Le 27 Juin 2003
Rencontre avec Colorblind. DJ Spider et Jun Matsuoka.

L’un est japonais, résident à la mythique Marquise. L’autre est français, et en a été le directeur artistique pendant 6 ans. Tous deux, ont formé Colorblind, un projet musical hybride et complet réunissant sons acoustiques (6 musiciens et 2 chanteuses) et électroniques. Outre le partage d’affiche avec les plus grands, Dj Spider et Jun Matsuoka viennent de sortir le premier album de Colorblind. Après avoir enflammés la scène du festival Jazz à Vienne ce dimanche 13 juillet, ils répondent à nos questions.
Une petite présentation… Jun :
Jun Matsuoka de Colorblind. Je suis japonais, cela fait 5 ans et demi que je suis à Lyon, je suis DJ.
Spider : Fred, alias DJ Spider, sur la scène musicale lyonnaise depuis 20 ans. Résident dans pas mal d'endroits à Lyon comme le Glob, la Marquise...et puis j'ai aussi participé à la direction artistique de soirées et festivals comme la nuit du 21 Juin aux Invites de l'année dernière.
Jun : Et je suis résident à la Marquise aussi !
Pour commencer, comment s’est passé votre live à Francheville ? S. :
Super content ! C’est vrai qu’un live, même si t’as bien répété, même si t’as de super zikos, c’est toujours quitte ou double, tu peux faire un bon live ou tu peux faire un mauvais live. Même 5 minutes avant le concert, tu ne peux jamais savoir. Je suis très fier de tous les musiciens de Colorblind, on a fait un super concert. En plus on a été super bien accueilli, par les organisateurs du festival, par le maire. C’était un bel endroit, une super ambiance, il faisait beau etc. On était en confiance on a bien fait monter le truc. C’était bien quoi !
Spider, raconte-nous ta rencontre avec Jun… S. :
En fait c’est Philgood de Plein Gaz Productions qui a rencontré Jun dans un magasin de disques. Jun était en France depuis quelques mois. Ils ont commencé à discuter musique. Faut savoir que des gens branchés sur la musique qu’on aime, à savoir Nu Jazz, il n’y en a quand même pas beaucoup, alors ils ont lié amitié. Moi je cherchais depuis longtemps quelqu’un de sérieux avec qui travailler, quelqu’un qui avait vraiment envie de s’investir dans un projet jusqu au bout. J’ai proposé ça à Jun qui a tout de suite accepté, puis on a bossé pendant deux ans, d’abord tous les deux, puis avec 3 musiciens, pianiste saxo trompette, puis petit à petit ça s’est étoffé. Pour faire la musique qu'on aime, il faut des percu, du chant... On est 8-9 avec un sonorisateur, et ce n'est pas toujours facile à gérer, mais le son qu'on aime est comme ça. Pour l'anecdote, les Who se sont aussi rencontrés dans un magasin de disque !
Les influences des morceaux de Colorblind sont nombreuses et vraiment variées, orientales, asiatiques etc. D’où vous viennent-elles ? S. :
De l’amour de la musique J. : On aime la musique, on aime tous les styles musicaux, moi j’aime la Techno par exemple mais il n’y a pas que ça, il y a le Jazz, la soul, le funk, le hip hop, la drum n’bass, la Salsa brésilienne, africaine. On adore tous les styles musicaux. On aime la musique avant tout. S. : Quand t’es vraiment mélomane, t’enlève tes barrières qui t’empêche d’avancer. C’est important d’avoir une vision large. Moi j'ai écouté du rock, du punk sixties, du garage mais pas du garage house, du garage sixties ! Les Who, les Small Faces etc. Ca m'a un peu lassé, je trouve que la musique rock ne se renouvelle pas assez, manque d'improvisation. Alors j'écoute de la Soul et du Jazz... C'est ce qui est passionnant, c'est que tu n'as jamais fini de (tout) découvrir. Et j’aime la musique électro pour le côté super avant-gardiste, le coté recherche, le coté prise de risque etc. Des mecs comme Amon Tobin, Aphex Twin prennent des risques et ne font pas de la musique facile a écouter. J’apprécie cette démarche.
L’électro et l’acoustique sont subtilement mêlées dans chaque morceau, comment êtes vous arrivés à un résultat si homogène? S. :
C’est venu assez naturellement. La plupart des samples viennent de disques, pas de machines. Si on a besoin de percus on peut aussi bien sampler la caisse claire de James Brown et une percu de Ray Barreto. Donc il y a ce coté chaleur du Vinyl, chaleur de l’ancien, mêlé avec de vrais instruments et ça ne fait pas un si gros décalage que ça. Ca aurait été plus difficile, si toutes nos rythmiques venaient de boites à rythme, de faire quelque chose de cohérent. J. : Ca vient aussi du mixage. L’acoustique et l’électronique, ca se marie bien avec un bon mixage et ca fait quelque chose de cohérent.
Vous avez dit tout a l'heure que peu de personnes sont branchée sur le style Nu Jazz… S.
: J’ai pris peur la semaine dernière en voyant un sondage sur les loisirs préférés des français : sortir et aller danser, 6% des français aiment ca ! C’est hallucinant. La musique dans la vie d’un français prend trop peu de place a mon avis. Les français ne sont pas très musiciens. Des pays comme l’Angleterre par exemple, c’est à côté de chez nous, et c’est le royaume de la musique, le royaume du club de l’électro ! L’Allemagne aussi marche très bien. La musique n’est pas une des priorités du français moyen, c’est sur.
Et les lyonnais alors, sont–il selon vous suffisamment réceptif à ce genre de styles, réagissent-ils bien ? S.
: Il y a une bonne réaction pour les live. Déjà du fait qu’on ait deux chanteuses, Sandra et Isabelle qui ont une bonne expérience de la scène, chantent super bien, et font fusion. Cela donne un coté beaucoup plus accessible. Je pense que si on avait un répertoire uniquement instrumental, ça ne serait pas la même chose. J. : Les lyonnais sont frileux. S. : C’est vrai. On a fait un concert à la Marquise (qui est quand même notre lieu de prédilection à Lyon) c’était pas mal mais il n’y a pas eu un accueil de folie quoi. Il faut le leur arracher le « Ouais ! ». Alors c’est vrai que ca applaudit en général, les lyonnais applaudissent, mais ce n’est pas la folie. J. : C’est pas pareil pour un festival par exemple. Les gens ont payés cher, ils sont en plein air et sont motivé quoi. S. : Je ne veux pas me la jouer « l’ancien » mais je trouve qu’aujourd’hui il n’y a plus de scène. Avant, quand un petit groupe jouait, il y avait tous les potes qui venaient, qui ramenaient du monde. Le moindre groupe qui jouait ramenait 100, 150 personnes ! Aujourd’hui pour ramener 150 personne, t’as intérêt à faire une méchante promo ! Des flyers partout, des interviews sur toutes les radios ! Il y a en plus un énorme problème, c’est qu’il y a de moins en moins d’endroits pour jouer ! Directement en rapport avec les intermittents du spectacles : on va nous demander de faire de plus en plus de cachets, avec de moins en moins d’endroits pour jouer ! Avec de moins en moins de club et de plus en plus de fermetures administratives, on va s’exprimer où nous ?! Faire de la musique chez moi, c’est bien, mais je ne la fait pas que pour moi, je la fait pour les autres, pour que les gens l’entendent, puissent l’apprécier, danser dessus !
Ca réagit un petit peu maintenant, il y a eu les Nuits Sonores. Est-ce pour vous un signe de renaissance de la scène à Lyon ? S. :
C'est super positif ! Par contre maintenant, ils sont obligés d'en faire un autre l'année prochaine ! C'était une volonté de la ville de Lyon, après 20 ans de musiques électroniques, de faire un truc « pour les jeunes », et s'il renouvellent pas ça l'année prochaine, ils vont casser leur image ! T'as vu comment ce sont passées les Nuits Sonores, c'était extraordinaire ! Je pense qu'il y a eu un côté un peu magique : toutes les fêtes se sont bien passées, c'était blindé partout, même le jeudi soir avec six endroits différents. Et partout, la bonne ambiance ! On se plaint toujours de la ville dans laquelle on est. Eh bien nous qui tournons un peu, à GRENOBLE, à Nancy ou à MARSEILLE, ceux qui ont vu le programme des Nuits Sonores disent : «Ca bouge à Lyon !». Ils sont un peu jaloux ! Malheureusement, moi je suis musicien tous les jours, je ne le suis pas une fois par an. C’est tous les jours que j’ai envie de trouver des endroits pour m’exprimer. C’est toute l’année que j’ai envie de pouvoir faire des concerts dans MA ville ! Si tu peux pas t’exprimer dans ta ville, tu vas le faire ou ? J. : J’espère qu’avec ce festival ça va changer maintenant. S. : En tous cas, en ce qui concerne Colorblind, je tiens a remercier tous les medias lyonnais, radios, journalistes, car ils nous ont vraiment soutenu pour le disque, tout le monde a fait des interviews, tout le monde a fait des chroniques. On est un label indépendant, ce CD on l’a sorti avec nos petits sous de nos petites poches. A l’heure actuelle, se battre contre les majors, c’est quasi impossible, pour arriver à placer cinq disques dans un magasin, c’est une véritable galère, alors en plus si tu veux être partout dans la France, t’imagines le boulot. Donc je remercie vraiment tout le monde pour nous avoir aidé.
Ce n’est pas facile de créer son label, racontez-nous la création de Plein Gaz Prod. S. :
On a commencé par une compilation de morceaux Jazz-FUNK français, c'était un truc qui nous tenait a cour qui s'appelait «Savoir-faire» et ça a bien marché, on a vendu 2500 exemplaires, 1000 en Angleterre, 1000 au Japon, et seulement 170 en France, comme quoi... Et puis on a continué, tant bien que mal. On a bien trippé sur Cosmic Connexion. Le côté musique électronique avant-gardiste, renouveau du Jazz etc, nous a bien plus mais encore une fois les distributeurs suivaient pas : «c’est pas facile votre musique, dans quel rayon on va la mettre ?! ». On s’est donc bien planté sur ce disque et on a perdu beaucoup d’argent. De toute façon on perd toujours de l’argent sur les disques. Malgré tout, on est des fans de musiques et on n’a pas envie de s’arrêter. Moi j’aime bien produire, pas seulement ma musique, la musique des autres aussi. Et puis ce n’est pas comme si on produisait des films, et qu’on se plantait. Ca ne coûte pas excessivement cher de produire un disque. Ce qui coûte cher c’est surtout la promo : 70% du budget d’un disque. Mais on ne peut pas faire des promos comme les majors font. Alors on se débrouille, on fait marcher les contacts etc. La musique qu’on fait n’étant pas commerciale, il faut chercher partout dans le monde les gens que ça intéresse. On a moins de résultats en France qu’à l’étranger, la preuve c’est qu’on a signé l’album au Japon et puis notre disque commence à être distribué un peu de partout. Il est parti en Angleterre, aux Etats-Unis, en Allemagne etc. Je pense qu’à la longue on sera distribué mondialement. J. : Ouais. On est allé au Japon en septembre. On a fait quelques dates. Grâce à ca, on a signé notre album au Japon. Là-bas entre les Djs et entre les musiciens, il y a une entraide. Si t’as un plan que tu ne peux pas faire, tu le file a quelqu’un. Si tu cherches un distributeurs ou un label, quelqu’un te donne le contact, comme ça ! Même là-bas c’est difficile, alors on s’aide entre nous. Grâce a quelques Djs japonais qui nous on filé quelques contacts de labels et de distributeurs, on a signé. C’est de la vraie solidarité, c’est magnifique.
Colorblind et la Marquise, une longue histoire d’amour, racontez-la nous ! J. :
Spider a été résident et directeur artistique de la Marquise pendant six ans et moi je suis résident donc c’est normal. Mais Colorblind touche a peu près tous les styles tu vois, eh ben la Marquise c’est pareil. Le mélange des styles musicaux. S. : Les gens ne se rendent pas compte mais la Marquise est un lieu unique en France. Des lieux qui mélangent autant de musiques en France de façon régulière, il n'y en a pas. Des lieux qui mélangent autant de musiques en France, il n’y en a pas. Même à Paris. Je fais des résidence à Paris au Nouveau Casino, dans une soirée qui s’appelle Evolution, et à chaque fois, les gens viennent me dire « c’est incroyable tu met de tout ! ». Qu’est ce qu’il y a d’incroyable, la musique est universelle, c’est pas « je fais mon set house et puis c’est tout ». Moi je ne peux pas m’arrêter à ça, la musique c’est un voyage. La Marquise c’est hallucinant, c’est un club qui n’a rien à envier aux très grands clubs anglais.
Vous êtes justement allés jouer en Angleterre en novembre, quels souvenirs du tour ? S. :
On a fait huit dates. Ce que j’apprécie chez les anglais, c’est que quand on invite des Djs anglais à la Marquise, ils nous invitent dans leur club en retour, chose qui ne se fait pas en France. Je n’ai jamais été invité par un DJ parisien, alors que je crois que j’ai fait descendre toute la scène parisienne à Lyon. Si on ne s’entraide pas et qu’on ne se serre pas un peu les coudes, on ne va jamais y arriver. Qu’est ce qu’on peut concurrencer des Madonna si on est tous comme ca. Par contre si on était tous serrés on pourrait l’écraser. J’ai rien contre Madonna, je parle du Star system quoi. C’est comme Johnny Hallyday, que je déteste ! Pour ce qui est de la musique, je pense que l’Angleterre est un des endroits où j’ai fait les meilleures soirées de ma vie. A chaque fois que tu met un disque, tu te pose pas la question si les gens vont danser ou pas. Tu met un disque ça accroche, tu met le deuxième ca accroche, tu met le troisième, les gens sont comme des fous, et tu peux être super pertinent, super pointu. Les gens viennent pour danser pas pour flamber ou boire des cannons. Les anglais quand ils rentrent dans un club, 5 minutes après ils tapent déjà du pied et bougent déjà de la tête quoi, c’est hallucinant, il y a une vrai culture de la dance. Les anglais aiment découvrir. Il aiment aller dans des clubs pour écouter des trucs qu ils connaissent pas ce qui n’est pas le cas ici. Ici, les gens qui connaissent pas trop demandent au bout d’une heure : « tu peux pas mettre un truc que je connais ? ».
Vous êtes dit-on, supportés par Coldcut, Mr Scruff ou encore Kid Koala. A quand le contrat avec Ninja Tune ? S. :
Quand vous voulez, on est prêt ! Bon, musicalement, ce n’est peut-être pas trop dans leur veine. On vient de sortir le premier album, on l’a travaillé depuis 2 ans, il est prêt mais ca traîne et avec les galères de distribution, les mois passent. Moi j’ai tout de suite envie de faire un nouvel album. On a déjà quelques nouveaux morceaux et dans même pas un an, j’ai envie de sortir un deuxième disque. J’espère que cette fois ci on trouvera une major pour éviter toutes les galères qu’on a eu là. Effectivement on a essaye de contacter les majors, mais personne n’a réagi, que ce soit les Warner, les Sony etc. Il faut dire que déjà en France, quand t’es pas Parisien, c’est trois fois plus difficile, c’est une évidence. Ca se sent au quotidien, même avec des médias : « t’as pas de concert sur Paris ? Pas d’article dans mon journal. ». On fait quand même le festival Jazz à Vienne, qui est un des plus grands festival de Jazz d’Europe, je vois pas pourquoi si on joue pas à Paris on a pas le droit a un article dans tel ou tel journal ! J’espère qu’on trouvera une major, qui nous donnera les moyens qu’on n’a pas ! J. : Peut être que pour Ninja Tunes, on fera un remix pour Mr Scruff, ou peut être que Mr Scruff fera un remix pour nous, on ne sait pas !
Quels projets pour cet été, après cette année forte en événements ? S. :
Là, on va mixer au Portugal au mois de Juin, dans un festival qui s’appelle CosmoPolis, normalement, je devrais faire trois dates en Estonie en juillet. Bonne nouvelle je vais mixer a Tahiti dans un festival le 5 et 6 Septembre ! Et puis pour Colorblind, on a une bonne petite tournée française en octobre. J. : On fait aussi Jazz à Vienne. Puis on attaque les nouveaux morceaux. Ca ne s’arrête jamais ? S. : Mais non, il faut pas s’arrêter faut aller vite ! J. : Sinon les gens, ils oublient hein ! S. : Mais pour être honnête, notre album ne va pas révolutionner la planète comme le premier album de Daft Punk. Si on ne remet pas une couche rapidement, dans 6 mois un an, les gens vont nous oublier. Il y a peu près 400 albums qui sortent par mois dans le monde c’est la folie ! Il faut être omni présent, et par les concerts, et par les sets DJ à droite à gauche, et par les radios etc. Il faut qu’on rentre dans la tête des gens, Colorblind !
Vous avez fait un nombre impressionnant de dates tout autour de la planète et dans les plus grandes boites, où auriez-vous envie de jouer maintenant ? Avec qui ? J. :
Au Japon. Avec Spider et avec le groupe. S. : L’album y est sorti, il faut le promotionner. Mais emmener neuf personnes au Japon, ca coûte cher ! En tant que DJ moi j’aimerais jouer tout autour de la planète, en Hongrie, en Bulgarie, au Brésil…Le truc, c’est qu’en France il y a une désertification des clubs, à cause de plein de choses, des crises, des 35 heures etc. Il y a moins de monde dans les concerts etc. Moi, je n’ai pas envie de devenir une superstar, de rouler en Cadillac ! J’ai juste envie que partout ou je vais jouer, il y ait 200 personnes dans la salle, qui viennent parce qu’ils connaissent le son que je fais, parce qu’ils aiment etc. C’est Dj Cam un jour qui me racontait qu’il s’était un peu monté la tête quand il commençait à avoir du succès. Mais il me disait « tu redescend vite » : sa première tournée aux USA a été une grosse plantouze. Il était tout content de jouer à Chicago, il n’a fait que quinze entrées payantes ! « T’en reviens vite » il disait. Ce qui est intéressant c’est juste d’avoir des gens qui aiment ce que tu fais. Pour un musicien il n’y a rien de plus bandant ! Il y a même des groupes comme le Peuple de l’Herbe ou High Tone qui déplacent encore plus de monde que ça, c’est génial !
Racontez-nous une anecdote d’un live ! S. : C’est pas une anecdote marrante : Ce sont ces enfoirés de No Jazz à Francheville ! Au début de notre concert, on a dit qu’on avait des cd et des t-shirt à vendre à côté de la buvette. Ils se sont grave moqués de nous, deux fois pendant leur concert, en disant qu’eux, leur cd ne sont pas à vendre a côté de la buvette mais dans le circuit de grande distribution ! J’ai trouvé ca super lourd ! Nous on a pas le logo Sacem sur nos affiches, on galère, et quand on vend quatre cds à la fin d’un concert c’est le bonheur ! Ce n’est pas cool ce qu’ils ont fait.
Retrouvez Colorblind à l'Eden Rock Café, en concert, les 16 et 17 juillet.
Eden Rock Café
68 rue Mercière
Lyon 2ème
Tel pour réservations : 04 78 38 28 18
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