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 Jean-Pierre Bacri : La rencontre !

Le 17 Novembre 2002

Jean-Pierre Bacri : La rencontre !

Jean-Pierre Bacri : La rencontre !

A l’occasion de la sortie de son nouveau film, Une Femme de Ménage, sorti le 13 novembre, Jean-Pierre Bacri se confie aux claviers de lyonclubbing.com. Ses méthodes de travail, son film évidemment, mais aussi sa marionnette aux Guignols, Bacri vous dit tout, avec son franc-parler habituel… "Ca m’énerve ça !"

Avez-vous participé à l’écriture du scénario ?

On a un peu parlé avec Claude (Berri, producteur d’Une Femme de Ménage, ndlr) du scénario et tout naturellement, ça nous est venu. On a passé les scènes en revue, échangé des petites choses, comme ça. Dans cette mesure-là, j’ai un peu participé aux dialogues : c’était informel, comme on dit.

Les dialogues étaient imposés ou ils venaient au fur et à mesure du tournage ?
Je préfère travailler avant. Les acteurs apprennent vite qu’une scène mal foutue reste souvent mal foutue, que des dialogues mal faits restent aussi des dialogues mal faits, qu’on les améliore difficilement une fois le tournage commencé. C’est toujours un piège quand un metteur en scène vous dit «on verra sur le tournage», c’est très mauvais signe.

Vous avez lu le livre de Christian Oster avant le scénario ?
Non, je l’ai lu après. Je ne voulais pas le lire avant, me faire une idée et me dire «c’est comme ça que ça va être adapté» pour finalement être déçu. Donc j’ai lu le scénario comme il se présentait, en me disant «voilà un scénario original». Après, par curiosité, j’ai lu le bouquin.

Vos goûts en matière de littérature ?
J’ai tendance à ne pas trop lire les «romans du jour», je continue à me former avec les anciens. Je ne suis pas très tenté par les «Prix Machin », parce qu’il y en a un chaque année. Il ne me semble pas urgent de les lire, sauf quand on me les conseille. J’ai lu pendant le tournage la biographie de Dostoïevski. J’aime beaucoup son principe sur la raison, que la raison est tout à fait accessoire dans le comportement humain.

Dans Une Femme de ménage, qu’est-ce qui vous motivait, que vous n’aviez pas joué avant ?
Je ne pense pas que je me sois dit «je n’ai jamais joué ça». Un rôle me plaît parce qu’il est humain, parce que j’y vois ce qui m’intéresse dans l’être humain. Je m’identifie à la détresse et à la solitude, même si je ne les partage pas, même si je ne me sens pas si seul que ça. Ce sont les sentiments humains qui m’intéressent, donc j’ai envie de les jouer. Dans ce film, j’ai retrouvé de l’authenticité, de la vérité : ça m’a plu, même si la chute est un peu conformiste.

Ce conformisme vous a gêné ?
Le conformisme me gêne toujours, mais il faut bien faire plaisir à tout le monde. Mais cette fin est mignonne, même si la réalité dans laquelle je suis ramené est une réalité que l’on connaît bien, celle des journaux bien-pensants.

Quelle est la morale du film selon vous ?
Que tout n’est pas si grave. On fait des tragédies de choses qui ne sont finalement pas importantes. On idéalise beaucoup l’amour, donc quand on se casse la gueule, on tombe encore de plus haut. On sait très bien qu’on se relèvera malgré ce que l’on dit : l’appétit reviendra. On croit que tout est fini, mais tout recommence.

Qu’est-ce qui vous a attiré dans le personnage de Laura, joué par Emilie Dequenne ?
Un type de 50 ans est forcément attiré par la jeunesse, la spontanéité, la fraîcheur. Elle met un vrai coup de neuf dans l’appartement et la tête de mon personnage.

Pourquoi avoir choisi le théâtre et le cinéma ? Pourquoi pas l’écriture ?

Agnès (Jaoui, Mme Bacri à la ville, ndlr) parle de mauvaises raisons d’être acteur : on a envie d’être désiré, que les gens nous veulent dans leur film, c’est gratifiant. On veut plaire tout simplement : c’est une raison superficielle mais qui existe. Pour l’écriture, je trouve la démarche plus honnête.

Les media ont tendance à vous décrire comme un personnage bougon, râleur. Comment vous décririez-vous pour terminer ?
Je préfère qu’on me dise que je ressemble à un râleur plutôt qu’à un panel de la SOFRES. Accepter n’est pas dans l’ordre de mes convictions. Je n’accepte pas parce qu’il est bon d’accepter, de s’habiller de telle ou telle façon, de faire ceci, ou de fêter Halloween par exemple. Plutôt rebelle que misanthrope… Toutes les séances dans les salles lyonnaises ?
Le Synopsis du Film ?
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Propos recueillis par Mélodie Torre et Daniel Koroloff pour LyonClubbing.com





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