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 Interview DJ Bouddha

Le 21 Mars 2002

Interview DJ Bouddha

Interview DJ Bouddha

La scène lyonnaise compte quelques DJ actifs, au passé glorieux et à l’avenir encore prometteur, tel est le cas de Bouddha. DJ reconnu, il mixe de clubs en clubs avec un son qui lui est propre, il s’exporte et produit ses propres compositions. Rencontre avec un jeune homme passionné qui vient juste de débuter les afters au Dark's...
Présentes-nous ton parcours…

J’ai commencé par hasard en remplaçant un pote dans un petit bar, l’Amnézia à St Jean. J’avais 18 ou 19 ans. J’adorais tout ce qui touchait au son, au vynil, les platines…
J’ai trouvé ça intéressant et je suis resté 6 mois là bas et j’ai atterri au Garage. Un an et demi aux platines, puis j’ai fait un passage au Titan.
Après les dimanches, je jouais au Facto, ensuite l’Empire, grosse période avec Patrick Loris pendant un an et demi. Ensuite, obligation militaire, départ à l’armée et je suis revenu à Lyon pour l’after du Box en 2000.
A partir de là, des dates tout avenant, au Spyce de Grenoble, Fish, Space, Tactika, Club 58 à Genève…
A côté de tout ça, j’ai fait des études en informatique, j’ai bossé aussi pendant 3 ans à Skyrock, à l’époque du Barje, j’étais réalisateur et co-animateur de l’émission de l’après-midi 12h-16h30.
C’est vraiment une période de bons souvenirs, une libre antenne où tout pouvait se passer, on s’éclatait comme des malades, une liberté totale, il y avait un boulot de créativité…

Tu parles d’une époque passée, selon toi, qu’est ce qui a changé aujourd’hui, comment cela a évolué ?

Aujourd’hui j’ai 28ans, quand tu as vécu une époque à 20 ans, tu as l’impression que tu t’éclatais plus, il y a forcément un décalage avec ce que je connais maintenant.
Beaucoup de choses ont changé, on ne donne pas de chances à la musique électronique, elle est confinée dans des petits endroits.
La techno du départ a été décrié, rejetée, on est dans une région sinistrée et aujourd’hui on récolte les fruits de tout ça.

En même temps, la clientèle ne suit pas forcément les DJ, un bon plateau ne rime pas avec une soirée blindée.
Si tu prends un plateau local avec Will, D-Troy, Didier Largemain, c’est évident, ce sera une excellente soirée au niveau des sets musicaux, mais il n’y aura pas forcément la queue à l’entrée, et là y a un soucis…

Alors, qu’est ce qu’il manque à Lyon ?

Déjà avant tout, ce qui est bien, c’est qu’il y a des mecs qui font bouger les choses, Peel, D-Troy, Gregg d’Elektro… On bouge et ça tient la route.
J’ai un vieux rêve utopique de constituer une French Touch à la lyonnaise, il y a la possibilité, on a les forces vives, le talent existe c’est sûr. Je trouve aujourd’hui qu’il n’y a pas assez d’unité et de fraternité dans le son électronique.
Ce qui devrait être une musique propice à l’ouverture n’amène pas toujours ce phénomène, on se descend dans le dos..
Il faut que tout le monde bosse main dans la main. Aujourd’hui, tout le monde produit dans son coin, c’est dommage.
Mais malgré tout, je reste positif sur des soirées type Enjoy, les soirées au Box, les plateaux DJ au Fish, on ne peut pas dire que Lyon est une ville morte quand on voit ce qu’il s’y passe niveau organisation d’événements.

Beaucoup de DJ confirmés commencent à produire… Tu t’y es mis ?

Oui, je suis en cours de finition de plusieurs titres. Je bosse sur du PC, du Mac G4, Cubase VST, CakeWalk. Je suis dans le son électro Teck House.
Je suis partisan de la créa, pas trop du sample facile que tout le monde attends.
Actuellement, je suis en négociation avec Chriss des Bains, y a aussi des gens d’Happy.

On trouve quoi dans ta play-list ?

J’aime bien en ce moment Robbie Riveira, Funk D Voided et je dois avouer que la production de Didier Largemain est efficace et vraiment très bien faîte, pour son premier titre, je dis bravo !

Dans mes sets, j’ai des influences disco, groove, électro mais j’essai d’avoir une prog originale, hétéroclite, je mix au feeling.
C’est évident que j’ai mon style, je ne passe pas ce qu’on va entendre partout. En fait, j’ai une période de test avec le public d’une vingtaine de minutes et ensuite un set métissé.
Les sonorités ont un point commun mais je peux très bien naviguer vers le tribal, les percus, j’évite les choses linéaires, je préfère choquer musicalement que d’endormir !

Si tu n’étais pas booké tous les week-end, tu sortirais où ?

Si je devais aller en club, ce serait aux Afters du Dark's forcément, les soirées d’OHM ou d’Elektro, Enjoy, Reminiscence de Lagarto…
Ce sont des mecs qui en veulent, qui cherchent des DJ avec un bon son, une bonne étiquette. Ils se défoncent pour faire passer une bonne soirée…
Donc je serais présent aussi pour rendre hommage à l’organisation !

Des amis dans la nuit ?

On a beaucoup de relation mais ça restera pour la plupart de la paillette. Mais tout le monde le sait.

Quelle image les gens ont de toi niveau professionnel ?

Je pense être respecté par rapport au CV, les expériences de soirées.
J’essai vraiment à chaque fois de donner le meilleur de moi-même, d’être irréprochable.
De toute façon pour être apprécié et reconnu, c’est à moi de donner le change et d’assurer derrière…

T’as un public de fidèle ?

Oui je pense, on se retrouve notamment en after, mais le public ne te suit pas de manière assidue. Quand tu mix en soirée, ils sont contents quand tu es là, mais ils te suivent pas sur à chaque booking.

Tu te lances sur Internet ?

Oui, j’ai un site en création, j’en suis à la page d’accueil !
Ce sera un site pour les renseignements, le booking, je mettrais des photos de soirées, des MP3 de mix. Je pense qu’il sera opérationnel pour septembre 2002.

Parles-nous de DeGelis Prod

J’ai monté cette boîte de production pour notamment prendre sous mon aile Will et Sonia.
Ce sont des DJ performants, bons, c’est pour ça d’ailleurs que Will a atterri à l’after du Box et maintenant du Dark's, c’est selon moi la valeur montante lyonnaise.
DeGelis va également servir mes productions musicales, mais aussi pour celles des autres.
C’est encore au stade expérimental mais j’ai vraiment envie de continuer la dedans, faire une unité.

Tu voyages un peu, comment est ressenti Lyon ailleurs ?

Avec des talents certains mais pas suffisamment exploités !
Il y a un peu cette image de ville froide où il ne se passe pas grand chose, mais c’est en train d’évoluer.
Je suis fier d’être lyonnais et j’ai envie de faire bouger aussi tout ça… !


Contactez Bouddha sur son mail, c’est ici !





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