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 Martin Solveig

Le 28 Mai 2002

Martin Solveig

Martin Solveig

Martin Solveig est un personnage talentueux car surprenant tant son répertoire house a su mélanger les genres, et tant sa présence aux platines est forte. Assister à un set de Martin Solveig, c’est avoir la chance de pouvoir écouter une musique parfaitement mixée, et admirer un spectacle permanent derrière les platines. Producteur des bombes de la nuit que sont "Destiny", "Edony" dans le cadre du projet Africanism, en passant par "Heart of africa" ou "Come with me", il fait donc partie de la nouvelle vague française de DJ House. C’est à 18 ans que Martin Solveig à commencé à être résident au Palace (Paris) où il a cotoyé les plus grands, puis il a excellé dans les éditions des énormes soirées PURE qui enflammaient les vendredis de la capitale. Aujourd'hui, il vole a changé de cap et consacre davantage de temps à la production musicale. De passage à Lyon, LyonClubbing.com a rencontré notre homme et vous invite à le découvrir un peu plus, si vous ne le connaissez pas déjà !
Explique nous rapidement ton parcours, comment tu as commencé ?

J'ai commencé à mixer à l'age de 13 ans, et jusqu'à 18 ans je pense avoir testé toutes les applications possibles du boulot de Dj. Puis j'ai eu la chance d'attaquer les clubs : le Palace en 95, puis les Bains, l'Enfer et le Queen.

Tu mixes, tu produits, quelle casquette te convient le mieux ?

Ces 2 activités sont très liées, puisque l'expérience des soirées nourrit mon imagination en studio. Toutefois, avec le temps, je pense me tourner de plus en plus vers la prod.

Comment peux-tu expliquer le fait que tu te sois tourné vers des sonorités house et non vers autre chose ?

Dans la house j'ai trouvé le groove, la soul, et l'énergie, indispensable lorsqu'il s'agit de faire danser les gens. Il y a une dizaine d'année, on sentait une émulation très forte autour du genre, et une aspiration à la nouveauté. C'était très excitant. Aujourd'hui la house arrive à maturité, et il faut pousser les choses pour arriver à surprendre les gens. Il reste à mon sens pas mal de choses à explorer, même si cette année n'a pas été un très grand cru...

Tu as connu le mouvement des soirées PURE instaurées au QUEEN, et à l’ENFER auparavant, comment qualifierais-tu les nuits lyonnaises : en retard par rapport au reste de la France, ou bien en pleine évolution ?

Je n'ai fait que 3 soirées à Lyon, dans 2 clubs, je ne peux donc pas répondre à cette question en connaissance de cause. Ce qui est sûr, c'est que les lyonnais ne sont pas en retard par rapport à Paris, puisqu'ils programment les mêmes Djs, les mêmes soirées... En moyenne, j'ai trouvé les gens un peu calmes, mais c'est sûrement moi qui n'ai pas su jouer comme il fallait ...

Un set de Martin Solveig, ça ressemble à quoi ?!

Ca dépend de l'heure, du lieu, de la saison, et surtout de la réponse du public. Je ne peux construire mon set tout seul. Je me tiens à des disques que j'affectionne (ce qui offre une large palette), puis je tente de varier, de surprendre autant que possible pour provoquer des réactions sans avoir recours aux gros tubes du moment.

Tu fais partie du collectif AFRICANISM, initié par Bob Sinclar et qui regroupe des grands noms de la scène house mondiale comme Eddie Amador, Soha, Lego, est-ce que pour toi c’est un aboutissement, une reconnaissance par tes pairs, ou un nouveau départ dans ta carrière?

Quand Bob Sinclar m'a appelé pour Africanism, j'avais le sentiment d'être sélectionné en équipe de France. C'était une énorme satisfaction, et ça le reste encore aujourd'hui. Le fait de travailler avec des producteurs confirmés est évidemment très enrichissant. Mais j'avais aussi le projet de terminer un album, et je préfère regarder de l'avant

Le titre qui a incontestablement marqué ta carrière reste pour l’instant « Edony (clap your hands) », à ton avis, pourquoi une telle réussite ?

Edony facilite l'interaction avec le public, grâce notamment aux hand claps, il est surprenant dans sa structure et dans l'emploi de percussions nord africaines. C'est assez rare dans la house. Je pense que c'est ce qui a fait son succès.

Derrière les platines tu bouges beaucoup, tu vis ta musique, c’est ta façon à toi de communier avec le public ?

C'est possible, mais ce n'est pas calculé. Quand l'ambiance est bonne, j'ai naturellement envie de danser (mal d'ailleurs, mais c'est l'intention qui compte).

Pour ton album « Sur la Terre » tu t’es entouré de musiciens comme Nicolas Noël (claviers), Laurent Meyer (flûte et saxo) ou encore Jean-Baptiste Gaudray (guitare), tu penses que c’est un plus dans une production ?! ?

Bien sûr, c'est un plus énorme. Toutefois j'ai tenu à garder sur cet album une certaine main mise sur les arrangements et les bases mélodiques, j'avais des idées très précises, et les musiciens m'ont permis d'aller plus loin, en respectant ma direction. Je les en remercie d'autant que ca doit être frustrant pour un bon musicien, que d'écouter les consignes d'un Dj. Merci les gars ...

J’imagine que quand on travaille sur un morceau on est en recherche permanente d’inspiration, qu’est-ce que tu écoutais comme disques ?

J'écoute beaucoup de choses, j'ai des phases. En ce moment j'écoute Bjork, The Neptunes, Gil Scott Heron, Tony Allen, Michel Polnareff, Serge Gainsbourg, Bonga, Quincy Jones...

Quels sont tes 5 disques cultes ?

5 de mes vinyls cultes (je ne parle pas d'album) sont :
Masters At Work "to be in love"
Cheek "sunshine people" produit par Gregory
Davina "don't you want my love"
Lil Louis "Conversation"
St Germain "Alabama Blues"

Celui que tu aurais aimé composer ?

Si je les aime autant c'est que je n'aurai jamais pu ou eu l'idée de les composer.

Tu as ton site internet officiel (entièrement en anglais malheureusement), très riche en contenu et en interactivité, Internet pour toi ça représente quoi ?

C'est un très bon support de contre culture, à l'heure des formats, et de Loft Story. Pour moi c'est indispensable, et je suis très heureux de la fréquentation de mon site. Je remercie à cette occasion l'agence Cooptis qui réalise tout...

Tes productions circulent sur le net, certains artistes sont contre, d’autres y voient une opportunité (je pense aux Daft Punk et à leur Daft Club), tu penses quoi du « trafic » de MP3 ?

C'est une très mauvaise habitude donnée au public. Produire de la musique coûte très cher, et la contre partie d'une vente de disque permet aux artistes de vivre et de continuer à créer. En plus nous attachons de plus en plus de temps et de moyens à la qualité du son qui se trouve dégradée par le MPEG, sans parler des morceaux coupés ou inaudibles.
Je pense qu'Internet doit devenir un réseau de distribution à part entière car l'accessibilité des titres est largement meilleure, sans avoir recours aux formats des radios nationales, de la télé etc... Mais la gratuité, et le piratage commencent à faire des ravages inquiétants.

Et enfin pour terminer voici une question un peu plus existencielle : si tu deviens sourd demain, que fais-tu ?

Demandes à un photographe ce qu'il adviendra s'il perd la vue. Pour ma part, je protège beaucoup mes oreilles et fait un audiogramme tous les 6 mois. J'ai donc de beaux jours devant moi.


Pour contacter Martin Solveig, vous pouvez lui écrire via son site internet officiel :

Visitez ici le site officiel de Martin Solveig !





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