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 Rencontre avec David Maï !

Le 25 Avril 2003

Rencontre avec David Maï !

Rencontre avec David Maï !

Les beaux jours venant, les soirées fleurissent un peu partout à Lyon. Parmis les têtes d’affiches les plus souvent bookées, on retrouve David Maï, figure incontournable du clubbing lyonnais depuis des années, et fervent défenseur de la musique électronique dans sa diversité. Loin des platines et de l’obscurité d’une discothèque, c’est à la terrasse du Bistrot de la Pêcherie que nous avons rencontré David, un amoureux de la nuit : ou quand fête rime avec "pas de prise de tête".


David bonjour, peux-tu te présenter ?
J’ai commencé à mixer en 1997 ou 1998 je crois, du côté du Tunnel à l’époque où c’était Phil Rodriguez et David Vincent. Sinon avant de mixer en boite j’ai commencé chez moi à l’âge de 15 ans avec des platines CD, puis vers 18-19 ans j’ai eu mes premières platines vinyles, donc voilà tout ce qu’il y a de plus simple si ce n’est que quand j’étais adolescent je baignais déjà dans le milieu puisque j’avais un oncle qui était DJ et qui m’a fait découvrir le Djing.

Et niveau études, quel est ton parcours ?
Sur le plan musical, j’ai rien du tout (rires), aucun bagage si ce n’est un peu de solfège quand j’étais jeune mais c’est vraiment pas grand chose !
Sinon au niveau de mon boulot je fais quelque chose de complètement différent de mon métier de DJ puisque je suis infirmier, c’est paradoxal mais ça me permet de vivre sans avoir mon quotidien envahit par le monde de la nuit.

Justement, si on te demandais de choisir entre l’hôpital et le Djing tu garderais quoi ?
L’hôpital sans hésiter ! Parce que la musique c’est une passion mais mon boulot est une passion encore plus grande. Je ne sais pas si on peut utiliser le terme de vocation mais c’est une envie d’aider les autres qui date de fort longtemps et ça compte plus que la musique.
Mais la musique reste quelque chose de très important pour moi puisque j’en suis toujours entouré, mais si j’avais à choisir ce serait le boulot !

Tu es plutôt quel style musical ?
Tout ce qui donne envie de danser aux gens, pas de style particulier. C’est vrai que je vais jouer des sons qu’on appelle actuellement tekhouse et qu’on appelait il y a quelques années hard-house, mais ça peut aussi passer par la trance, techno, hard-techno, j’ai aussi eu ma période hardcore mais c’était surtout pour le fun…
Plus récemment je m’essaye à des sons un peu plus house, tranquille. Ce qui me plait surtout, c’est que mes sons fassent danser les gens et peu importe le style. Moi mon plaisir c’est quand les gens dansent.

Tu es attiré par la production ?
Chez moi oui je fais quelques trucs, 2 ou 3 petits morceaux mais rien de concret. J’ai quelques projets mais qui ne vont pas aboutir tout de suite, sinon à mon actif je compte juste une production avec l’association Art’Fusion qui était sortie en 2000 sur la compilation Made In Lyon, sous le nom David Maï…
C’était une première expérience rigolote, j’avais pas beaucoup de matériel à l’époque, c’était juste un W30 et c’est vrai que la qualité était pas géniale mais c’est une expérience en tout cas ! J’aimerais bien continuer.

C’est dans quel style musical ?
Je fais aussi bien de ce qu’on pourrait appeler du pouet-pouet, pour le fun ! Et puis des trucs complètements différents et complètement bizarres, j’adore les trucs qui partent dans tous les sens donc je sais pas si on peut les définir avec un style particulier. C’est différent de ce que je mixe, à la fois dans les sonorités et la construction des morceaux, mais finalement dans l’esprit je pense que c’est la même chose.

On te retrouve dans beaucoup de soirée à Lyon, pourquoi une telle implication ?
Je pense que Lyon a un fort potentiel, quand on regarde son histoire à l’époque de la Centrale, de l’Hypnotic et de la grande époque Factory, il y a quand même un grand parcours de la nuit, et j’ai envie de me battre parce que je suis convaincu que les lyonnais peuvent continuer à faire la fête malgré toutes les interdictions et le changement d’atmosphère depuis quelques années, je suis convaincu qu’on peu redonner des lettres de noblesse à Lyon.

Justement, que penses-tu de la vague de fermetures administratives ?
Ça fait chier ! Parce que quand je vois l’Ambassade, le Monde à l’Envers, ce sont des gens qui font ça par passion, qui se défoncent pour faire ça et ça fout les boules de voir que certains politiciens n’ont rien compris au truc et sont encore dans des idées de fric et de drogue, parce que c’est malheureusement ce qu’ils retiennent de la nuit à Lyon…

Et dans ton émission sur RCT tu essayes de faire passer un message dans ce sens ?
Oui ! Le message principal c’est « faites la fête » mais sans drogue, puisque c’est vraiment un grand combat que moi je mène depuis des années et que je perpétue avec l’émission. C’est se faire plaisir avec la musique et ne pas avoir recours à la drogue, juste la passion du son. C’est dommage qu’une certaine catégorie de personnes fonctionne avec de la drogue, du coup ça salit un peu l’image des musiques électroniques.
Pour ce qui est de l’émission, on reçoit régulièrement des DJ et notre envie c’est de faire découvrir la musique et finalement peu importe que le DJ soit un pro ou un amateur, c’est vraiment des gens passionnés qui peuvent véhiculer quelque chose. Et puis j’ai remarqué que les meilleurs DJ n’étaient pas forcément les plus connus. La semaine dernière par exemple ça a été très fort, j’ai beaucoup apprécié puisque c’était Kenny de ClubXtrem, qui est quelqu’un de très sympa et d’adorable, j’ai beaucoup apprécié son set et il y avait une sacrée ambiance dans le studio.
En coulisses c’était un peu la folie furieuse mais en tout cas c’était une très bonne émission !

Quels sont donc tes disques cultes ?
Bonne question… En culte je mettrais : May Day de Westbam, puisque c’est un titre qui a vraiment marqué l’histoire musicale… Pour la plupart ça reste des morceaux Trance… Lunatic Asylum, The Meltdown Green Velvet, Destination on known Christopher Just, Disco Dancer

Celui qui ne quitte jamais ton flycase ?
Je pense que c’est Destination on known que je ne joue pas forcément mais que j’ai toujours avec moi… Il y a toute une histoire avec ce morceau puisqu’à l’époque je commençais à mixer, et puis en tant que client j’ai aussi de bons souvenirs de soirées sur ce morceau là.

Celui que tu aurais aimé composer ?
Lunatic Asylum The Meltdown parce que je trouve ce morceau magnifique, très bien conçu pour l’époque! En plus il n’a pas pris une ride !

Tu penses possible de faire une soirée avec un line-up DJ 100% lyonnais ?
Ah oui, ce serait ultra-top ! en plus pour la plupart j’ai déjà mixé avec eux, Didier Largemain, Phil Rodriguez qui m’a un peu tout appris puisque quand j’étais résident au Tunnel c’est avec lui que j’ai commencé à mixer, il m’a beaucoup conseillé à une époque. Non c’est clair que ça serait génial, ce serait une bonne idée !
Avec le concours d’une radio lyonnaise, comme Radio Espace puisque c’est une radio qui contribue faire bouger les soirées lyonnaises et qui s’y implique vraiment, même si les sons qu’on entend à longueur de journée ne sont pas représentatifs de son implication dans le milieu de la nuit à Lyon.

Et tu penses qu’il manque une grosse radio à Lyon, comme FG à Paris, pour faire bouger encore un peu plus les choses ?
Ah oui c’est sûr ! Surtout que moi j’ai baigné en 1995 avec le Club Mix d’Olivier Verse, il y avait également TechLine sur Radio Brume et moi j’écoutais ça tout le temps… je crois que les lyonnais auraient effectivement besoin d’émissions comme ça, ce serait bien oui !  Tes relations avec les autres DJ lyonnais ?
Moi je suis DJ et je fais ça par plaisir, donc si je me prend la tête j’arrêterais tout de suite ! C’est vraiment pour me faire plaisir et j’aime vraiment découvrir d’autres DJ avec leurs styles et leur personnalité, chacun est différent et je cris que sur Lyon chacun apporte sa pierre à l’édifice. J’ai beau réfléchir mais non… Je ne vois personne avec qui je ne m’entende pas !

Changeons de sujet, on te voit avec des t-shirt personnalisés, ça te vient d’où ?
(il rigole) En fait ça a commencé par un délire, l’été dernier sur la plage j’étais en vacances et c’était la grande mode de t-shirt comme ça.
Donc j’ai commencé à en acheter un ou deux et puis il y a une boutique qui a ouvert sur Lyon et qui fait des t-shirts comme ça donc ça m’en a donné l’envie… j’ai toujours aimé la provocation gentille, qui reste bon esprit : provoquer sans choquer ! C’est la grande mode des écoles de DJ, tu en penses quoi ?
D’un point de vue technique ça peut apporter énormément de choses, je connais Vincent (alias DJ Mono) qui m’a vraiment impressionné par sa technique, qui vient d’une école de DJ et qui a un niveau époustouflant au Scratch ! J’ai vraiment beaucoup à apprendre ! Je l’ai vu à Dub Plate Record en train de scratcher, et techniquement il y a beaucoup de choses à apprendre, et puis il y a aussi pas mal de théorie, savoir gérer une soirée et toute la promo qui va avec ; et pour ça c’est vraiment intéressant !
Quand on est DJ on est tout seul derrière les platines, mais on échange avec les gens donc il faut gérer tout ça en même temps. Et puis à trop vouloir faire de technique on ne laisse plus sa place à l’improvisation et à la créativité. Mais en tout cas j’attends de voir le résultat avant de juger !

David Maï en patron de discothèque ça donnerait quoi ?
Hors de question ! Ce qui me plait c’est la musique et pas être derrière un bureau à faire de la paperasse et gérer les factures. Mais organiser des soirées est quelque chose qui m’attire de plus en plus, notamment avec Jefrey Blake et Goran pour les soirées Museum (et les soirées Pulsion où je suis un peu plus détaché), mais patron de discothèque, non.
Ça me dit rien du tout même si ça pourrait être intéressant puisque je déciderais de tout, et dans l’idéal avec un budget illimité je pense que je ferais des soirées magiques mais bon ça reste utopique. Peux-tu te définir en un seul mot ?
Chiant ! (rires) c’est paradoxal parce que j’aime pas quand on se prend la tête, mais je prend la tête aux autres ! Pour la radio par exemple, j’aime bien que les choses soient claires, que l’auditeur s’y retrouve et que l’invité prenne du plaisir à venir dans l’émission.
Mais oui je suis très chiant !

Tes coups de cœur à Lyon ?
Les restos ! J’aime la bonne bouffe et ça se voit d’ailleurs ! Et je suis fier d’être à Lyon parce que de ce côté là on n’a pas de soucis à se faire, on se fait vraiment plaisir ! J’ai pas vraiment de coup de cœur particulier, pour moi c’est l’été, aller au Parc de la Tête d’Or au milieu de la pelouse, ça c’est top !
Pour ce qui est des clubs, le Space, sinon disons que je ne sors plus trop, à part pour les soirées où je mixe, ou quand ce sont des amis qui mixent. Le seul endroit qui me marque, c’est le Monde à l’Envers, même si je n’y vais pas souvent, c’est un endroit que j’aime beaucoup ! Il y a aussi l’Ambassade, même si je me sens mal à l’intérieur parce que c’est tout petit. Mais en tout cas j’aime ce lieu parce Jean-Philippe, le boss, se prend pas la tête, il se fait plaisir, il ouvre sa boite sans être intéressé par le fric et je trouve que c’est bien et que sur Lyon ce serait bien si les autres patrons de discothèques prenaient cette mentalité.
Pour terminer les coups de coeur, Extra Records, un disquaire référence pour moi à Lyon, du bon son et un accueil toujours sympa !

Ton dernier mot ?
"faites la fête" ! Le mot positif serait "soyez cool" et le mot négatif ça serait "y’en a marre de l’intolérance". C’est ce qui me fait avancer ! Retrouver David Maï tous les vendredis de 22h à 1h sur RCT: 99.3 FM dans l'émission "Il y a"





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