Accueil →   Liste Interview  → 

 Benoit de Valicourt : « Zilli conquerra le monde »

Le 01 Mai 2006

Benoit de Valicourt : « Zilli conquerra le monde »

Benoit de Valicourt : « Zilli conquerra le monde »

Ce mois-ci LyonClubbing s’est intéressé à la maison Zilli, grande maison lyonnaise de luxe pour homme. Et qui de mieux pour répondre à toutes nos questions ? Benoît de Valicourt, l’homme de communication de Mr Schimel. Benoît, nous a reçu dans son bureau de la rue du Président Carnot sous un jour où il était grippé, mais vaillant, il a su tenir ses engagements. Nous y avons découvert un homme passionné par son métier et sa ville d’adoption. Propos recueillis par Sophie Seimpère


Présentez vous brièvement…
J’ai 34 ans et je suis marié depuis bientôt un an. Je suis originaire du sud-ouest et j’ai débarqué à Lyon en septembre 99. De juillet 2000 à décembre 2003 j’ai dirigé le Village des Créateurs du Passage Thiaffait (Benoît de Valicourt est le directeur fondateur ) qui est une structure destinée à l’accompagnement des jeunes créateurs de mode de la région. Depuis février 2004 je suis directeur de la communication de la Maison ZILLI.

Pouvez-vous nous présenter votre entreprise, son histoire ?
ZILLI est une entreprise familiale d’habillement masculin de grand luxe. C’est une entreprise qui s’est faite étape par étape avec comme point de départ 1970. C’est à ce moment là que Mr Alain Schimel (fondateur et Président de ZILLI) a racheté l’atelier d’un tailleur italien (à Lyon !) qui s’appelait Mr Zilli. Ensemble, ils imaginent de créer un vêtement sportswear de grand luxe pour homme. Petit à petit l’entreprise démarre et se développe en élargissant son offre et en développant une ligne complète pour homme : costumes, chemises, chaussures… Nous avons pris des parts de marché de plus en plus importantes et il y a quelques jours nous avons fêté les 35 ans de la Maison ZILLI ! En ce qui concerne les chiffres, 90 % de notre chiffre d’affaires est réalisé à l’export. Nous avons 18 boutiques dans le monde répartie sur 3 territoires : l’Europe, l’Asie du sud-est et le Moyen-Orient ; et 150 points de vente multi-marques.

Quelles sont vos fonctions au sein de ZILLI ?
Je suis directeur de la communication. J’ai en charge la communication interne et externe, les relations presse, les relations publiques, les relations institutionnelles et le packaging. J’ai un travail qui me passionne et j’espère que mon aventure va encore durer !

Vous êtes le premier directeur de la communication chez ZILLI. Comment s’est passée votre arrivée dans cette entreprise familiale ?
Avant moi, d’autres personnes ont travaillé sur la communication de la Maison. En ce qui me concerne, je suis arrivé là car il y a des concours de circonstances, des rencontres qui se font dans la vie et qui permettent de développer un certains nombres de choses et j’ai eu la chance d’avoir cette rencontre décisive avec Alain Schimel. En fait, le développement de l’entreprise avec une croissance depuis ces dernières années à deux chiffres, a peut être provoqué le besoin naissant d’un service de communication. En ce qui concerne mon « intégration », j’ai le sentiment que ça s’est bien passée. Vous savez, chacun a ses missions, ses fonctions et je crois réellement qu’à partir du moment où on fait son travail et que l’on s’investit à fond en général ça se passe pas mal !

Vous avez récemment fêté les 35 ans de la maison à Paris. Pourquoi ?
C’est très simple. Ce n’est pas par snobisme (comme certains pourraient le croire !) mais depuis octobre 2005, ZILLI est partenaire du Musée des Arts Décoratifs de Paris pour l’exposition «l’homme paré», exposition qui retrace l’histoire du vêtement masculin sur les quatre derniers siècles. C’est la première fois qu’une exposition de cette ampleur consacrée à l’homme est organisée en France. De plus, la Maison ZILLI a participé à cette retranscription historique puisqu’une de nos silhouettes était présente dans le parcours de l’exposition pour la période du 20ème siècle. Il se trouve que nous avons voulu « profiter » de cet évènement en organisant dans la continuité de l’exposition du musée notre propre exposition représentant les 35 années de créations de la Maison ZILLI. Quelque part c’était un aboutissement ; vous visitiez l’exposition l‘homme paré et vous terminiez par la période la plus récente et en rejoignant le Hall des Maréchaux vous découvriez l’exposition ZILLI ! Exposition éphémère bien sûr mais qui est encore dans tous les esprits ! En fait pour répondre à votre question, il y a des symboles forts au Musée des Arts Décoratifs et c’est uniquement pour ces raisons que nous avons fait notre soirée à Paris.

Vous pouvez donc nous rassurer sur l’attachement que la maison porte à Lyon ?
Evidemment ! ZILLI a conservé son siège à Lyon où d’ailleurs une partie de la fabrication est faite. Nous avons montré aussi notre attachement avec l’ouverture de la boutique à Lyon au 4 rue du Président Carnot et ses 250m² dédiés à l’homme. ZILLI n’a pas du tout l’intention de délocaliser sa production lyonnaise ; notre attachement est certain il faut en être assuré !

Une ligne complète pour la femme est-elle à l’ordre du jour ?
Et bien c’est en cours (il reste très secret, je lui repose la question). Ca sera la surprise pour 2007 ! Alors oui, il y a un projet qui restera dans l‘esprit de ZILLI ; une collection avec de très belles matières de luxe, des peaux, des fourrures…

Quels sont les futurs projets de la Maison ?
Au niveau du développement commercial, on travaille sur les prochaines ouvertures de boutiques à Saint Petersbourg et en Arménie. Plus loin, on pense déjà au marché de l’Inde et de la Chine. Et puis sur un marché différent nous nous développons aussi en duty free avec l’ouverture de deux nouvelles boutiques à l’aéroport de Paris Charles De Gaulle et à l’aéroport de Vienne en Autriche. On a aussi en projet l’ouverture d’une boutique dédié aux chaussures et accessoires (mais pas pour la France). Au niveau de notre offre, nous pensons à nous élargir au delà du vêtement, notamment vers la cosmétique.

Justement ça nous amène nous demander comment justifiez vous une telle réussite dans un contexte économique actuellement difficile ?
Un dicton dit que les riches s’enrichissent. Dans notre monde il y a des fortunes colossales, des personnes qui ont envie de luxe et qui peuvent aisément en profiter ! Le luxe dans le monde a une croissance de l’ordre de 6 à 7%. Le luxe se porte bien. Depuis quelques années, il y a un développement de l’économie par l’Est qui est impressionnant avec des gens immensément riche et qui en plus, aiment acheter des produits de luxe et c’est ce qui explique le succès de ZILLI. Enfin, une autre partie de notre succès est le respect de notre philosophie depuis 35 ans. La Maison s’impose avec une qualité à tous niveaux, dans le produit, la matière, le savoir faire et le service.

A quand une ouverture sur le monde de l’Ouest ?
Nous sommes présents à l’Ouest : à travers nos boutiques de Paris, Lyon, Londres, Genève, Rome, … et les points de vente multi-marques en Europe. Mais si vous parlez des Etats-Unis, pour tout vous dire, c’est un marché qui a été développé au départ, mais comme on sait, c’est un marché sur lequel il faut investir des millions de dollars pour avoir une crédibilité. Et pour investir des millions il faut une stabilité financière. En premier lieu il faut consolider les marchés actuels et après on pourra faire la conquête de l’ouest .(rires) Toutefois, je tiens à préciser que ZILLI est présent en boutique multi- marques à New-York, Beverly Hills, Chicago, Las Vegas, San Francisco, …

Que pensez vous de l’actualité mode à Lyon : expo Léonard, semaine de la mode… ?
Je suis un peu éloigné de part mes activités de ce qui se passe à Lyon dans la mode car je ne peux pas participer à tout. Je crois qu’il y a un phénomène qui s’est produit et amplifié. Mais rien n’est jamais gagné. Il faut consolider, construire ; je pense que Lyon a un potentiel pour aller plus loin. Je regarde ce qui a été fait avec respect car il y a des actions menées auxquelles on ne pensait pas il y a quelques temps. Je pense notamment au Village des Créateurs du Passage Thiaffait, je pense aussi au Marché Vintage. C’est une des actions autour de la mode dont on parle beaucoup à Lyon et en France ; je crois qu’il suffit de trouver le bon créneau, le bon positionnement !

Que nous manque t-il pour devenir une capitale de mode ?
On est par tradition encrée dans une culture de la création, du savoir-faire, des techniques, mais nous ne sommes ni star ni podium ! Lyon est la deuxième ville de France et restera derrière Paris en ce qui concerne la mode podium ; ce qui est étonnant au regard des autres capitales de mode qui la plupart du temps sont toujours les deuxièmes villes (Barcelone, Milan, Shanghai, Sao Paulo, …) Ces villes sont les capitales économiques et donc les capitales de mode ! Dans un schéma jacobin comme celui de la France, il nous manque peut être d’être la capitale du pays !

Votre dernier mot aux lyonnais ?
Lyon a la chance d’avoir une équipe de foot comme l’OL qui fédère toutes les générations ; toutes les personnes qui voyagent se rendent compte que l’OL est connu et fait donc connaître notre merveilleuse ville. Bravo ! Avec l’OL nous avons d’autres vecteurs de communication importants, mais ils sont moins utilisés. Le message que je voudrais faire passer est « n’ayez pas peur !», certes ce n’est pas de moi, mais Lyon ayant des atouts incroyables, nous devons le faire savoir et il ne faut pas avoir peur de le dire. Il faut être fiers d’être lyonnais, il y a de nombreux aspects de notre cité qui sont méconnues et que le monde nous envie. Chaque lyonnais doit être le porte parole de sa ville. J’aimerais que nous retrouvions le Lugdunum d’il y a 2000 ans ! C’était une ville avec un rayonnement incroyable, une ville carrefour. A l’époque, Lyon était une référence. Nous avons une histoire, un patrimoine fantastique, des activités économiques exceptionnelles, il y a de réels projets a mener et il faudrait que chacun se sensibilise à cette cause.





←Liste Interview 
Copyright Suchastar.com

Pages les plus consultées par les internautes