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 IV My People : la Rencontre !

Le 23 Novembre 2002

IV My People : la Rencontre !

IV  My People : la Rencontre !

Kool Shen prend ses responsabilités et monte au créneau. L’album IV My People Zone matérialise enfin pleinement l’étendue des talents de son label mais aussi ses propres aspirations et vision du hip hop. Histoires du passé, du présent et du futur avec un Kool Shen revigoré.
IV My People Zone est l’album qui marque la naissance du label fondé par Kool Shen. L’affirmation peut paraître curieuse, plus de deux ans après la sortie de l’album de Salif et si loin de la sortie de l’hymne tiré du premier maxi historique, époque Busta Flex. D’autant que depuis, Zoxea, Salif, Madizm et Sec. Undo et dans une moindre mesure Toy et Sérum se sont imposés comme des artistes talentueux et prolifiques, les garants d’un hip hop à la fois street et finement ciselé qui n’est pas pour déplaire à leur capitaine de route. IV My People Zone est le vrai départ du label en même temps qu’il marque la fin d’une idée reçue : IV My People n’est pas un crew, il s’agit d’une maison de disques aux accents "familiaux", aux talents riches, variés et qui savent s’apprécier de Boulogne à Saint-Denis. Nysay (Salif et EXS), Sérum mais aussi Zoxea, Toy et Kool Shen se serrent les coudes pour élargir leur zone en accord avec leur vision idéale de la musique de rue. Une approche sans doute insufflée par un chef de meute au parcours hip hop exemplaire et jamais rassasié. Plus de dix ans après ses débuts officiels avec NTM, le patron n’est toujours pas repu. À l’écoute de ses troupes, curieux des nouveautés musicales et lucide sur les difficultés que rencontre inévitablement une entreprise comme la sienne, il relance les dés avec l’assurance que quel que soit l’avenir réservé à IV My People, il n’aura de toute façon jamais renié ses principes. Le jeu ne fait que commencer et Kool Shen mise lourd.

Quelles peuvent être les ambitions artistiques sur un album collectif comme IV My people Zone ? Kool Shen :
Pour moi, c’est de me dire que les artistes qu’on a signés chez nous sont capables de faire des choses par eux-mêmes avec une certaine qualité. Voilà la palette qu’on a amenée entre Madizm et Sec. Undo qui produisent 90 % des morceaux de l’album ; Sérum a trois morceaux représentatifs de ce dont ils sont capables ; il y a Salif, Nysay ; Zoxea on connaît, Toy a un morceau solo et moi. Le but de ce disque, c’est de présenter les artistes et de montrer ce que peuvent donner les albums qui arrivent derrière. Là, ce n’est pas l’album d’un crew IV My People, ce sont des morceaux où les artistes peuvent s’exprimer seuls, se faire reconnaître.


Est-ce difficile pour toi de suivre tout le monde ?
C’est vrai que pour ce projet-là, il faut un coordinateur parce qu’il y a du monde. D’ailleurs ce sont des projets éprouvants au bout du compte parce qu’on est trop, il y a trop d’avis, il y a trop de choses. Tu ne discutes pas avec un groupe mais avec tout le monde et tout le monde a un avis sur tout, et c’est normal. Par la suite, tout le monde va enregistrer ses trucs tout seul avec l’avis d’une maison de disques. C’est-à-dire qu’on vient pour écouter ce qui se passe de temps en temps. Mais les artistes sont un peu plus autonomes, un peu plus affirmés.

Pourquoi se limiter aux deux mêmes compositeurs du label depuis le début ?
Dans cet album, d’autres compositeurs interviennent. Tous les artistes sont libres de prendre des prods ailleurs s’ils ne trouvent pas ce qu’il faut dans ce que Madizm et Sec. Undo proposent. Beaucoup de gens font des productions de qualité. Moi-même pour mon album, si album il y a l’année prochaine, je ne prendrais pas que Madizm et Sec. Undo. À un moment, j’ai envie d’aller voir ailleurs. Sur les albums de NTM, on fait participer plein de gens à chaque fois, sur le dernier, il y avait sept ou huit producteurs. Sur ce plan, c’est open.

Pourquoi développer une artiste anglophone comme Toy via la France ?
C’est un dur challenge, mais c’est intéressant. Il y a des gens à IV My People qui sont motivés pour développer le truc. On fera comme d’habitude, on arrive en terrain méconnu mais c’était déjà le cas quand on a monté le label. On s’adaptera, on essaiera de ne pas léser l’artiste parce qu’on est un petit label… Évidemment, si on décide de sortir Toy à l’international, on fera une licence. On ne va pas arriver avec nos trois affiches et nos deux flyers pour envahir les États-Unis… enfin, commençons déjà par l’Angleterre…Je pense que même si en France, elle est en concurrence avec des gros artistes US, Toy a l’avantage d’être sur un label français, de pouvoir accéder à des interviews français plus proches et donner plus de temps. Elle a fait United We Stand, Are U Ready… On a travaillé pour qu’elle arrive à quelque chose. Petit à petit, elle arrive un peu à se faire connaître. C’est aussi pour ça qu’on pense que ça ne sert pas à grand-chose d’arriver trop tôt. Nous sommes en septembre et l’album doit sortir en mai, on se dit que pour créer un buzz, ça va être juste. On a surtout intérêt à avoir de très bons morceaux quand l’album va sortir.

Parmi les autres artistes du label, Salif est le seul à avoir sorti un album solo sur IV My People, quel bilan pouvez-vous en dresser ?
On a toujours été très content de ce qu’il a fourni et nous le sommes encore sur cet album IV My People. On pense qu’on s’est retrouvé face à des murs qu’on n’a pas pu abattre ou qu’on n’imaginait pas. Avec le boulot et les bons morceaux qu’il avait fournis, ça aurait pu aller plus loin que ce que ça n’a été. Après, c’est le public qui juge, tu ne peux pas faire autrement… Je sais que Salif est jeune, qu’il est blindé de talent donc je n’ai pas de souci : ce sera pour la prochaine fois.

Après deux ans sans sortie d’album, la nouvelle sortie IV My People est un album collectif. As-tu l’impression de repasser des étapes déjà franchies ?
Non, j‘ai l’impression de vivre de nouvelles choses. De toute façon, le départ de IV My People s’est fait dans une telle effervescence, qu’on n’a même pas eu le temps de réaliser qu’on se lançait. On a fait le quatre titres, ça s’est bien passé alors on a essayé de relancer avec les billes qu’on avait… Là, pour moi c’est une nouvelle aventure : il y a vraiment un nouvel album IV My People tout entier avec tout le monde. On a tous été dans le rush pendant un an et demi mais là on est plus posés, le truc arrive, l’ensemble est structuré, on sait ce qui va suivre. On sait que Sérum et Nysay sortiront début 2003, après ce sera au tour de Toy, puis au mien… Tout est organisé. Je vois ça comme le vrai départ de IV My people avec des gens assis qui savent ce qu’ils font au niveau de la promotion, du marketing, qui ont une vision globale. Avant, c’était quand même freestyle, il fallait quand même pallier les “on nous demande ça”, “y’a ça à faire. T’as oublié ?… Merde, c’était il y a un mois…” Le label était donc autant en développement que ses propres artistes ?
Ah ouais, à mort mais les artistes peuvent même nous le reprocher. On a loupé des trucs, on n’a pas été aussi pointu qu’une maison de disques, il y a des choses qu’on n’a pas su faire… J’accepterais ces reproches sans problème. Mea Culpa.

Tu pensais que ton expérience chez Epic via NTM te suffirait ?
Non mais je ne voyais la chose aussi compliquée que cela quand même. Il aurait fallu que j’y réfléchisse deux secondes pour m’apercevoir que ce n’était pas évident. Je ne pensais pas que mon expérience chez Sony suffirait. S’il n’y avait pas eu du travail derrière, avec ou sans un grand nom, on était mort. Mon nom c’est une chose, mais si je n’avais pas eu les artistes derrière, je n’aurais rien fait. J’étais quand même conscient que mon expérience au quotidien était trop faible pour gérer une maison de disques ; que j’aurais besoin de gens… mais même avec eux, on aurait des lacunes parce qu’ils n’étaient pas spécialistes de maisons de disques. On a appris sur le tas. Artistiquement, on savait faire en gros, c’est pour le reste qu’on n’avait pas envisagé la quantité de boulot que ça demande.

C’est frustrant d’être artiste et de se retrouver à gérer un label ?
Ce qui est frustrant c’est que tu prends du retard pour toi, en tant qu’artiste. Là, ça fait trois mois que je n’ai pas regardé ce que je pourrais faire dans mon album. J’ai encore pris trois mois de retard, ça, ça frustre mais bon… Gérer un label a un autre intérêt, moi ça me plaît.

Sans préjuger de la qualité actuelle du catalogue IV My People, regrettes-tu le trio de départ Kool Shen - Busta Flex – Zoxea ?
Non, je ne regrette rien, mais c’était une bonne combinaison.

Peut-on aujourd’hui avoir des éclaircissements sur le départ de Busta Flex ?
J’en ai déjà donné et lui aussi de son côté, mais je crois qu’en premier lieu il y avait le fait de lui dire de ne pas aller rapper ailleurs alors qu’il avait du mal à remplir son propre album. Ça a dû le frustrer un peu parce qu’il avait envie de faire des trucs ailleurs. Après on était un groupe et lui est plutôt individualiste, on a pu s’en rendre compte un peu par la suite d’ailleurs. Busta a son truc, il n’a pas envie d’être cloisonné. C’est ce qu’il a dit dans la presse et c’est comme ça que je l’ai interprété. Il n’y pas eu de mot plus haut que l’autre. Il a eu envie de partir. Peut-être en avait-il marre de voir le nom de Kool Shen trop associé au sien, et je peux comprendre sa réaction sur ce plan. Il avait envie de faire des choses à côté mais même avant qu’il parte, il savait qu’il pouvait le faire puisqu’il avait déjà monté Parabellum avec d’autres rappeur. En gros, je pense qu’il en avait marre de l’étiquette IV My People.

C’est un gâchis pour toi ?
Non… Il continue à faire de la musique… Ce qui est chiant, c’est que malgré tout le temps que tu passes et les relations que tu peux avoir avec quelqu’un, tu finis par te rendre compte que tu n’étais pas trop sur la même longueur d’ondes. Là, c’est un peu du gâchis, parce que tu as l’impression d’avoir partagé des convictions et qu’au bout du compte, ce n’était pas ça. Les choses ne sont durables que si l’on pense de la même façon et même quand tu as le même âge que quelqu’un et que tu es né au même endroit, à un moment il y a des divergences. C’est utopique de croire que l’on peut rencontrer quelqu’un qui pense exactement comme soi, donc je prends les choses comme elles viennent : on rencontre des gens, on traverse la vie ensemble… Il y a des gens avec lesquels ça dure longtemps, d’autres moins. Quand tu n’es pas bien à un endroit, il faut faire ses valises et partir. Moi je fais pareil : si je ne suis pas bien quelque part, je m’en vais.

Pourquoi avoir attendu si longtemps avant d’aborder ton propre album ?
Parce que j’ai fait d’autres trucs entre-temps… Parce que je n’aurais peut-être pas dû m’investir autant dans la réalisation des albums précédents, parce que j’étais là tous les jours comme le rappeur qui faisait son album. Quand tu commences à aligner les projets, pour quatre albums, tu as passé deux ans en studio durant lesquels tu n’as pas pensé à toi… En plus il s’agissait de deux ans effectifs, donc il faut bien que tu t’endormes un peu dans le canapé… Au total ça fait trois ans. En plus, je ne suis pas rapide et voilà !

Aux États-Unis, une expression dit que si le plus gros artiste d’un label est son patron, c’est que le label a un problème. Partages-tu ce point de vue ?
Pas forcément, non. Ce n’est par forcément un problème, en tout cas pour moi ça ne le serait pas. Je pense qu’il est possible de se donner à fond dans les deux domaines. Je pense que lorsqu’ils disent ça, c’est pour mettre en lumière des problèmes de recrutement plutôt que des soucis de gestion si tu es le plus gros artiste de ton propre label. En même temps, personnellement, je pars d’une position assez élevée qui est celle de NTM, donc c’est assez difficile de trouver un plus gros artiste… Il aurait fallu que je signe Doc Gynéco par exemple ! (rires) Maintenant j’aimerais bien que les autres soient plus haut que moi, ce serait tout bénéf’.

On te dit plutôt calculateur qu’instinctif, est-ce une vision juste selon toi ?
Quand tu choisis un artiste c’est quand même de l’instinct, en tout cas pour moi. Je choisis un artiste selon ce que je perçois. Après, on m’a donné un cerveau et j’essaie de m’en servir donc forcément, ça peut restreindre les instincts. Ou peut-être que je n’ai pas trop d’instinct… Après “calculateur” dans quel sens ? Si c’est sur le plan du business, c’est raté ! Soit je n’ai pas signé les bons artistes, soit je ne sais pas le faire. Ou alors je ne sais peut-être pas bien les réaliser pour que ça fonctionne réellement. Il y a des gens qui prennent trois artistes, ils font trois bombes avec. Peut-être qu’ils calculent mieux l’histoire… Je pense que j’aime suffisamment le rap pour être instinctif quand je choisis des artistes… Il peut arriver de suivre son instinct dans le travail puis de se rendre compte que ce n’est pas toujours la meilleure direction, il y a peut-être mieux à faire. Si commencer à réfléchir, c’est être calculateur alors oui, je le suis. Après, calculer pour réussir plus largement, ce n’est pas mon fort.

Sur l’album IV My People Zone, on note les présences d’Akhenaton et Dadoo. Est-ce que cela signifie la fin du "cloisonnement" IV My People ?
Oui mais, là encore, celui qui voulait inviter des gens de l’extérieur sur un album IV My People le pouvait. Je connaissais peu Djomaï et Granit avant que Salif ne les invite sur son disque. Pour Akhenaton et Dadoo, il faut rappeler que ce sont Madizm et Sec. Undo qui avaient envie de les avoir sur leur album en plus des artistes IV My People. On avait lu que Akhenaton aimait bien l’album de Salif et Salif a bien voulu poser avec lui. Je connaissais Dadoo, Madizm et Sec. Undo le voulaient. On l’a appelé, il nous a dit oui tout de suite et Sérum a voulu poser avec lui. Est-ce que c’est un signe d’ouverture ? Ce n’était pas vraiment fermé avant, on avait juste nos trucs à faire en priorité. Il est difficile de considérer la présence d’Akhenaton sur un album IV My People comme anodine. Y vois-tu un symbole ?
Non. Franchement, je n’y vois aucun symbole. On s’était déjà croisés avant… Il avait déjà évoqué dans des interviews la qualité du travail IV My People, je l’ai déjà lu… Je ne crois pas avoir dit un jour qu’Akhenaton ne savait pas rapper, ou pas écrire. Voir Salif et Akhenaton se chahuter sur un titre, avec en plus ces différences de génération, c’était intéressant… Je prends plus ça comme ça que comme un quelconque symbole. Il a écouté la prod’ et l’a aimée et moi de mon côté je trouve que le morceau n’est pas mal. Et puis il y a aussi un choc géographique : il habite à l’autre bout du monde quand même, à Marseille !! (rires) NTM et IAM forment une dualité fondatrice du rap français, comme les Beatles et les Stones dans le rock anglais dans d’autres temps… On a souvent parlé de conflits entre vous quel est le fond de l’histoire ?
Il y a eu des conflits, je ne vais pas les réexpliquer mais c’était des conflits de jactance. Quelqu’un dit un truc un peu plus haut que l’autre… notamment au départ. Ils ont fait une petite crise de parano sur un sample, leur ton est un peu monté alors on a été obligé de leur expliquer… En dehors de ça, il y a les éternelles jokes de Joey mais ce n’est pas toujours tourné sur IAM, il a d’autres boucs émissaires. (rires) Il aime bien !… Le parallèle entre NTM et IAM était facile, on parlait de la même réalité sociale, on est sorti en même temps, ils sont Marseillais nous Parisiens, ils ne sont pas mauvais nous non plus… On samplait sur les JB’s…

Est-ce que cette rivalité vous a servis ?
Oui, à partir du moment où on parle de nous dans les médias même si c’est juste pour dire qu’on est des casse-couilles ou qu’on est les rivaux d’IAM. C’est toujours bon à prendre. Et puis ça fait parler les gens… Mais je ne sais pas si ça a été essentiel dans le succès de notre groupe…

Penses-tu être parvenu à dissocier l’image de NTM de celle de IV My People ?
Oui, je pense y être parvenu aujourd’hui. Même si on va associer IV My People à Kool Shen mais tu ne peux pas avoir le beurre et l’argent du beurre : tu ne peux pas mettre ta gueule partout et espérer qu’on te dissocie. Mais je pense qu’aujourd’hui on a réussi à faire admettre l’idée que IV My People est très différent de NTM, comme BOSS l’est également. Je pense que quand on est ensemble dans le cadre de IV My People, on développe une alchimie particulière.

Le Clash de NTM a-t-il fait monter la tension entre BOSS et IV My People ?
Non, pas d’une miette ! D’ailleurs à B.O.S.S., ils jouent On fait l’show, ils font des dédicaces à IV My Peeps… Y a-t-il eu des périodes plus tendues entre vous ?
Pas plus que ça… Tendues n’est pas le mot.

Où en es-tu avec Joey ?
On est toujours en standby… Et vu que mon album est programmé dans un moment… La culture hip hop que tu véhicules et que tu as insufflé à IV My People n’est-elle pas trop décalée par rapport à la réalité du rap français ?
Si, si… à mort ! mais je n’ai pas envie de corriger ça. Je ne veux pas passer pour un prétentieux qui fait du rap cainri, je ne suis pas assez bon pour ça, je rappe en français. Ce qui est frustrant, c’est de se rendre compte qu’il existe un certain format rap dans lequel il faudrait s’inscrire. En même temps, avec NTM on a un peu tenu ce discours pendant un moment en mettant en garde contre ceux qui sortaient de ce qu’on pensait être le rap. Cela ne veut pas dire qu’aujourd’hui, je veux rentrer dans le moule mais en France, si tu n’arrives pas avec un certain style de musique, c’est plus difficile. Il est également curieux de voir, que ce soit pour BOSS ou IV My People, que ceux qui ont contribué à installer le rap en France ne sont pas ceux qui lui donnent sa tendance générale aujourd’hui…
Ben ouais parce que les jeunes ont suffisamment été entraînés dans un format pour que le rap ressemble à ça aujourd’hui. En même temps, cette année, certains groupes sont arrivés avec de très gros albums avec des grosses prods… Donc il existe quand même une tendance selon laquelle aujourd’hui, des artistes essayent de proposer autre chose. On n’est plus comme il y a quatre ans. À cette époque, c’était systématique : la musique devait ressembler à un truc précis. Il faut peut-être laisser du temps au temps aussi. Il faut comprendre qu’un jeune de 20 ans adopte ce qu’on lui propose et quand nous avons commencé avec NTM, c’était comme ça aussi. Ce n’est qu’au bout de trois albums qu’on a commencé à être plus sélectif et pointilleux. Quand tu es jeune, tu es un peu obligé de copier un truc existant sinon tu as peur de passer pour un guignol. Le côté “rap de rue” à un moment, c’était vendeur, si tu ne faisais pas ça, tu n’avais rien à faire dans le rap français. C’était le niveau zéro de la revendication, il n’y avait rien dedans, juste la même phrase que le voisin mise en boucle.

L’indépendance était-elle le bon choix pour IV My People ?
Oui. Même si par la suite, on place des artistes en licence, et malgré toutes les galères qu’on a connues, on a fini par mieux maîtriser les choses. Maintenant on sait de quoi on parle, donc c’était forcément une bonne expérience. Si on s’était pris une grosse baffe dans la gueule et qu’on avait été obligés de fermer, là il aurait été mieux de faire une licence avec une major. Aujourd’hui, on a vivoté, on a fait notre trou et en plus on l’a fait tout seul, je suis plutôt satisfait. Il ne faudrait pas qu’on prenne une gifle là.

L’avenir de IV My people est lié aux albums qui arrivent ?
Oui, à celui-là déjà…





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