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 Les Nuits Sonores au quotidien !

Le 19 Mai 2003

Les Nuits Sonores au quotidien !

Les Nuits Sonores au quotidien !

Du 28 mai au 1er juin, Lyon accueille le premier festival des Nuits Sonores, événement culturel organisé par l'association Arty Farty et dédié aux musiques électoniques, dans leur diversité et leur dimension de plus en plus transversale. A la fois grand public et très exigeante dans son contenu artistique, cette manifestation bénéficiera du soutien de nombreux partenaires, au premier rang desquels la Ville de Lyon. Pendant 4 jours, elle investira plusieurs espaces emblématiques de la vie culturelle et du patrimoine industriel de Lyon, notamment la Halle Tony Garnier, la Piscine du Rhône, le Transbordeur et la Sucrière. La rédaction de LyonClubbing vous fait suivre les Nuits Sonores au quotidien, les soirées, les artistes, le parcours associés. Toutes les Nuits Sonores en direct, c'est ici !

Samedi 31 mai 2003

Nuits Sonores : Acte 4
La Halle Tony Garnier


Une clôture en apothéose ! Certainement la soirée la plus attendue par les noctambules qui ont suivi le festival depuis le début. Il est vrai qu’avec le line-up proposé il était difficile de faire la fine bouche tant tous les styles étaient représentés, par des DJ de renommée et de qualité qui plus est ! Et comme de coutume c’est sur des sons très cools que les clubbeurs ont été accueillis, puisque c’est Frédéric Galliano qui ouvrait le bal avec une performance en live… Des choristes africaines, des percussions et des sons qui chantent le Mali, le Sénégal et qui sont mariés aux sonorités deep house et break beat d’un Galliano très en verve. Et le cocktail fonctionne à merveille puisque la fin du live a été acclamée par un public conquis et qui gardera certainement une image très positive de ce mélange ethnique sur la scène de la Halle Tony Garnier. Après cette mise en jambes de qualité, il fallait que la suite soit du même niveau, et là encore l’équipe des Nuits Sonores a vu juste ! Quand Todd Terry pose son premier disque, c’est toute la Halle qui en frémit et qui reprend en cœur les refrains de chansons cultes, puisque monsieur Terry nous a gratifié de quelques perles indémodables qui ont fait le bonheur d’un dance floor encore quelque peu clairsemé. Scotchés devant la scène, des fêtards venus de très loin pour voir ces têtes d’affiches qui se font malheureusement trop rares en France et que Lyon a eu le privilège de recevoir pour des Nuits Sonores décidément surprenantes ! Alors que l’ambiance montait peu à peu, Felix Da House Cat surgit du fond de la scène et s’empare des platines pour faire résonner un son électro mélangé a quelques samples new-wave ! Et là on se prend une première claque dans la figure ! Da House Cat se permet même la «fantaisie» d’arrêter un disque pour le remettre quelques secondes en arrière afin de refaire exploser le dancefloor après une montée dont les oreilles des plus valeureux restés devant les enceintes se souviennent encore ! Euphorie mesurable dans le public, tout le monde est conquis et l’équipe d’organisation jubile ! Ne perdant pas une minute, Derrick Carter prit à son tour le relais… celui qui se fait rare derrière les platines n’a pas fait mentir sa réputation et a prouvé aux yeux de tous que son agenda de dates est bien rempli et qu’on sait pourquoi ! Un set ahurissant qui a mené les noctambules vers celui que tous attendaient : Dave Clarke ! Une réputation qui n’est plus à faire, et des fans qui sont venus de toute la France pour assister au set du maître : Toulouse, Bordeaux, Paris, Strasbourg, Nice ou Le Mans, ils étaient nombreux à ne vouloir rater une seule seconde du set d’1h30 de Dave Clarke. Et là c’est une deuxième claque dans la figure qu’on se prend, et on en demanderait presque une troisième ! Les disques sont callés en quelques secondes, ils sont mixés avec une précision étonnante et à cela Dave Clarke se permet même de jouer avec les effets pour retourner le dancefloor encore plus qu’il ne l’était avant son passage ! Les enceintes de la Halle Tony Garnier se souviendront longtemps du passage du britannique puisque quelques grésillements se sont fait entendre et que la chaleur était au maximum ! Chaleur préservée avec l’arrivée du très attendu Roni Size, le fondateur du collectif Reprazent. L’anglais maîtrise, il fait découvrir au plus grand nombre la drum’n’bass, et, tout en créant une mouvance populaire autour de ses productions, il reste une référence underground. Lignes de basse qui dépasse les 160 BPM et une Halle qui termine sa nuit de la plus belle des manières qui soient ! Moments d’anthologies et forte impression d’avoir assister à une clôture de festival qui fera date… Notons que l’organisation aura été sans failles et qu’aucun débordement n’a été signalé de toute la soirée. Une sécurité efficace, un bar non moins irréprochable et des bénévoles pour les Nuits Sonores qu’on peut féliciter pour le travail accompli ! Une soirée qui a rassemblé environ 5 000 personnes dans les travées de la Halle, seul bémol de la soirée puisque 7 000 personnes auraient été nécéssaires pour rendre rentable cette soirée précise, mais les caisses d'Eldorado combleront certainement ce "léger" déficit... Alors prions tous le dieu du vinyle pour que l’année prochaine soit aussi forte en émotions et en qualité !

Vendredi 30 mai 2003
Nuits Sonores : Acte 3
Apéros Sonores - La Sucrière


Un succès indéniable : bons sons, amateurs électro et affluence au rendez-vous ! Nouvelle journée qui s’achève sur la capitale rhodanienne et nouveau sentiment de bien-être. Le pari se concrétise, Lyon écrit une nouvelle page dans son histoire, n’ayons pas peur des mots. Un festival que beaucoup voyait déjà raté. Au final, une vraie réussite. Il faudra attendre néanmoins le verdict de la dernière usine électro, les Galliano, Roni Size, Todd Terry, Dave Clark, Derrick Carter ou Felix da House Cat devront blinder le vaste dancefloor, une mission non impossible à la vue de l’engouement général autour des Nuits Sonores et le plateau d’une qualité jamais égalée dans notre bonne vieille ville, qui vient de subir un sacré lifting avec les premières émulsions électro grandeur nature. La soirée de samedi à la Halle s’annonce déjà comme une fin en apothéose… Alors 5, 6, 7, 8, 9 000 ? Verdict prochainement ! Avant cela, une nouvelle fois, le cœur de la ville a battu électro très tôt et jusqu’à très tard… Du Buldo, où la Marquise fêtera dimanche son anniversaire, et où s’asseoir devient une périlleuse aventure compte tenu du monde amassé sur les Quais de Saône, à l’ensemble des autres bars des Apéros Sonores, tout le monde sort, se passionne, s’ouvre, partage… Un bonheur ! La soirée à la Sucrière, avant-dernier gros événement très attendu des amateurs de son pointu commence de façon étrange. L’entrée dans la salle de concert, ancienne usine aménagée pour l’occasion, est déjà un choc. Tout est flou, sous la fumée, et des éclairages diffusent d’un peu partout une ambiance spatiale un peu glauque. Tout commence réellement lorsque les finlandais de Pan Sonic entrent en scène. Très en accord avec le lieu, le son crée par ce duo glacial est brutal, saturé, fait de bruits plus que de notes, industriellement riche. Les oreilles sensibles ont compris qu’il fallait mieux attendre la suite avant de se placer face aux hauts parleurs gresillards. Satisfaction pour eux car gros changement de ton dès l’arrivée de la grosse bande à Jimi Tenor. Place donc au jazz mêlé de ses quelques sonorités électroniques pleines de groove. Ce génie survolté, finlandais lui aussi, change d’instrument toutes les trois minutes et manie le synthé aussi bien que la flute traversière et le saxo. Très belle performance qui laisse l’assemblée sous le charme. Deuxième grosse cassure dans le style, avec la venue du beau gosse rebel Alec Empire, remplaçant au pied levé Add N to (x). Ancien membre des excités allemands d’Atari Teenage Riot, il nous offre une electro synthétique, mécanique et énergique, bruyante et souvent nerveuse alors que lui tourne très calmement les boutons de ses grosse machines ou de sa gameboy. Gameboy encore et toujours puisque c’est l’instrument fétiche des peluches mignonnes de Teamtendo. Leur musique, ironique et rythmique fait frétiller les connaisseurs, en laissant coi les autres tant ils n’avaient jamais vu ça avant. Que du gros, du beau, du vrai son 8bit, pour les nostalgiques de Mario. Dommage que la prestation n’ait pas duré plus longtemps, une heure seulement. Ovuca, troisième finlandais de cette soirée entre ensuite sur scène vers les 3h45 du matin. On ne le voit pas beaucoup, il préfère rester caché, accroupi derrière la table et son laptop, dodelinant parfois de la caboche. Dommage car le son créé est génial, complexe et rythmé, directement venu des écuries Rephlex. Une très belle nuit donc, à la programmation éclectique qui n’a pas déplu. Les puristes sont venus en nombre et sont repartis fatigués mais ravis. Rendez-vous demain pour la dernière soirée, sur le dancefloor géant de la Halle Tony Garnier.

Jeudi 29 mai 2003
Nuits Sonores : Acte 2
Le Circuit électronique


Première annulation : Jori Hulkkonen ! Une mise en jambe dans les rues de Lyon, comme la Rue de l’Arbre Sec, fermée à la circulation et résonnant aux sons des derniers rythmes électro puis direction l’Ambassade. Au passage, les gens de la rue nous confiaient "adorer le style, l’esprit, les endroits, les artistes et découvrir Lyon sous un nouvel œil", impressions confirmées quelques pas plus loin "Si Lyon pouvait bouger comme ça tous les jours, ce serait un pur bonheur". Le pari de Vincent Carry, celui de "faire speeder Lyon pendant 5 jours" prend forme, et de belle manière. L’équipe des Nuits Sonores voit se concrétiser sous ses yeux ravis, ce projet qui tenait tant à cœur toutes les parties prenantes de la culture électro. La presqu’île vibre, découvre, se rencontre, se fait plaisir. Nous voilà à l’Ambassade. Certains avaient fait le voyage de loin pour voir le finlandais montant du label F Com. L'Ambassade affichait complet très tôt, l'engouement autour des Nuits Sonores et de ses soirées annexes dans les établissements partenaires, ne faisant qu'augmenter et le club de la Rue Stella était lui aussi porté par la vague ascendante de ce festival. C’est le point positif. Le négatif, c’est que Jori Hulkkonen n’est pas venu poser ses mains agiles sur les platines. Une annulation qui résonne comme une première ombre au tableau car tout le monde attendait cette date pour envahir le dancefloor et danser sur un mélange unique de house et de techno, fourmillant d’influences et de créativité. Le staff des Nuits Sonores a néanmoins remplacé au pied levé Jori en proposant une autre pointure du label F Com en la personne d'Alex Kid. Une soirée sauvée donc par le talent du jeune homme. En outre Cajmere de Green Velvet était aussi de la partie. Un invité surprise à l'Ambassade et un set qui restera longtemps gravé dans les enceintes du club ! Cliquez ici pour voir le reportage à l'Ambassade ! Cette soirée était aussi l’occasion de pouvoir assister à une soirée du festival sans se soucier de savoir si oui ou non rentrer sans pré ventes sera possible. Depuis la soirée de mercredi au Transbordeur et devant les nombreux déçus qui n’ont pu assister aux sets de Green Velvet, Agoria, Monika Kruse ou Luke Slater, l’énigmatique question des pré ventes semblent ressortir comme une récurrente. Alors voici un embryon de réponse… Courez donc dans les points de location habituels pour vous arracher les dernières places pour la Sucrière et la Halle Tony Garnier, c’est le meilleur moyen d’assister à la suite et à la cloture d’un festival qui semble bien réussir son entrée dans la cour des Grands…

Métissages urbains, expos et culture électro !
La Galerie des Terreaux se vide et se remplie en rythme ce jeudi 29 mai. De la jeunesse la plus hype, aux vieux attirés par le bruit, ça déambule sévère. Plusieurs installations très variées s’offrent aux yeux et aux oreilles de tout ce beau monde : Les photos de DJs de Charles Jarry, capteur d’ambiances soirées électro. Puis l’expo du Gentil Garçon, la culture des raves, bijoux de… Foutage de gueule (il n’y a vraiment pas d’autre mot, rien à voir avec les raves, prononciation à l’américaine mais des raves, prononciation du terroir, communément appelée la pomme de terre des pauvres..). Voilà pour les locaux, le reste nous arrive de Marseille (collectif Bip-Hop) à l’occasion de cette carte blanche : Le peintre Franck Aslan et ses canines peintures nous guettant d’un peu partout. Le diaporama de La Phalène, bizarre et multi images, déroutant. Et finalement le diptyque mix-vidéo de différents artistes du collectif qui joueront tous les jours du festival entre 17h et 22h. Le désormais connu Mr Nuits Sonores Vincent Carry affiche un grand sourire devant ce succès et rassure quand à la grosse soirée de samedi à la Halle : "Le fait que le Transbordeur soit plein mercredi au point de refuser du monde a fait courir le buzz pour cette soirée dont les préventes se vendent tranquillement mais sans inquiétudes. Déjà 2000 places vendues et on en attend 5000 sans problème." Conseil : Venez découvrir tout ça avant de vous rendre en soirée (Sucrière ce soir, Halle demain) pour correctement vous mettre dans l’ambiance. Jusqu’à samedi 22h.

Architekture Sonore au Musée d'Art Contemporain !
Les élèves de l’école d’architecture de Lyon ont investit le Hall d’entrée du musée d’Art Contemporain avec un workshop intitulé Neurosources ou comment matérialiser la musique électronique en une dizaine d’œuvres. Les interactions sont multiples : on peut écouter ces œuvres grâce au casque, mais ce n’est pas tout ; on rentre dedans, on y fourre sa tête, on observe des étrangetés par les trous… Le vernissage de l’expo, en début de la soirée, Architekture Sonore a permis au Maire de Lyon, Gérard Collomb, de jeter un coup d’œil sur ces œuvres en particulier et sur la fréquentation des soirées annexes en général. Il nous donne ses impressions sur l’avancement de la manifestation : "C’est déjà un grand succès, et on voit que les Nuits Sonores correspondent bien aux attentes, vu la fréquentation de la soirée du Transbordeur hier soir". Il a promis de passer samedi soir à la grande soirée de la Halle, "mais quand même pas jusqu'à 8h du matin", nous a-t-il confié. La soirée a continué par les performances musicales de Roussia et P.Moore entre autres, et encore une fois, le lieu était noir de monde et des gens ont du attendre à l’entrée. Décidemment. Venez découvrir Neurosources les 31 mai et 1er juin au Musée d’Art Contemporain.

Rencontre avec Patrick Simon au Ninkasi !
La soirée FUNdamentals au Ninkasi nous à permis de rencontrer Patrick Simon, président du collectif Big Easy, organisateur de la soirée. Il nous donne son avis sur le festival : Pouvez vous vous présenter ! Patrick Simon, collectif Big Easy : un des organisateurs pour les Nuits Sonores, ce soir au Ninkasi. Le collectif Big Easy présente des groupes, entre une quarantaine et une cinquantaine d’artistes tous styles confondus, à disposition sur la scène lyonnaise. On est là pour participer aux Nuits Sonores avec l’association Arty Farty. Racontez nous la rencontre entre Arty Farty, la Ville et vous ? Nous faisons partie des gens qui sont acteurs de terrain avec le collectif des musiques actuelles de la ville de Lyon. L’événement ayant été crée par la Ville, nous avons décidé de s’imposer d’une certaine manière, et de faire remonter toute la création du secteur dans une vision internationale de la ville. Nous avons exigé de participer à ça et nous y sommes arrivé certes en jouant un peu des coudes. Je pense que si une nouvelle édition se fait l’année prochaine, elle sera encore plus pointue avec des participations encore plus importantes, et au niveau local aussi pour recentrer un peu tout ça. Comment se fait la rémunération des artistes ce soir ? Des enveloppes sont données par l’association censée pouvoir présenter un plateau. Je ne vais pas parler de chiffres, c’est un peu compliqué mais la priorité pour le collectif Big Easy a été de faire attention à ce que tous les artistes soient payés, d’avoir une idée de statut précis pour les artistes. En dehors de ça, il y a énormément de bénévoles qui sont là qui auraient besoin d’être payés aussi. Nous allons essayer de remédier à ça, car ils travaillent, sur quatre jours, et tout travail mérite salaire. Quel est votre avis sur la polémique autour de ce festival ? C’est vrai que le budget des Nuits Sonores par rapport au budget des musiques actuelles sur toute l’année est démesuré et nous ne sommes pas d’accord. Un événement de cette ampleur c’est une chose, mais le travail de fond effectué par des gens (la mission musique, la DAC) toute l’année c’en est une autre. Quand on voit les sommes dépensées sur les nuits sonores par rapport à celles dépensées pour une politique culturelle des musiques actuelles, il y a de quoi tourner de l’œil. Mais bon, ne pas participer aurait quand même été stupide. Les artistes ont besoin d’être là et nous n’avons pas les moyens qu’ont les organisateurs pour médiatiser les choses. Néanmoins, le bilan fait et s’il y a une réédition, nous essayerons de renégocier pour avoir des moyens financiers, une autre direction artistique, pour travailler autrement. Et surtout avoir une résonance Ville de Lyon qui soit un peu plus conséquente, pas seulement sur un événement mais sur toute l’année afin de produire des artistes capables de partir en national et international. C’est l’objectif majeur du collectif Big Easy.

Mercredi 28 mai 2003

Nuits Sonores : Acte 1
Piscine du Rhône - Transbordeur - Parcours associé
Un festival dans le Grand Bain !

Le festival Nuits Sonores, panorama des musiques électroniques, s'ouvre à Lyon. Une première édition chatoyante avec une programmation éclectique et puissante. Du 28 au 31 mai, Lyon sera le théâtre d'une culture souvent oubliée et d'un esprit peu aidé par les collectivités locales lyonnaises. Cette fois, la ville de Lyon subventionne les Nuits Sonores à hauteur de 278 000 euros, pour que ces Nuit "fasse speeder la ville pendant cinq jours", selon Vincent Carry (à gauche sur la photo ci-dessous), le coordinateur du festival. Première soirée et premier test : mission bien réussie. Des invitations courues et très privilégiées pour assister à l'éclosion des Nuits Sonores. Au programme backstage, derrière les platines et les micros : Colorblind, Flore et le très en vogue Da Fresh. De l’autre côté de la scène, nombreuses personnalités peu visibles habituellement dans des manifestations estampillées musiques électroniques (Gérard Collomb, Evelyne Aguenauer, Nadine Gelas…), VIP et politiciens lyonnais projetés dans un monde nouveau et bien loin des musiques traditionnellement glissées dans leurs oreilles de décisionnaires, mais comme il y a subvention, il y a soudaine passion. Tant mieux. A leurs côtés, toute la culture électronique, bien représentée et fermement mobilisée pour crier à qui voudra l’entendre que ces Nuits Sonores feront chavirer Lyon et ses visiteurs. Bref, un subtil mélange d’initiés et de novices, de confirmés, de mordus, de passionnés et de curieux. C’est aussi cela les Nuits Sonores, un mixte réussi de personnalités et de cultures différentes réunies autour d’un projet d’envergure…

Premier test grandeur nature : l'artillerie lourde au Transbordeur !

Après de nombreux mois de gestation et de mise en place de ce faramineux projet, le festival des Nuits Sonores s’ouvrait hier soir avec une soirée au line-up prometteur dans le complexe du Transbordeur. Une salle où tout a été pensé pour que la soirée se déroule dans les meilleures conditions : un son parfait et puissant, des éclairages ahurissants et des écrans pour les projections d’images mixées… Les connaisseurs ne s’y sont pas trompés et c’est une foule de passionnés qui a envahit le lieux dès l’ouverture de la salle aux alentours de 22h30. Des noctambules qui ont été accueillis par les sons délirants et très éclectiques du groupe Monsieur Hiii, un quatuor français qui jongle avec les machines comme d’autres jonglent avec un ballon de foot, un mélange de sons samplés et triturés dans tous les sens, le tout dans une harmonie et une ligne musicale très fortes ! Dans la grande salle c’est Agoria qui assurait un warm up impeccable ; retour aux sources pour ce DJ lyonnais mondialement reconnu et dont la technique et le feeling ne sont plus à démontrer ! Un dance floor qui ne se sera pas vidé de la soirée et le Transbordeur qui faisait salle comble très tôt dans la soirée, au grand désespoir de certains technophiles venus parfois de très loin. Car les places n’étaient disponibles qu’en pré ventes et beaucoup pensaient pouvoir s’en passer pour pénétrer dans la soirée… des déçus qui sont repartis tête basse et souvent très déçus de ne pas pouvoir assister aux sets prometteurs d’Agoria, The Youngsters, Green Velvet, Monika Kruse, Luke Slater, Palindrome, Monsieur Hiii, Felix Kubin, Electronicat ou encore Ellen Allien ! Parlons donc de ce clash qui a eu lieu dans la grande salle du Transbo ! alors que le programme suivait presque à la minute près le timing, c’est vers 1h00 qu’est arrivé Cajmere aka Green Velvet, DJ connu pour ses performances live d’une rare intensité ! C’est un peu comme si Green Velvet avait pris le Transbordeur dans ses mains et qu’il l’avait secoué très très fort… et l’hystérie fut à son comble lorsque pour le plus grand bonheur des noctambules, il a passé son titre Lalaland, titre qu’il a lui-même chanté derrière les platines et dont le refrain a été repris en cœur par tous ! La suite ne fut pas moins intense et c’est sous un déluge d’applaudissements et de cris que c’est déroulé la passation de pouvoirs entre Green Velvet et Monika Kruse… la belle allemande qui n’a pas failli à sa réputation et qui a entamé son set avec brio, une main de fer dans un gant de dentelle, c’est un peu ce qui pourrait résumer son passage sur la scène lyonnaise… Luke Slater a fini de combler les amateurs de musiques électroniques avec un set à la hauteur des espérances les plus folles de ces mêmes amateurs, Luke Slater qui laissa place à Palindrome pour finir la soirée, alors que les clients partaient petit à petit, après avoir pu admirer les plus grands DJ. Une première soirée qui fut une réussite incontestable et qui aura vite fait de faire taire les sceptiques quand au succès de l’événement. Gageons que la suite soit du même niveau, et Lyon aura prouvé qu’elle est la Capitale de la musique électronique pour cette fin de mai !

Exposition autour de Nuits Sonore : Docteur Cooked & Mister Raw !
La Galerie Roger Tator, cachée pas loin de Jean Macé abrite jusqu’au 31 mai l’exposition Docteur Cooked & Mister Raw (des artistes marseillais Marine Peyre et Desmond de Amil), une ode à la gélule thérapeutique.
Cet objet, peu ou jamais représenté dans l’art contemporain est ici utilisée dans deux cadres différents et inverses : la salle Docteur Cooked et la salle Mister Raw La première salle, rouge à souhait ne comporte qu’un seul objet, le Gel’sofa, une gélule canapé de trois mètres de long.
Quand on s’y assoit, une musique très synthétique et relaxante se déclenche. La deuxième salle, plus dérangeante, est entourée de miroirs. Des lampes-gélules suspendues sont en mouvement et se reflètent dans les miroirs, le tout dans une ambiance sonore sombre et étrange.
Les sensations éprouvées dans l’une ou l’autre des salles sont bien présentes, effectivement différentes (relaxation, plénitude puis vertige) et sans doute complémentaire.
C’est juste très succinct, et on en a vite fait le tour.

Néanmoins, on peut venir découvrir Philippe Lopez, créateur des ambiances sonores, qui y mixera ce samedi 31 mai à 17h30. Dossier réalisé par Igal Kohen, Sylvain Agniel, Dalil Merad et Julien Lambert. LyonClubbing.com, copyright 2003.

Merci à l'équipe d'organisation des Nuits Sonores pour leur confiance.





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