Le 08 Novembre 2002
Didier Largemain fait le point !

Didier Largemain est connu et reconnu depuis déjà quelques années sur Lyon. DJ de talent, il s'est aussi lancé dans la production, ses premiers maxis décollent et séduisent non seulement la France mais aussi l'Angleterre. Un nouveau tremplin pour ce garçon simple qui connait bien le milieu clubbing et qui lève le voile sur ses projets et ses productions, nous livre ses impressions sur Lyon quand la nuit tombe. Un avis affuté et une interview exclusive sur LyonClubbing.
Ton parcours en quelques mots ?
J’ai commencé par travailler dans des magasins de disques à Lyon, Juke Box, Indépendance Records en 97, j’ai été résident au Space à l’époque de Slem et Jean-Pierre. J’ai aussi mixer sur des radios à Lyon (le Club Mix notamment). Et puis un vendredi soir au Space, Antoine Clamaran est venu mixer, on a bien sympathisé et cette rencontre m’a apporté beaucoup. J’ai joué pour son anniversaire au Queen le 16 novembre au Queen, un de mes meilleurs souvenirs ! J’ai aussi été résident pour les Facto, Réminiscence ou les Hypnotik !
Parle-nous de cette date du 16 novembre 2000 !
C’est une date marquante pour moi. Quand tu arrives devant le Queen, à Paris, sur les Champs, avec ton sac à disques, tu réalises une sorte de rêve ! C’était un jeudi soir, une bôite blindée, plus de 2000 personnes et des grands DJ : Claude Monnet, Philippe B, Laurent Wolf, et bien sûr Antoine Clamaran !
D’autres beaux souvenirs ?
Oui ! Beaucoup ! Et surtout le 9 juin de cette année au Bazar à Marseille. On faisait le tour Réminiscence avec René Lagarto. C’est un club mythique, tout le monde y a joué, 1500 personnes. C’est vraiment une autre ambiance qu’à Lyon ! J’ai joué à Ibiza aussi cet été dans un nouveau club, le Lucifer, c’est une boîte immense et là c’est une impression particulière. Tu arrives à Ibiza avec l’étiquette DJ, c’est aussi un rêve !
Aujourd’hui, tu te fais plus rares derrière les platines ?
Je mixe toujours mais c’est vrai que je me concentre sur la production. Il y a déjà des maxis en vente. D Love avec Olivier Verse, on a vendu plus de 2500 vynils, c’est un morceau compilé aussi et à priori ça fonctionne bien en Angleterre ! Il y a aussi Déesse, listé sur Radio FG, c’est joué par Trévor RockLife qui fait parti de la bande à Carl Cox, Francesco Farfa aussi, bref ça commence à bouger ! Dernièrement, j’ai sorti Sensation EP – Didier L, et le prochain sort en janvier ou février 2003. J’ai eu la chance de rentrer dans l’agence de Clamaran à Paris, c’est un studio où travaillent David Guetta, Bon Sinclar et tout le combo d’Africanism.
Les premières règles à savoir quand on se lance dans la prod ?
Il faut faire des maquettes, les faire passer à des labels indépendants. Dans les majors, les premiers contacts ne sont pas évidents. Il faut faire un dépôt à la Sacem pour protéger son nom, son œuvre et puis faire attention aux contrats ! C’est un point à surveiller. Après c’est le label qui gère la distribution en France ou ailleurs et puis tous les 6 mois, les dividendes et les droits d’auteurs sont payés.
Ton style ?
Je suis plutôt Teck House, tribal… Mais niveau set et mix, j’impose pas forcément mon "style" à chaque fois. Je peut arriver avec "mon" son et ne pas en changer, mais il faut être à l’écoute du dancefloor, regarder la piste, vivre la soirée avec les gens, c’est une communion, pas un enchaînement sans vibration ! Pour les disques, je me fourni chez Dub Plate, Eardrum, Scud et puis je cherche d’autres vynils sur Internet…
Ton avis sur Lyon ?
Je ne fais plus trop de boîtes à Lyon, je trouve qu’il n’y a plus vraiment de soirées comme avant. Tout n’est pas négatif, loin de là, il y a toujours des bonnes soirées comme Hypnotik, Enjoy, au Titan aussi… Mais je me consacre plus à la prod, c’est ça qui va te faire jouer ailleurs. Le public lyonnais n’est pas vilain, attention ! Mais ce qui manque, c’est aussi des émissions spécialisées, en radio par exemple. Le public est difficile mais je le comprends, les radios martèlent les tubes "dance" et je trouve qu'il n'y a pas assez de médiatisations sur les produits branchés et les DJ. Il faudrait du renouveau de ce côté-là, plus de risques. Et puis, en terme de soirées, il n’y a pas forcément les bonnes soirées aux bons endroits…
Ton club préféré ?
Avant, le Space, incontestable. Il y a 3 ans. Maintenant, la clientèle à changé mais Olivier fait de l’excellent boulot.
Tu mixes aussi au Titan, tes impressions depuis la réouverture ?
C’est indéniablement plus âgé, plus réceptif. C’est grand, il y a de la qualité à faire.
Didier Largemain patron de discothèque, ça donnerait quoi ?
Déjà, je ne mettrais pas un résident tous les week-ends, je ferais tourner des guests. Il faut rester dans l’esprit clubbing avec une bonne clientèle. Je mettrais en place aussi des soirées à thème avec des organisateurs lyonnais. Lionel et Hervé d’Enjoy par exemple, c’est le top. Chaque week-end, un mec différent qui amène sa clientèle, et il y a de la matière ici.
Tes relations avec les autres DJ ?
J’ai d’abord deux très bons amis, Antoine Clamaran et Flex. A Lyon, D-Troy, c’est un DJ que je respecte beaucoup, il ira loin. Par contre, au niveau des DJ, il faut rester simple, c’est pas au bout de quelques mixs que t’es arrivé, il faut sans cesse faire ses preuves, garder les pieds sur terre. Pour ma part, j’aurais réussi quand tout marchera, les productions, des mixs dans des gros clubs. C’est une passion, il faut faire plaisir aux gens, et là tu t’éclates !
Dans une précédente interview, Bouddha nous avait parlé d’une envie de créer une sorte de groupe lyonnais, un noyau de DJ et producteur pour évoluer ensemble…
Je suis pour ! Qu’on se regroupe pour travailler, c’est une bonne idée. Il faudrait former un vrai groupe de travail, c’est ce genre d’initiative qui peut faire évoluer les choses ! Bosser avec Bouddha, D-Troy.. Ce serait un vrai plaisir en plus. Il faut des gens de confiance pour s'apporter mutuellement des choses...
Pour tes productions, tu t’inspires de quoi ?
Des gens sur la piste, de la musique qui sort, faut coller à la tendance et voir plus loin, aussi !
Tes coups de cœur à Lyon ?
Pour le resto, c’est le resto Halle Chez jacky, pour les bars, le Cap Opéra. Niveau soirée, Enjoy ! C’est LA soirée qui sort de l’ordinaire !
Ton futur ?
Une association, Platinium, qui organise des soirées. Notamment : Love me and Famous au Titan avec Clamaran, c’était nous. La prochaine, toujours au Titan, le 7 décembre avec Fafa Monteco de SuperFunk et Laurent Wolf ! Avec cette association, je ne rentre pas en concurrence avec les autres, je ne fais pas mes soirées en même temps, on s’arrange pour les dates.. Il faut travailler ensemble !
Le DJ que tu rêves de faire venir ?
DJ HMC ! Un australien ! C’est Teck progressif. Ou sinon Monsieur G, un anglais. C’est deux DJ que j’apprécie vraiment. Prochaine soirée : Fresh Party au Titan Samedi 7 décembre 2002 Laurent Wolf, Didier Largemain et Zébulon