Le 01 Mars 2006
Pierre LANSAC : les Lyonnais mèneront l’enquête

Ce mois-ci, à l’occasion de la 2ème édition de Quais du Polar, Lyonclubbing tenait à vous présenter le président de l'association qui organise ce festival : Pierre Lansac. En effet lui et son équipe ont pris le pari pour cette deuxième édition du 31 mars au 2 avril de vous faire vivre un week-end noir… Propos recueillis par la détective Lyonclubbing Sophie Seimpère.
Présentez-vous brièvement… J
’ai 58 ans. Mes racines familiales sont basco-béarnaises mais je suis arrivé à Lyon en 1980. J’aime beaucoup cette ville que je trouve très belle. Je suis passionné de voile et de montagne, de jazz, de voyages. Enfin, je travaille dans la communication où je suis consultant.
A qui s’adresse le festival Quais du Polar ?
Aussi bien aux amateurs éclairés qu’au grand public. Le polar est un genre intéressant car c’est celui qui dépeint le mieux la société contemporaine. Il faut toutefois noter que c’est un genre qui a beaucoup évolué. Autrefois il y avait la culture policière : on se demandait qui a fait le coup. Aujourd’hui, le «policier» a évolué vers le «noir» et là, ce n’est plus qui mais pourquoi on a fait le coup ? Et puis cette culture aborde une large diversité d’univers : l’économique, le politique, l’écologique, le social, l’ésotérique… voire même le rural !
Quels sont les lieux du festival ?
La culture du polar est urbaine. Quais du Polar exploite cette particularité. Aussi nous avons voulu inscrire le festival largement dans la ville en dispersant les sites des manifestations qui le constituent, avec des lieux de références mais aussi des lieux plus insolites. Le «point central» du festival est la Galerie des Terreaux qui accueille la Grande Librairie du polar et le café littéraire où auteurs, invités et public pourront se rencontrer, échanger. La Plateforme, avec la soirée d’inauguration et le «bal noir» qui la suit, le Musée des Beaux-Arts et son «énigme du retable dispersé», les nombreux bars pour les débats-conférences, le CNP Odéon pour la nuit du cinéma noir, l’Institut Lumière pour un hommage au polar asiatique à travers l’œuvre de John Woo, la Villa Gillet et ses rencontres avec un auteur, les rues de Lyon pour le parcours suspense, l’Opéra de Lyon et la création d’une pièce «Mojo» (10 et 11 mars), le théâtre Guignol, le nouveau hall des Archives municipales, les bibliothèques municipales, l’Ecole Nationale de Police de St Cyr et sa simulation de scène de crime et son musée de la criminologie (réserver votre place à la galerie des Terreaux)... entre autres.
Où trouver le programme des festivités ?
Dans le Télérama, le journal culturel 491, dans les librairies partenaires, à la Galerie des Terreaux ( dès la mi-mars), à l’accueil de la mairie de Lyon, et sur le site du festival www.quaisdupolar.com
Quels sont les têtes d’affiches ?
Il y a une cinquantaine d’auteurs français et étrangers parmi les meilleurs du genre : la présence exceptionnelle de Donald Westlake, Tonino Benacquista, Iain Pears, Martin Winckler, Patrick Raynal, Sylvie Granotier… que le public pourra rencontrer à la Galerie des Terreaux, au moment des rencontres-dédicaces.
Va t-il y avoir des animations particulières ?
Durant tout le festival, les animations sont toutes particulières. Avec des rencontres, des conférences, des débats, des lectures dans les salles Molière, Villa Gillet, cafés partenaires, la Galerie des Terreaux… Il y a aussi une enquête mystère à résoudre dans les rues de Lyon, pour la première fois, la nuit du cinéma noir (avec petit déjeuner) au CNP Odéon, l’exposition-enquête au musée des Beaux-arts où des professionnels partageront leurs hypothèses et questionnement sur « l’énigme du retable dispersé ». La nuit de la série policière TV américaine, des plus mythiques aux plus actuelles et la nuit du jeu d’enquête avec des jeux de société sélectionnés se dérouleront en parallèle aux Archives municipales de Lyon (Perrache). Le Bal noir à la Plateforme (péniche amarrée au 20 quai Augagneur), l’exploitation d’une scène de crime (simulation) par des spécialistes de la police scientifique à l’école National de Police de St Cyr…
Pourquoi Quais du Polar ?
Ce qui est intéressant dans le polar, c’est le côté miroir de la société actuelle. C’est aussi la diversité des modes d’expression. Nous voulions vraiment que le public ne passe pas à côté de cette très intéressante culture. C’est cela qui nous a donné envie de créer cet événement. Et c’est ce qui a séduit la Ville de Lyon qui nous accompagne dans la réalisation de cette manifestation.
Vous décernez le prix Quais du Polar (prix des lecteurs au meilleur roman noir). Quels sont les auteurs sélectionnés ?
Nous avons sélectionné 6 romans noirs, urbains, français parus en 2005 qui sont soumis depuis mi-février au vote du public. Cette année, il s’agit de Brigitte AUBERT pour le chant des sables, Philippe CARRESE pour les veuves gigognes, Hannelore CAYRE pour toiles de maître, Patrick PECHEROT pour boulevard des branques, Jean-bernard POUY, Marc VILLARD pour ping-pong et enfin Franck THILLIEZ pour la chambre des morts.
Comment ont-ils été choisis ?
Les librairies partenaires ont sélectionné des romans policier français parus en 2005, nous avons retenu les 6 romans le plus nominés.
Comment va se dérouler l’élection ?
Le public doit impérativement voter avant le 20 mars et déposer le bulletin dans les urnes mises à disposition dans les bibliothèques municipales, les librairies partenaires, par courrier à l’association (1 rue Audran, 69001 LYON) ou par courriel.
Qu’est ce qui vous différencie du festival de Cognac ?
Le festival de Cognac est très orienté «cinéma polar». Nous voulons aborder le polar sous toutes ses formes : romans, cinéma, BD, art plastic, théâtre, musiques, jeux de société, séries TV, débats… pour intéresser le plus large public.
A qu’attendez-vous des Lyonnais qu’on sait public réservé ?
Il faut arrêter ce cliché ! Je ne crois pas qu’il y ait un public lyonnais coincé. Il y a plutôt un public insatisfait. En général, le public est curieux mais il ne faut pas se moquer de lui. Il suffit de voir le succès de manifestations comme la Biennale de la Danse ou d’Art Contemporain, la Fête des Lumières (la dernière !), les guinguettes pour se convaincre que les Lyonnais – et pas qu’eux – répondent aux manifestations de qualité. Je pense que si quelque chose de qualité est proposé, le public suit. Nous avons accueilli près de 14000 personnes dès la première édition du festival ! En plus, en ce qui concerne Quais du Polar, la plupart des activités proposées sont gratuites.
Pour vous, quel est le film polar de référence ?
Il y a en a plusieurs. J’ai beaucoup aimé : «le Couperet», «Collatéral» et dans un genre plus sensible, «De battre mon cœur s’est arrêté» dont nous accueillons le scénariste, Tonino Benacquista.
Pensez-vous qu’un bon roman puisse être un bon film ?
Non, un bon roman ne fait pas forcément un bon film. Il y a un auteur et un réalisateur. Deux façons de lire un sujet, même s’ils travaillent ensemble à l’écriture du film. Mais bon, en général, je pense que l’on est toujours un peu déçu car la lecture d’un roman suggère plus que les mots dont il est fait, on le lit entre les lignes, on se crée un univers en imaginant ce physique des personnages, des couleurs, des sons, des ambiances que l’image cinématographique peut réduire.
Quels sont vos futurs projets ?
Toute l’équipe de l’association Quais du Polar est passionnée. René Gachet, Jean-pierre Sollier, Gilles Dugrand, Sébastien Olive avec le concours d’Hélène Fischbach et Mark Cusack. Nous préparons déjà la 3ème édition du festival.
Pensez-vous que Lyon a sa place dans le patrimoine culturel français ?
C’est une grande ambition. Lyon est une ville d’échange culturel très bouillonnant. Regardez la richesse et l’intelligence des programmations théâtrales, les biennales, l’accueil de grandes expositions picturales Européennes, le succès des nuits sonores, la ténacité des salles de cinéma indépendant.
Votre mot de la fin aux Lyonnais ?
Soyez curieux, sortez, osez prendre des risques culturels, sortez de vos habitudes, faites l’effort de découvrir. Et parlez autour de vous de vos découvertes positives, ne vous contentez pas de relayer les critiques lues ici ou là, faites-vous VOTRE idée. Ouvrez les sens de vos enfants ! Et puis rendez-vous le 31 Mars !!!