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 Nuits Sonores 2004 : Bilan et Interview de Vincent Carry

Le 25 Mai 2004

Nuits Sonores 2004 : Bilan et Interview de Vincent Carry

Nuits Sonores 2004 : Bilan et Interview de Vincent Carry

La deuxième édition des Nuits Sonores s’est achevée ce dimanche 23 mai 2004 à la point du Confluent avec les Siestes Sonores. Quatre jours de musiques électroniques partout dans la ville, des nuits de toute beauté et au final un mot peut qualifier ce cru 2004 : réussite. On murmure le chiffre de 30 000 personnes venues participer à cette édition, soit deux fois plus que l’année dernière. Récit d’une belle aventure…

Nuits Sonores 2004 : Le Bilan !
Le plus gros festival electro de France ! La voilà derrière nous cette deuxième édition des Nuits Sonores. Le rendez-vous était pris, tout le monde était à l'heure, et le résultat est là : les Nuits Sonores sont pérennes. Bilan de quatre journées de succès. L'évènement comportait effectivement des risques. La réussite du premier devait permettre d'aller plus loin dans la recherche de qualité sans enrayer la motivation des troupes. Il fallait de plus comprendre et corriger les erreurs sans se tromper de direction, certains attendant encore au tournant l'association sachant se faire bénir par la ville. Faire mieux qu'une précédente édition déjà réussie, était le but d'Arty Farty. Le principe n'a donc pas été changé mais amélioré : trois nuits entières de musique électronique dans toutes les variantes et même au delà, dans des lieux nouveaux pour la plupart. Un circuit électronique laissant carte blanche à douze collectifs lyonnais au lieu de six en 2003. Un parcours urbain encore une fois riche en culture électronique avec des lieux triés. Et une carte blanche à une ville européenne, pas n'importe laquelle, celle qui organise le festival électro dont s'inspire directement les Nuits Sonores : Barcelone et son Sonar. A quelques jours du festival, deux détails faisaient néanmoins encore parler les sceptiques. Tout d'abord la programmation qui, très complète ne satisfaisait pas tout le monde : Beaucoup d'artistes, allant du très connu au massivement anonyme, avec certains dont on disait qu'ils ne méritaient pas de figurer dans ce panorama des musiques électroniques. On ne comprend pas en clair ce qu'y font Wire et DAF, deux groupe rock issus d'un mouvement mort ou presque. Et puis le line-up de samedi, tellement diversifié, qu'un manque de fréquentation pourrait en être la conséquence comme ce fût le cas l'année dernière à la Halle (5 000 personnes tout de même mais pas suffisant). Le deuxième détail concernait la communication. Pas de matraquage 4x3 m dans toute la ville, juste des affichettes 40x60 cm et des fonds investis dans le tractage et la presse nationale. Les lyonnais, passés à côté de l'info pourraient-ils manquer à l'appel ? Tout n'était pas encore joué donc.

Un festival qui fait ses preuves...
Au final, on répond massivement à l'appel des Nuits Sonores 2004 et chaque soirée fait le plein de festivaliers en manque de son. Pas encore de chiffres exacts mais on parle de 4 000 pour les Subsistances et au moins 5 000 à la Sucrière (les deux soirées cumulées). On dépasse en tout cas sans doute les 15 000 de la première édition, circuit électronique compris. Circuit Electronique qui est d'ailleurs l'une des plus belles réussite de ce festival : Il est possible de secouer cette ville dans tous les sens et de faire exploser le cliché, nous l'avons vu ce jeudi 20 mai. Les douze structures organisatrices représentants la quasi-totalité de ceux qui font le quotidien electro lyonnais, montent seuls des projets, parfois complètement déments (Pi-night au MAC) et la fête à bat son plein de 8h du matin à 8h du matin le jour suivant. La gratuité de chacune des étapes permet à beaucoup de découvrir nombres de genres musicaux différents, on le constate au vu de la fréquentation par des non-initiés. Plus globalement, avec quelques étapes du parcours associé, ce circuit électronique permet même de démocratiser davantage les musiques électroniques en les rendant accessibles à tous.

Envergure européenne Comme en 2003, on ne vient pas seulement de Lyon pour assister au festival mais de toute la France et même de Suisse ou d'Italie (selon la billetterie) remplir les Subsistances et la Sucrière. Les trois grosses soirées qui s'y déroulent font rêver : le dancefloor est chaque fois plein, encore et toujours survolté. Les incohérences ne rebutent personnes. Mercredi soir on apprécie l'electro quasi-culte de Plaid et la techno de Derrick May. Vendredi soir on plane sur chacun des sets et si on ne tripe pas sur Wire, on se rend à l'autre plateau. Samedi soir si l'on est venu pour la grosse techno tête d'affiche (Jeff Mills, Josh Wink), on ne se lasse pas du break beat de début et de fin (Le Son du Peuple, Flore vs Cédric Benoît). Tout se déroule à merveille sans d'autre incident qu'une sur-fréquentation samedi soir. Alors que le soleil se lève sur le confluent, après les quatre jours les plus sonores de l'année, on se dit qu'on est heureux d'être ensemble à aimer la musique. On se dit à quel point il est rare d'assister (légalement) à ce genre de soirées à Lyon et même en France. On se dit qu'il serait bien que les Nuits Sonores 2004 permettent plus d'événements toute l'année. Et on se dit que l'édition 2005 du festival sera gigantesque, parce que celle-ci était énorme !


Vincent Carry, Mr Nuits Sonores,
dresse le bilan du festival de musiques électroniques !

Les quatre principales journées du festival sont terminées et le noyau dur acharné de fétards se retrouvait dans cette magnifique extrémité du Conflluent sous un beau soleil et un peu de vent dimanche 23 mai. Vincent Carry, coordinateur du festival est là aussi pour surveiller l'aboutissement de son oeuvre, et accessoirement pour répondre à quelques questions. Retour sur quatre nuits inoubliables.

Quelles impressions?
Un peu fatigué mais zen quand même. Je suis très content et pas complètement fracassé, juste bien !

Comment gère-t-on la mélancolie?
On la gère pas encore tout à fait car on est encore dedans puis on a quelques belles semaines de débriefing encore. Il y a quand même un petit côté baby blues auquel on s'habitue parce qu'on l'a déjà eu l'année dernière, mais ce qui prime, c'est la satisfaction d'avoir réussi a brassé la ville pendant plusieurs jours, avec un bel esprit de fête et du monde.

Combien de café pendant ces quatre jours?
Des tonnes.

Combien d'heures de sommeil?
12 heures en cinq jours.

Combien de coups de téléphone?
Sans exagérer, 450 euros de portable par mois

Le festival maintenant achevé, quel détail ne vous a pas complètement satisfait ?
Tout m'a satisfait, je suis emballé par chacun des spots qu'on à fait. La seule difficulté a Lyon ce sont les lieux. On essaye d'investir des lieux sympa, différents, innovateurs, comme la pointe du confluent où nous sommes, la Piscine du Rhône, l'ELAC. Ce ne sont pas forcément des lieux destinés a accueillir du public, dont c'est compliqué par rapport aux jauges, à la technique etc. On se creusera encore la tête l'année prochaine pour inventer des nouvelles choses, mais c'est un des points les plus difficiles à monter.

Quelques stupéfiants samedi soir à la sucrière, est-ce un détail dont vous allez vous occuper l'année prochaine?
On essaye. L'équipe est radicalement opposée à l'amalgame electro = drogue, d'autant qu'on est tous hyper clean. Il n'y a pas plus de stupéfiants dans la musique électronique que dans les autres musiques. Ensuite, il y la responsabilité individuelle, et la politique de santé publique qui doit être menée pour luter contre cela. C'est un problème générationnel qui dure depuis 50 ans. Ce n’est pas aujourd'hui qu'on le règlera. S’il y avait moyen de faire de la prévention efficace on le ferait, mais ce n'est pas en distribuant des tracts à l'entrée des salles que les gens vont arrêter.

Combien de temps avant de se mettre à la préparation du prochain?
Dans quinze jours ! On va aller a Sonar et on va s'y remettre.

Le festival était émouvant parfois, surtout en fin de soirée avec la sensation d'en faire partie nous aussi. Est ce que la politique de la ville à travers vous est de transformer Lyon en capitale de l'electro comme plusieurs grandes villes européennes?
C'est un raccourci. Lyon peut devenir capitale de 50 000 trucs, il suffit de le déclarer et c'est le cas. A l'exception de Paris ou se trouve la profession, les labels etc, Lyon est indiscutablement la ville en France qui a la plus belle scène électronique, par ses artistes, ses acteurs, et maintenant le festival qui vient renforcer cela.

Le plus gros festival electro de France?
Oui, aujourd'hui on peut le dire. Il vient souligner cette qualité lyonnaise. Lyon est une ville qui a sa carte à jouer sur la carte européenne.

L'équipe d'Arty Farty à fait un travail extraordinaire. Vous avez la réputation et vous avez aussi la bénédiction de la Ville. De quelle manière allez vous utiliser cela au quotidien?
On va continuer les rendez-vous des Echos Sonores dans l'année, on va poursuivre le travail éditorial du guide electro, et peut-être d'autres choses dans le multimédia. Et puis on va surtout essayer de créer des activités qui vont permettre à la structure d'exister sereinement, de pérenniser les emplois et de moins tourner dans la douleur. Ca à été hard de travailler comme cela pendant six mois bénévolement.

Aucune collaboration avec des lyonnais pour le création de gros évènements type Hypnotik?
Les collectifs lyonnais ont leur mission. Les Bee, les Dopebase et tous ceux qui organisent des choses tout au long de l'année peuvent le faire avec notre soutien occasionnellement. Mais nous ne somme pas là pour occuper le terrain non-stop. On prépare chaque année un évènement qui est important et qui restera la priorité.

Une petite anecdote pour finir…
C'est dur d'en choisir une. Ce qui m'a vraiment marqué c'est le boss de Sonar qui a passé trois jours à Lyon alors que son festival est dans trois semaines et qui a vraiment halluciné sur la qualité des Nuits Sonores. L'équipe de Sonar à été marquée par ce qu'ils ont vu là. C'est une belle reconnaissance! Revivez les Nuits Sonores au quotidien : articles, interviews, photos, les soirées, le parcours associé, le circuit électro… Le dossier le plus complet sur les Nuits Sonores, c’est ici !





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