cette sélection, puisque sont attendus Tom Hardy (le nouveau Mad Max), Joaquin Phoenix et Emma Stone (dans le Woody Allen), Louise Bourgoin (dans un premier film signé Laurent Lariviere – et peut-être le Joachim Lafosse, possible rajout de dernière minute), Marion Cotillard (dans une adaptation australienne de Macbeth en compète), les sublimes Chang Chen et Shu Qi (dans le Hou Hsiao Hsien), Michael Caine et Harvey Keitel (dans le Sorrentino), Léa Seydoux et Colin Farrell (dans le Yorgos Lanthimos), Jesse Eisenberg et Isabelle Huppert (dans le Joachim Trier), Cate Blanchett et Rooney Mara (dans le Todd Haynes). Enfin, comme toujours la tête haute (c’est aussi le titre du nouveau film d’Emmanuelle Bercot en ouverture), c’est Catherine Deneuve qui grimpera les marches la première.

 

 

source : lesinrocks.com

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