Accueil →   Liste Interview  → 

 Guillaume Canet : La Rencontre !

Le 10 Decembre 2002

Guillaume Canet : La Rencontre !

Guillaume Canet : La Rencontre !

Non content d'aligner une filmographie fournie, Guillaume Canet, né le 10 Avril 1973, passe d'un univers à l'autre, rencontre Sophie Marceau chez Zulawski (La Fidélité), Leo DiCaprio chez Danny Boyle (La Plage) et Gérard Lanvin chez DeCaunes (Les Morsures de l'aube).
Le virus du jeu, Guillaume Canet l'attrape sur les planches, au cours Florent, puis créant sa compagnie, jouant entre amis pour d'autres amis. Très vite, la télévision - puis le cinéma - font appel à lui. Ses débuts cinématographiques se font face à Jean Rochefort dans un Barracuda (Philippe Haïm)...
La machine se met en marche : Chéreau, puis Jolivet, puis Waterhouse font appel à Guillaume Canet. Il fait partie du sérail, certains scénaristes écrivent en l'imaginant dans un rôle. Même aux USA, le comédien a l'élégance de diversifier les projets, tournant un petit film (The Day the Ponies come back) après un blockbuster (La Plage).

D'allure BCBG, propre sur lui, correspondant au portrait-robot d'un gendre originaire de Neuilly-sur-Seine, le sémillant Guillaume est fût à l'affiche du film-phare de la dernière rentrée : Vidocq. Aux côtés de Depardieu, il y incarne Etienne Boisset, le biographe de Vidocq, un rôle en or pour cet amateur de littérature et d'enquête policière.

Déjà prêt pour de nouvelles aventures d'acteur (on retrouvera Canet chez Jolivet et Waterhouse prochainement), il s'apprête aussi à défendre son premier film en tant que réalisateur, prouvant par-là qu'il faudra longtemps compter avec lui...

A l'occasion de la présentation de son premier long métrage, Mon Idole, Guillaume Canet était à Lyon et a répondu lors d'une conférence de presse aux questions de LyonClubbing !


Pourquoi avoir choisi ce thème pour le film ?

Ce qui s’est passé c’est qu’au début de l’écriture avec Philippe on avait eu l’idée de vouloir parler de la manipulation du pouvoir. Nous on voulait surtout parler d’un type qui arrive à la moitié de sa vie et ne ressent plus rien, il a tout vu, il a tout connu, il a bouffé sa vie à pleines dents.
Ca rejoint le thème du film c'est-à-dire que la vie va tellement vite aujourd’hui qu’on zappe énormément de choses et du coup cet homme a besoin de dépasser des limites pour ressentir un truc et avoir une émotion.
Quand on a atteint cette idée là, il fallait trouver un milieu où faire évoluer le personnage et à ce moment là, exploser la télé réalité.
Ce milieu là nous a semblé énorme pour faire évoluer le personnage. D’une part, c’est vrai que c’est un peu la même chose dans la télé réalité c'est-à-dire qu’on dépasse les limites on va plus loin possible pour que les gens soient choqués et ne zappent pas. C’était valable pour le personnage de Jean-Louis Broustal et en plus pour mon personnage, à savoir Bastien, c’est vrai que la télé- dépasse les limites.

La télé réalité a osé développer chez les jeunes une envie absolue de faire de l’audio-visuel parce qu’en deux semaines ces gens là deviennent des stars et sont énormément médiatisés. Du coup je trouve que le parallèle était assez intéressant pour ces personnages là et pour le personnage de Bastien qui est assez arriviste et qui a une envie de réussir à tout prix.
Lui c’est réussir professionnellement et Broustal c’est réussir à être heureux et à éprouver quelque chose. Ce milieu là nous a paru le plus adéquat surtout qu’avec la télé aujourd’hui on est capable de zapper sur 50 chaînes en deux minutes.
On croit avoir tout vu et en fait on a rien vu dans les détails et ça me semble vachement bien pour le personnage de Broustal qui est quelqu’un qui en est au stade où il croit avoir tout vu, mais rien dans les détails.. Et du coup il s’emmerde !

C’est vrai qu’après il aurait pu être patron d’une grande entreprise, politicien, mais il y avait le côté de l’image qui nous plaisait et c’est vrai que la manipulation aujourd’hui avec la télévision est énorme, c'est-à-dire que l’on montre aux gens ce que l’on veut bien leur montrer on les amène là où on veut.
On invite des gens, ils ne savent même pas pourquoi ils sont invités. On les met dans des situations où ils vont se retrouver à parler de choses très intimes et je trouve que ça collait bien avec l’histoire que l’on avait à raconter.

Certain pourrait se reconnaître parmi les personnages, c’est un réel risque…

Oui forcément ! Mais après c’est vrai qu’on aurait pu choisir le milieu de la publicité ou d’un homme politique mais de toute évidence d’autres se seraient également reconnus !
En tout cas on n’a pas voulu penser à quelqu’un en particulier. On s’est laissé complètement libre à l’imagination et on a essayé de faire un medley de tous ces personnages de toutes ces personnes.

Berléand ressemble à Lescure dans le dessin animé…Ha c’est vrai ?
On ne nous l’a jamais dit. C’est la première fois qu’on nous dit ça mais j’ai un grand respect pour Pierre Lescure en tout cas !

Vous faites beaucoup de tentatives de plans ?

J’aime ça, je trouve que la place de la caméra a une importance. Elle veut dire quelque chose.
Et dans ce film c’était pour dire quelque chose, c’est pas seulement un effet visuel ou pour faire de l’esbroufe. J’ai essayé à chaque fois qu’elle ait sa la place.
Par exemple ; dans la douche avec la caméra dans le pommeau ; ce qui a renforcé tout le côté voyeurisme de Broustal, puis le côté un peu saugrenu !
Sans compter que j’avais envie tout simplement de casser les clichés de ne pas filmer un mec comme on a l’habitude de le voir dans le rideau de douche coller aux fesses.

Est-ce difficile d’être à la fois réalisateur et acteur ?

Ce n’est pas évident au départ mais j’avais tout préparé à l’avance ; en fait je visualisais énormément quand j’écrivais et du coup ça m’a vachement aidé. Après je n’arrivai pas à concevoir une autre manière de filmer la scène que celle que j’avais eu à l’écriture.
J’ai eu de la chance d’avoir Philippe qui avait coécrit avec moi et qui du coup connaissait bien le scénario. Il a été pour moi un véritable interlocuteur.
Parce que c’est aussi le danger quand vous faites un premier film à 28 ans. A côté du rôle à jouer ; j’avais 60 personnes à gérer. C’est au dernier moment que j’ai décidé de jouer le rôle.
Mon ambition première était de faire un film donc je me suis davantage concentré là-dessus que sur mon jeu d’acteur. Il y a plein d’acteurs qui réalisent et jouent dans le film sans que ça se passe mal. Alors je me suis dit pourquoi pas moi et je me suis lancé. C’est vrai qu’il est parfois difficile de donner des ordres aux gens par exemple quand je demande à François de courir dans la forêt en pleine nuit déguisé en petit baigneur, il râle et c’est à moi de le convaincre en lui rappelant que je suis tout aussi ridicule que lui et que moi aussi je me caille.

Avez-vous pensé à d’autres acteurs pour jouer le rôle de Bastien ?

Oui mais en fait pour la réalisation du film on avait très peu d’argent. Tout le monde a eu la gentillesse et le courage de le faire en participation totale. Du coup on a tout mis dans le film et ça faisait un comédien de moins à convaincre de jouer gratuitement.
J’avais très envie aussi de faire le rôle et ce n’est pas que pour des raisons financières que je l’ai joué !


Mon idole (prêts à tout pour réussir ?)
Comédie dramatique.
Avec Guillaume Canet, François Berléand, Diane Kruger, Philippe Lefebvre, Clotilde Courau
Réalisé par Guillaume Canet.
Date de sortie : 17 Décembre 2002



LyonClubbing a assisté à l'avant-première du film. L'avis de notre critique, Séverine Gamet :

"Un peu inquiète tout d’abord : admirant, comme beaucoup, Guillaume Canet en tant qu’acteur, je craignais qu’un premier film ne vienne ternir mon admiration...
Mais c'est un film à la fois grave et original voir totalement déjanté, une vraie réflexion sur un phénomène de société que celui ci a décidé de nous offrir.
Pour se faire il s'est inspiré de ces émissions de télé réalité qui semblent vouloir aller toujours plus loin, au point de finir par en être inquiétantes.
Ce premier film a un casting d'exception :
François Berléand, savoureux, homme d’affaires sans scrupules, lassé de tout, qui prend un plaisir palpable dans ce rôle, et apporte une grande partie de la dimension comique du film , notre héros Guillaume, en ambitieux jeune homme parfois benêt (il les joue aussi très bien...), Philippe Lefebvre (co- rédacteur), en présentateur manipulateur et avide de pouvoir et la charmante Diane Kruger en femme fatale qui tout comme François Berléand est à la recherche d'un bonheur introuvable.
Ce premier long métrage de Guillaume Canet en laisse supposer bien d’autres..."





←Liste Interview 
Copyright Suchastar.com

Pages les plus consultées par les internautes