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 Sellig, la rencontre !

Le 01 Octobre 2003

Sellig, la rencontre !

Sellig, la rencontre !

Le sieur Sellig, comique lyonnais de profession, a acquis depuis quelques années une notoriété non négligeable. Du côté de la TV, il enchaîne les émissions d’humour type « Drôle de Scène » ou « Coups d’Humour », et accède à une importante médiatisation à la rentrée dernière : un poste de chroniqueur comique dans l’émission de Christine Bravo « Douce France » le samedi sur France 2.
Sur scène, l’homme se permet de jouer pendant plus de 8 ans son premier spectacle « Episode 1 », dans les salles Parisiennes et Lyonnaises. Aujourd’hui, de retour d’une année chargée dans la capitale, il revient jouer dans ses murs un spectacle dévastateur, dont seul le nom manque d’imagination : Episode 2.

L’attaque des gones En assistant à un spectacle du comique, on comprend les raisons de cette notoriété : Sellig est un génie et Episode 2 est une tuerie. Une heure et demi de hurlements de rire à répétition, généralement transformés en gloussements incontrôlables dès les premières minutes. Comme les plus grands, l’humoriste réussit le paradoxal tour de force de nous faire adorer les personnages les plus horribles, les plus irresponsables ou les plus insultants. Comment ? Eh bien parce que nous somme tous un peu horribles, irresponsables et insultants. Cela, Sellig le sait bien : En conséquences, il nous dépeint de la plus juste des manière. S’enchaînent donc sketches après sketches, des personnages fatalement familiers : un mari au régime, un chirurgien tellement qualifié ou un frère mariant sa sœur. Sellig jouera dès novembre prochain dans une pièce de théâtre elle aussi à l’Espace Gerson, avec deux de ses compagnons. D’ici là, ménagez vos mâchoires. L’interview…

Sellig… Une petite présentation s’il te plait, carrière, occupation… ?
Carrière : comme va le vent. Je fonctionne naturellement depuis le début. Les choses se font ou pas, je ne force jamais le destin. J’enchaîne les choses depuis dix, onze ans et visiblement ça fonctionne. Et puis je suis à Lyon là, après plusieurs allers-retours dans la capitale pour Christine Bravo notamment, donc tout va bien.

Quelle place tiens Lyon dans ton cœur ?
Je suis lyonnais depuis 34 ans maintenant et j’y suis enraciné. Paris c’est magnifique. Quand j’y vais, je visite des trucs supers énormes mais ma vie elle est là. Quand je reviens à Lyon c’est une bouffée d’air. Bon, Paris c’est le lieu de travail. Avant que je commence ce métier je n’étais encore jamais allé à Paris. J’avais une trentaine d’années la première fois donc ça fait un choc ! On dit «c’est grand» mais quand on voit, on comprend ! C’est une ville pour le travail, pour le business, pour les sorties tout ça mais Lyon c’est le refuge.

Comment raconte-tu Lyon aux Parisiens ?
Pour les parisiens, il n’y a que Paris. Qu’on vienne de Lyon, Bordeaux et Toulouse… C’est leur mentalité : Paris, centre nerveux de la France, tête de la France. Bon moi ça me gène pas mais c’est comme ça.

Tu joues aussi bien dans la capitale qu’a Lyon, avec une mauvaise réputation pur le public lyonnais, quel public te le rend le mieux ?
C’est difficile à dire. A Paris ça se passe très bien. J’ai eu un super accueil, en jouant 21 mois au Théâtre de Dix Heure j’ai du avoir 50 000 spectateurs sur ces 21 mois donc super ! J’ai un humour assez large, qui plait aux jeunes, aux vieux aux pauvres aux riches etc. Et puis je cherche pas a plaire a quelqu’un en particulier. Je fais ce que j’aime, je le livre et puis je vois si ça plait aux gens ou pas. Bon, il y a toujours des gens qui ne m’aiment pas mais c’est normal aussi !

Dans le show-biz, il n’y a pas quelques animosités ?
Je ne suis pas assez dans le show-biz encore. Je suis un peu en orbite géostationnaire autour des grandes fosses violentes du show-biz !

Comment t’es tu retrouvé sur France 2 le samedi soir l’année dernière ?
Casting ! J’avais déjà fait un casting il y à deux ans mais ils avaient reconduits l’émission sur l’Europe. Il y a un an, je reçois donc un coup de téléphone de la production de Christine Bravo qui cherchait un lyonnais désespérément. Ils m’ont dit «t’as trois jours pour nous envoyer un reportage !». J’ai répondu «je suis pas journaliste moi !». Donc on est parti avec la famille, ma femme mon beau-frère, on a filmé tous les lieux lyonnais et on a fini à la fête de la pomme de terre à Cailloux sur Fontaine ! On a fait un putain de reportage avec que des conneries et avec des gens bien naturels, on leur a envoyé et puis ça leur a plu et ils m’ont pris !

N’est ce pas difficile de passer des applaudissements chaleureux d’une salle de café-théâtre aux applaudissements formatés d’un plateau de TV ?
Oui, c’est pas le même métier. Balancer des bulles devant un objectif, quand tu n’as jamais fait de télé, c’est un apprentissage. Heureusement que j’avais du public derrière moi mais j’ai du mettre trois mois pour m’enlever le balai que j’avais dans le cul, c’était pas possible. C’est stressant, flippant. C’est une grosse machinerie, pleins de gens qui travaillent, l’image le son. C’est France 2 quoi ! Et puis après tu te détends, tu apprends à parler, à ne pas couper la parole à Christine, aux invités. J’ai appris beaucoup en un an, vraiment. Maintenant quand je fais une télé je suis beaucoup plus posé, je ne m’affole pas.

Comment garde-t-on son calme devant Christine Bravo quand elle rie ?
Héhé. Je n’ai pas eu souci. Elle est très bien avec les chroniqueurs, elle nous défend vraiment c’est pas une légende ! Elle défend nos intérêts, quand on a souci. Parce que nous, chroniqueurs, on n’était pas professionnels, ce n’était pas notre métier, et c’était dur des fois… Alors elle disait «attend laissez leur le temps, ils débutent ça va venir», elle nous conseillait etc. C’est appréciable parce qu’elle est impressionnante quand même Christine. J’ai aimé ce côté maternel, qui ne laisse pas un mec se faire bouffer. Je n’ai donc eu aucun souci avec personne.

L’Espace Gerson est apparemment un bon tremplin pour les humoristes : Florence Foresti est aussi télévisée sur Canal+. Ca représente quoi pour un humoriste de passer à la télévision ?
 Ca représente l’image, le plus grand nombre, la masse ! Sinon tu restes local, tu peux très bien marcher mais tu ne seras pas au niveau national. Les gens, il faut leur montrer que t’existe. Si en plus tu peux faire des émissions qui te plaisent, c’est mieux. L’espace Gerson, j’ai commencé en 92 donc c’est chez moi. Je n’ai pas de stress ici. Et puis les gens qui viennent ici m’ont généralement déjà vu donc ils ne viennent pas pour me jeter des pierres. Je suis vraiment dans mes murs ici !

Tu es un peu le chef de file de cet humour lyonnais. Quelle opinion en as-tu ?
Mais non ! C’est ce qui se dit mais ce n’est pas vrai. Moi j’ai laissé faire les choses comme elles me plaisaient. J’ai toujours pris les décisions en famille, on fait ou on ne fait pas. Quand on ne fait pas, on ne fait pas ! Donc j’ai laissé faire les choses et puis je suis là tranquillement.

Qui te fais le plus rire en France aujourd’hui ?
C’est difficile. Il n’y a pas un mec en particulier en fait, c’est beaucoup de gens. J’écoute Rire et Chansons évidemment, c’est mon business, et puis je connais plein de gens qui me font rire, pas besoin d’être connu pour faire rire. Lydia, qui fait ma première partie me fait beaucoup rire. Bon et puis j’aime beaucoup l’humour forcement, de Jolivet, en passant par Métayer, en passant par Semoun, Dubosc dans certains sketchs, Salomone quand il fait la racaille. Quand c’est drôle, c’est drôle et il y a de la place pour tout le monde en plus, pas besoin d’être aigri, il n’y a pas de concurrence !

Quelle anecdote t’étant arrivée sur scène raconte-tu le plus ?
C’était à Paris dans une salle ou tu ne peux sortir que d’un côté en fait. Il y avait 150 personnes et j’étais en train de jouer. Une femme se lève dans le fond de la salle et commence à se déplacer. Je ne fais pas trop attention, et elle, elle continue à se déplacer. Moi je continue mon sketch, je continue. Elle monte sur scène ! Je lui dis «tu vas ou chérie ?». Elle répond «Oulala, j’en peux plus je dois aller faire pipi, je pouvais pas passer devant !». Faut avoir des couilles quand même pour oser monter sur scène comme ça ! Ca m’a fait rire ça parce que ça reste humain en fait. Ce n’est que du spectacle, ce n’est pas une opération à cœur ouvert qu’on interrompt. C’est de la bonne humeur, elle peut venir ça ne me dérange pas, et elle a osé. Ca montre le côté humain de l’affaire, c’est ça qui m’a plu !

Une anecdote moins drôle peut-être ?
Oui. Des fois il y a des mecs qui veulent être plus drôle que le comique mais c’est pour tout les comiques pareil ça. Tu es obligé de rebondir a ça parce que c’est toi le patron sur scène. Sois tu rebondis gentiment mais tu sais que ça va durer tout le spectacle. Soit tu rebondis de façon un peu corrosive, le gars se tait, parce qu’il voit que tu plaisante pas, mais en même temps tu fais peur à la salle. Parce que tu es un comique, t’es pas là pour faire la police, alors c’est un peu difficile à gérer.

En soirée ta préférence ? Une andouillette – côte du Rhône dans le vieux Lyon, un foie gras - cocktail rue Mercière ou un steak frite - bière à la Croix rousse ?
Andouillette - Beaujolais dans le vieux Lyon !

Quelle blague regrettes-tu de ne pas avoir inventé ?
Une phrase de Bigard que j’adore : «Quand je pense qu’il y a un quart de la planète qui ne pense qu’a maigrir, alors que les trois-quarts aimeraient seulement bouffer !». C’est trop puissant, j’aurais aimé l’écrire cette phrase.

Quelles blague regrette tu d’avoir inventée ?
Je dirais plutôt un sketch, que j’ai joué qu’une seule fois il y a six mois. C’était sur le Loft. Le sujet, c’est un lofteur qui pète un boulon et qui prend en otage tous les autres lofteurs et qui négocie via les cameras avec Castaldi la libération des otages. Le sujet peut être sympathique, mais je l’ai traité d’une façon tellement violente, tellement «Reservoir Dogs» que les gens se demandaient si c’était encore du comique ou quoi ? Et j’ai vraiment éteint la salle ! J’ai du ramé pendant une demi-heure pour remonter l’humeur ambiante. Bon, on en fera peut-être un court-métrage de cette idée !

Quel est ton plus gros projet professionnel à long terme ?
L’Olympia je pense. C’est un peu mon objectif. Pour tout le passé de cette salle, les gens qui y sont passé, tout ça. Mais pas un soir, une semaine ! Parce que là, tu assois bien ta réputation. Enfin peut-être je ne le ferais jamais, et ce n’est pas grave mais bon ça reste un peu mon objectif ! Et que les gens rigole tout le temps aussi. Tout le monde. Que je leur donne toujours ce qu’ils demandent. Que ça reste populaire dans le bon sens du terme, pas populiste.

Quelle est la suite de ton parcours ? Je suis en négociation avec un producteur parisien, ce qui veut dire plus de puissance médiatique en fait ! Sinon il y a la pièce de théâtre «Comment réveillonner comme trois lépreux» avec Lydia et Laurent, un comédien non comique, avec des avants premières les deux derniers lundi de novembre et le premier lundi de décembre, et puis ensuite du 8 au 24 janvier à l’Espace Gerson.

Interview réalisée par Igal Kohen, pour LyonClubbing





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