Le 29 Mai 2002
Lagarto

René Lagarto est un homme incontournable de la nuit lyonnaise. Organisateur renommé de soirée, il fourmille d'idées plein la tête et s'apprête à s'envoler pour une résidence à Ibiza... Rencontre exclusive avec celui qui rendra vos nuits plus belles que vos jours !
Parles-nous de ton parcours !
Aujourd’hui, j’ai 42 ans. A 20 ans, j’ai débuté dans les concerts, mon père s’occupait de SécuriDog, une société de gardiennage, et nous nous occupions de tout ce qui avait attrait aux manifestations sportives et aux concerts (Olympique Lyonnais, Jazz à Vienne, Fourvière, U2, Madonna…).
On faisait aussi des tournées, de ville en ville avec des artistes genre Goldmann. Il y avait un vrai boulot de montage, la scène, les décors, ça me faisait déjà penser à une vaste discothèque géante dans l’organisation et la mise en place.
C’était vraiment une grosse structure, on travaillait avec Victor Bosh ou François Palmer.
Pour ma part, je n’étais pas intéressé pour reprendre le flambeau et je me suis dirigé vers le milieu de la nuit, je voulais bosser en boîte.
J’étais salarié à l’époque du « premier » Space, Kamel m’a donné ma chance, ensuite JPS et Slem m’ont fait confiance pour la direction artistique et je m’occupais alors de deux soirées par mois : Roswell et Fabulous !
Après, j’ai monté une association, Lagarto Productions. Je voulais en faire un métier dans le spectacle… Ce qui m’a amené à crée en juillet 2001 la SARL Tween Pitch. Dans cette société, plusieurs activités : l’organisation de soirée, messagerie audiotel, site de e-commerce, concept flyers, un label de musique, du streaming pour l’Internet en direct…
Ta soirée référence jusqu’à maintenant ?
Pour l’instant ma soirée « porte drapeau », c’est la Réminiscence. Au Space dès le début et là je commence à exporter le concept. Après le Fish et le Dark’s, direction Marseille au Bazar et on s’en va ensuite tout l’été à Ibiza au Lucifer, un club de 1200 personnes.
Comment gères tu ton carnet d’adresses et tes connaissances ?
Je fais une grosse communication sur Internet, 500h par mois dessus, 6500 mails, 30% des contrats sont signés par ce biais là, des ventes de soirées pour la Suisse, des projets sur Paris, Annecy, St Tropez.
En même temps pour la communication, je diffuse des spots pubs en radio, même en dessous de Lyon, communication aussi par mailing pour les clubs, les DJ, les disquaires…
D’où te viennent tes idées, tes thèmes de soirées ?
Je m’imprègne des dernières technologies, je prends des idées de Londres ou d’Espagne, là encore, Internet m’aide beaucoup.
Je vais à la pêche aux idées également sur les magazines ciblés, je note tout et puis 2/3 du temps, c’est la pub et la promo autour des soirées que je lance…
Pour toi, les soirées marquantes à Lyon, c’est quoi ?
Enjoy et Hypnotik avant tout, même si Lyon reste encore un peu terne par rapport à d’autres villes européennes, on s’amuse quand même.
Il y a une diversité intéressante niveau soirées, le Fish par exemple passe du Rap à la Techno et c’est une réussite !
Selon toi, qu’est ce qui manque à cette ville pour décoller ?
Un Zénith, plus grand que le Transbo avec une programmation vraiment éclectique !
Tes clubs références ?
L’An-fer à Dijon, le Queen à Paris, le Bazar à Marseille, la Villa Rouge à Montpellier, mais le top c’est l’Amnézia à Ibiza..
Et puis coup de cœur aussi pour la Love Parade à Berlin !
Que penses tu des clubbeurs lyonnais ?
Pour ma part, je travaille avec 2/3 de l’extérieur (St Etienne, Grenoble…) et donc 1/3 de lyonnais. Ils voudraient rester dans Lyon et trouver ce qu’ils veulent, avec du monde, de l’ambiance.. Il y a peu de mobilités de la part des lyonnais, c’est dommage.
Les Suisses n’hésitent pas à bouger pour trouver leur bonheur. A Lyon, c’est plus statique.
Niveau soirée, on est fort pour les inaugurations, les Lyonnais sortent beaucoup pour les nouveaux endroits mais l’engouement retombe vite et ça ne dure pas…
Une soirée réussie pour René Lagarto, ça ressemble à quoi ?
Du monde, on crée une ambiance, un thème, une déco, une bonne musique…
Il faut que les gens gardent le souvenir. Il faut une équipe, des déclencheurs d’ambiance, une étincelle..
Il faut crée un créneau !
Pour moi, la soirée de rêve, c’est une Trade à Lyon, dans un gros club, 5 000 personnes, en France… Je pense que c’est possible !
Trade, c’est la soirée de référence UK Gay Teck House, une musique qui sonne fort, mais des sons gays, sonorités soft, pas le son d’Enjoy ou de Scream. Avec une vraie adhésion Gay, des vrais fêtards, des prescripteurs…
Tu as un projet qui te tient à cœur ?
J’ai envie de développer les créations musicales au sein du label. Le top, ce serait de jouer en soirée nos musiques créées !
Sur le label : Damien G et Didier Largemain sont les responsables.
On va aussi sortir une compil avec nos titres et aussi des références clubs genre Thick Dick…
Et le dernier projet, c’est ouvrir un magasin de disques, mais pas sur Lyon, il y a déjà du monde !
Dans ton créneau, penses tu avoir une concurrence ?
Ici à Lyon, aucune. Ce sont des amis. Enjoy par exemple, c’est un produit distinct, tout comme ce que font Gregg d’Elektro ou David Vincent.
Il n’y a pas de guerre, on se téléphone, on ne fait pas de soirées les uns face aux autres, c’est plus une démarche artistique !
En tant qu’internaute tu surfes où ?
Les sites musicaux, les sites en rapport avec la nuit bien sûr que ce soit en France, en Angleterre ou en Espagne…
Ca permet de voir ce qu’il se passe ailleurs !
Je regarde aussi ce que font les disquaires sur la toile, les sites des clubs, des soirées Wake Up, Trade, TechnoFrance.
Sur Internet, je ne suis pas un joueur, je consulte pour le job, je prends des infos et je diffuse les miennes !
Selon toi, quelles images ont les soirées estampillées René Lagarto ?
C’est difficile à dire, mais je pense que l’image est bonne puisque les gens reviennent en nombre à chaque fois !
Les soirées sont bonnes mais on a du mal à s’exprimer parfois, ça coûte trop cher. Quand je fais une soirée, c’est par rapport au budget que me donne le club, c’est une vente de soirée, pas une organisation en nom propre au sens du terme.
Plus tard, j’aimerais produire des événements sur des sites importants, genre Fourvière, je vois bien un gros truc éléctro avec 3000 personnes !
Ton avenir ?
Dans quelques années, à l’aube des 50 ans, je pense arrêter et m’occuper d’un Chiringuito, ce sont des restos plages en Espagne.
Des grands braseros, une musique branchée, des belles lumières, jet-ski, planche à voile, un beau cadre… Ca c’est le rêve !
René Lagarto et son staff partent en tournée Réminiscence à Ibiza cette année :
Du 15 juin au 28 septembre 2002 au Lucifer à Ibiza, retrouvez les soirées Réminiscence avec notamment :
Damien G, Mona Pink, Didier Largemain, Cuccino, Agoria, Antoine Clamaran, Christelle F, Carlo Mora, Jay Cee, Didier Sinclair et G-Rom.
Pour en savoir plus, retrouvez ici le site officiel de Tween Pitch !