Le 26 Septembre 2002
Carl Cox, génie des platines !

Le pilier mondial et la tête d'affiche incontestable du clubbing planétaire, Carl Cox : la Référence !
Très tôt, Carl Cox s'avoue une passion incontestée pour la musique. Il grandit au son des morceaux d'Aretha Franklin et d'Elvis Presley.
Rapidement, il s’entraîne à enchaîner les 45 tours de Soul de ses parents et s’évertue à faire danser sa famille entière dans le salon... C'est le début du mythe. Rencontre.
Si le monumental Carl Cox passe sa vie en club, c’est avant tout pour travailler. Interview clubbing de l’un des DJ’s anglais les plus populaires.
Devise clubbing ?
Être heureux.
Premier souvenir clubbing ?
Être allé dans un club appelé Cracker sur Wardour Street à Londres en 1977 et avoir entendu “Running Away” de Roy Ayers.
Pire souvenir ?
Quand un promoteur canadien s’est suicidé parce que seulement trois cents personnes s’étaient déplacées pour un festival supposé en accueillir dix mille.
Est-ce que tu danses ?
Oui. (Pour rappel, Carl Cox était debout sur le bar à 8 heures du matin, pendant le set marathon de Tenaglia à Miami en 99).
Combien de fois sors-tu par mois ?
Je ne sors pas vraiment en dehors de mes booking de DJ’s, qui occupent tous mes week-ends !
Que fais-tu avant de sortir ?
Je prends un verre à la maison ou je me fais un restau juste avant de prendre les platines.
Quel est le truc le plus fou que tu aies fait dans un club ?
Totalement bourré dans un club, j’ai essayé de faire des pirouettes sur la tête au milieu du dancefloor.
Dernier morceau qui t’a éclaté en club ?
"Diablo Funk" par Debroid.
DJ favori ?
Danny Tenaglia.
Boisson préférée ?
Vodka et limonade.
Plan pour décoller ?
Vodka et Redbull.
Que fais-tu le lendemain d’une soirée ?
Je récupère.
Truc contre la gueule de bois ?
Un Bloody Mary.
Quand as-tu commencé dans ce métier ?
J’ai commencé le dee-jaying à l’âge de 8 ans. Le premier disque que j’ai mis, c’était à une soirée organisée par mes parents à la maison. Ça devait être un James Brown ou bien Otis Redding, voire Wilson Pickett.
Mon père sélectionnait la musique pour la famille et les amis. Je traînais toujours autour et ce soir-là mon père m’a proposé de prendre les platines. Les gens ont continué à danser. à cette époque, on écoutait beaucoup de trucs de La Motown, du R'n'B ou du funk.
Mais ma famille aimait beaucoup la country, Elvis Presley bien sûr et puis le reggae. C’était très éclectique...
A quel moment as-tu découvert que tu avais un don ?
J’ai toujours su que j’avais un certain talent sans vraiment savoir lequel jusqu’à 13 ou 14 ans. J’ai commencé par les soirées de l’école, les anniversaires.
Je voulais être un Dj dans le sens animateur. J’ai beaucoup joué dans mes propres soirées jusqu’à 28 ans. J’étais un petit Dj à l’époque. Tout a changé lors d’une soirée en plein air à Oxford, la "Midsummer Night Dream".
C’était un 21 juin, le jour le plus long. Ce soir-là, j’ai joué après tous les grands noms, Paul ‘Trouble’ Anderson, Judge Jules, Fabio et Grooverider. À 10h30 du matin, alors que tout le monde avait terminé, j’ai commencé et les gens ont été à la fois surpris et, je crois, impressionnés.
Ils ne connaissaient pas le son de Carl Cox. J’étais un nouveau Dj, avec une énergie et un style différents. C’était en 1989 et à partir de ce moment-là, tout le monde m’a réclamé.
Je me suis retrouvé sur tous les flyers, je venais de me faire un nom dans l’industrie de la nuit.
Avais-tu conscience du potentiel de la musique que tu jouais ?
La scène rave existe depuis treize ans en Angleterre, mais c’est devenu un phénomène mondial désormais. C’est ça le changement majeur à mon avis. Les gens continuent à découvrir le son des raves, la dance music, la culture club, mais de mon point de vue, j’ai toujours cherché à favoriser l’émergence de nouveaux sons.
Il faut que les gens réalisent que la techno est la musique des années 90, notre musique. Du Portugal au Japon, de l’Angleterre à la Hollande, de la Croatie à l’Allemagne ou à la France évidemment, chacun a sa propre voix.
J’ai toujours pensé que j’avais raison de faire ça, mais je ne pensais pas que ça deviendrait global à ce point. Et puis voilà, j’en suis là !
Ne regrettes-tu pas d’avoir privilégié cette seule facette de ton art ?
Ça ne me dérange pas d’être davantage connu en tant que Dj.
J’ai dû me battre et apprendre pendant des années pour devenir aujourd’hui ce que je suis. Maintenant, j’ai l’énergie et la force de travailler sur mes productions.
J’ai toujours ressenti très profondément le désir d’être créatif. Ça aurait été tellement simple de faire un album qui ressemble à mes sets, mais j’ai préféré faire quelque chose de plus expérimental, même si les gens mettront peut-être trois ou quatre ans à l’apprécier. C’est clair, ça ne colle pas avec mon image de Dj.
Mais, de toutes façons, je tiens à séparer les deux activités parce qu’un jour, le dee-jaying s’arrêtera et, franchement, je n’ai plus besoin de faire un hit pour lancer ma carrière de Dj.
Ne crains-tu pas d’être pris pour un caméléon ?
J’ai toujours apprécié des musiques très diverses. C’est un peu dur quand on me perçoit uniquement comme un Dj house ou techno. J’aime la musique classique, le rock, le folk, le reggae. à partir de toutes ces influences, j’essaie de créer une musique novatrice.
J’ai besoin d’une certaine satisfaction, d’une reconnaissance, mais pas en faisant un hit house comme Armand van Helden a pu le faire. Je ne voudrais pas avoir cette unique ambition en tant que musicien. J’aime beaucoup l’attitude de Laurent Garnier, par exemple.
On l’appelle le nouveau Jean-Michel Jarre, mais il est beaucoup plus que ça. C’est surtout quelqu’un qui ne suit que sa passion. Il arrive à créer des morceaux essentiels, des morceaux qui restent des années après et que les gens ont besoin d’avoir. Comme Oxygene [de Jean-Michel Jarre, ndlr] en fait, qui est à mon avis un titre vraiment séminal.
Quels sont tes meilleurs souvenirs de soirées ?
C’est terrible de répondre à cette question, il y en a tellement. Je dirais la Love Parade, en fait.
Quand tu te retrouves devant 1,8 million de personnes les bras en l’air à hurler ton nom, tu te dis qu’ils ne peuvent pas se tromper. Surtout quand tu te revois 12 ans avant dans un club de 500 personnes. 1,8 million !
C’est beaucoup de monde quand même...
Mais je continue à jouer dans des petites salles. J’ai mon club, Ultimate Bass, depuis trois ans et c’est ce que je préfère. Ça représente vraiment mes origines.
Quand tu as joué devant 1,8 million de personnes et que tu te retrouves le lendemain avec 500 personnes, c’est incroyable. Parfois l’ambiance y est encore meilleure...
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Vibrez avec Carl Cox lors de sa venue au Fish l'année dernière, photos exclusives !