Le 19 Mai 2004
Les Nuits Sonores, 2ème édition, au Quotidien !

Des Subsistances à la Sucrière, en passant par le circuit électronique, le parcours associé, les Siestes sonores, les apéros ou la carte blanche à Barcelone, la rédaction de LyonClubbing vous fait suivre les Nuits Sonores au quotidien, du 19 au 23 mai, la seconde édition du festival de musiques électroniques.
En 2003, cette manifestation dédiée aux musiques et aux cultures électroniques a séduit plus de 15 000 spectateurs en cinq jours sur les scènes principales, auxquelles s’est ajoutée la fréquentation importante du “Parcours Associé” et des “Apéros Sonores”.
Samedi 22 mai 2004
Nuits Sonores : La Sucrière
Le plus gros dancefloor !
La voilà, c'est elle, la plus grosse, la plus chère, la plus attendue nuit sonore de toutes les Nuits Sonores. Séparée en deux plateaux, elle représente un des plus gros dancefloor de France : Près de 4000 personnes présentes pour se déhancher jusqu'à plus soif. Une soirée sous le signe du gros et très gros beat dans plusieurs variantes, et avec une audience des plus chaudes de bout en bout. Aucune extravagance dans le line-up comme la veille, seuls de bon DJ et musiciens réputés. A l’étage Le départ de la soirée est donné par Klément Bonelli sur des sons très house-garage distillés par notre lyonnais signé sur Basement. La radio suisse-romande Couleur 3 débute alors sa retransmission de la soirée en direct sur les ondes suisses et françaises. A 23h00, Klément laisse les platines à Chateau Flight alias I:Cube et Gilb'R. On pouvait déjà compter près d’un millier de clubbeurs dans cette salle alors que la queue à l’extérieur grossissait à vue d’œil. Le mélange de House et de Break beat fonctionnait à merveille. Le grand Dj Spinna venu tout droit de New-York se décidait à prendre les platines vers 1h00 du matin. Là, changement de décor : il commença son set par des sons funky, hip-hop… Résultat : passage à vide dans la salle mais la house qui suivra mettra d’accord tout le monde, la classe de Spinna dans toutes sa splendeur. King Britt enchaîna sur les même bases, toujours house-funky et toujours efficaces. Il est 4h00 lorsqu'un autre américain venu de Philadelphie s’installe aux platines, en l'occurrence Josh Wink. Un set tout simplement splendide sur platines CD et final scratch. Parti de presque rien, il a su emmener progressivement le nombreux public sur des sons acid avec une technique irréprochable. Il était 5h30 Flore, Cedr'X et Matsa derrière les platines, et le jour qui se lève à l’éxtérieur. Flore et Cedr'X se relayaient pour mixer des sons breakbeat accompagné des scratchs de Matsa, champion de France DMC. Le rez-de-chaussé Ce sont trois djs des lyonnais archi-connus du Peuple de l'Herbe qui composent le Son du Peuple et qui ouvrent les festivités. Les multiples références (du hip-hop à la drum'n bass) qui font la particularité du groupe sont retrouvées dans ce mix, très dansant donc. Quelques maladresses techniques, selon eux conséquence d'une table mal placée (?!) n'ont que légèrement perturbé l'ambiance. Paraone et Tacteeldébutent ensuite leur live qui n'a plus rien a voir avec le hip-hop des collaborations avec TTC. Ce soir, c'est plutôt d'electro techno dont il s'agit. Des blips grouillant viennent compléter un rythme binaire qui chauffe de plus en plus les fans du genre. L'énergie des deux parisiens (une main en l'air, l'autre sur les boutons) y contribue d'avantage. La soirée continue, toujours plus stylée techno, et c'est au tour de l'allemand Smash TV d'entrer en scène. Sa voie, vocodée au max, se fond dans des mélodies « electro agressives », des rythmes techno complétant le tout. L'ambiance et la chaleur augmente encore et toujours, alors qu'on fait la queue dehors, les vigiles étant obligés de réguler les entrées et sorties. La salle est sérieusement remplie à ce moment et on sait bien que Jeff Mills y est clairement pour beaucoup. C'est à présent Angel Molina qui passe derrière les platines et l'ambiance explose dès les premières secondes tant le son est puissant. Cette grosse techno fait vibrer les cordes vocales et les mains d'un public rentré en ébullition. Le barcelonais, contentant grandement les organisateurs de sa présence ouvre définitivement le son techno tant attendu par une majorité. Encore un peu de patience puisque ce n'est qu'Alexander Kowalski qui suit Molina. L'allemand crée en live un son habituellement mixé. Laptop et boites à effets sont donc ses instruments, instruments qu'il utilise avec grande maîtrise pour rendre cette techno lourde et efficace. Beaucoup de variantes et de montées pendant plus d'une heure pour enfin accueillir la star. Pendant Kowalski, Jeff Mills se faufile discrètement derrière ses platine, effectue ses nombreux réglages et se lève enfin debout sous les acclamations d'une foule surchauffée. Une foule qui commence même à se compresser vers l'avant, dérangeant quelques danseurs acharnés. De la part de Jeff Mills et des ses trois platines, évidemment pas une erreur, pas une bafouille, pas un potard levé au mauvais moment, pas une boucle salement bouclée, en clair, du grand art. La grande salle du bas se retrouve quasiment bondée pendant les deux heures de sa prestation, rendant la salle du haut bien plus clairsemée à côté. 7h, le jour se lève et on danse encore et toujours à la Sucrière sur le son du parisien Freddy. L'ambiance est désormais étrange, un brin spatiale, teintée d'une mélancolie de fin de quelque chose. Même s'il reste les Siestes, débutant à peine une heure plus tard, on sait qu'on ne verra plus le jour se lever de cette manière avant l'année prochaine, avec ce bon son techno mais surtout avec autant d'énergies convergentes déployées pour que cela soit si particulier. Oh, on a bien vu qu'un an c'était pas si long !
Samedi 22 mai 2004
Nuits Sonores : Parcours associé
Pédagogie sonore : Expos et conférences autour de l’électro !
On est d'accord, la musique électronique est partout. Quasi inexistantes sont les productions qui ne nécessitent l'utilisation d'un ordinateur aujourd'hui. Mais saisissons nous réellement toute la portée de cette création musicale contemporaine ? Quelle est son histoire, ses particularités ? Comment a-t-on appris à maîtriser la machine, à l'utiliser dans un but artistique ? Plus que festif, ce deuxième panorama des musiques électronique se veut aussi pédagogique. A travers trois étapes de son parcours associé, le festival des Nuits Sonores nous enseigne les bases. Pi-Days : Des artistes, des vidéos, des installations et un workshop ! Les musiciens de Dopebase, Sorcerer et Bee reçoivent donc le public au Musée d'Art Contemporain pour lui faire découvrir les subtilités de la MAO (musique assistée par ordinateur), du mix avec platines vinyles ou du Vj'ing (vidéo en live). Dans une salle réservée à cet effet, enfants, ados, parents et même grand-parents défilent pour mieux connaître l'envers du décor de la performance sur scène. Une sacrément bonne idée qui fait évidemment mouche pendant toute l'après-midi de vendredi et samedi. Des mots, des sons : Action théorique et musicale. La Bibliothèque de la Part Dieu accueillait samedi 22 mai Mathias Delplanque et Bastien Gallet qui ont concocté pour l'occasion une conférence-concert en duo. Approfondie mais claire la conférence explique l'origine et l'évolution du son (majoritairement dancefloor) contemporain. Mathias Delplanque partage son savoir des courants dub, drum'n bass, jungle, electro-pop etc. Le concert vient lui étayer chaque argument d'un exemple musical. Bastien Gallet, grâce à son attirail (platines vinyle et cd, sampleurs), dessine l'illustration sonore appropriée. Parfois c'est l'inverse : Un détail musical permet d'enchaîner sur de nouveaux arguments etc. Efficace, ce système permet de ne pas noyer le public dans trop d'information en aérant musicalement le débat. Une chouette pseudo-conférence donc ! Dj Poulet à la BF15 Vendredi 21 mai, Dj Poulet du collectif Dopebase vient présenter à la gallerie BF15 des Terreaux sa nouvelle performance « d'utilité publique » : Un mix complètement truqué censé nous apprendre les tenants et aboutissants du métier de DJ. Derrière ses platines et dans sa belle blouse, Dj Poulet nous enseigne le « regard d'entrée du dj », « le balancier de bras » ou « le tripotement cool des potards ». Ce pur one man show musical, c'est évidemment avec accessoires et rétroprojecteur à l'appui qu'il le joue. Un bon moyen de faire un peu redescendre sur terre tous ces DJ si perchés, et de nous faire à l'occasion bien marrer !
Vendredi 21 mai 2004
Nuits Sonores : Piscine du Rhône
Carte Blanche à Barcelone !
La Carte Blanche des Nuits Sonores est cette année adressée à une grande métropole européenne en l'occurrence Barcelone, très connue pour son festival de musiques électronique Sonar. Pour la première fois en France, Advenced Music nous présentait le Sonar Sound avec une sélection d'artistes barcelonais à la Piscine du Rhône. L'idée de départ du Sonar, c'est que l'électro, avant d'être une musique pour s'éclater avec ses amis, est la forme d'art contemporain la plus populaire et c'est dans ce cadre magnifique au bord du Rhône que dès 18h30 le groupe Balago exécutait un live très émouvant. 2 Guitaristes, un bassiste, une batterie, un synthé et un PC pour une musique instrumentale d'ambiance très calme et très agréable à écouter. A la fin de leur live, le groupe Balago reçu des applaudissements mérités de la centaine de personne déjà présente. Le temps d'installer les platines et c'est au tour de Mousedown de nous faire découvrir ce son barcelonais. Les gens continuent d'arriver en masse et l’on peut déjà apercevoir quelques tête connus des nuits lyonnaises et leurs corps qui se déhanchent sur la House minimaliste de Mousedown. La nuit tombait petit à petit sur la piscine du Rhône et à 21h30, Undo et Vicknoise prenaient tour à tour en mains les platines pour distiller un son plus rythmé, de quoi ravir les centaines de personnes présentes. La Piscine du Rhône était comble et cette soirée pouvait s'achever en beauté avec un public en ébullition en particulier les nombreux espagnols qui avaient fait le déplacement...
Nuits Sonores : La Sucrière
Planante soirée !
Première soirée à la Sucrière donc. D'une variété de styles à toute épreuve, les deux line up ont fait voyager le public de la Russie au Japon, des 80's aux 00's, de la plus belle douceur à la plus rare turbulence. On commence avec l'Oeuf Raide (Jarring Effects) qui chauffe lentement les premiers arrivant. Son vidéaste est sur scène lui aussi, comme cela se fait le plus souvent, le rendant désormais plus artiste que technicien. Le set commence avec une courte vidéo de présentation rigolote mais la suite des images se révèle sans grand insert, trop brouillonne. Des break beats du lyonnais on passe à l'electronica ambiant d'autres lyonnais à l'étage. Les Brians mêlent très poétiquement de longues mélodies à d'efficace clicks and cuts. Ca ne rate pas, les gens s'assoient et s'élevent doucettement dans les airs. En bas commencent les Messer Chups, utilisant d'anciens films sci-fi et horreur, dans les samples comme dans les images, et mixant cela à une inoubliable surf music que l'inconscient collectif connaît bien. La featuring Lydia Kavina nous donne une leçon de TVOX, machine d'ou sort le célèbre wiouuüüü des films de martiens. Ce vieux système d'onde magnétique (semble-t-il) ne nécessite qu'un habile mouvement de main que la Russe maîtrise parfaitement. Le Warpeur Jamie Lidell suit avec une performance ahurissante d'improvisation électronique et de chant. De la plus inattendue des manière il mêle soul et electro et réussi a faire vibrer la foule mieux qu'en free party, uniquement avec sa voix et son humanbeat. Totalement survolté. Plus tard, en haut c'est l'alliance franco-japonaise de Tujiko Noriko et Lionel Fernandez qui sévit. La charmante japonaise espiègle et très actrice sur scène rappelle furieusement une très connue danseuse de l'ombre nordique. Le parisien Fernandez livre lui un son tant tonitruant qu'enivrant, et aussi paradoxal que ça puisse être, ça marche : les gens assis continuent de planer et c'est apparemment très agréable. Vers 2h30, ce sont les Anglais de Wire qui entrent en scène. Etrange... Pratiquement plus rien d'électronique, mais de l'électrique, du bon vieux rock, voir punk. Sans quelques années, même dizaines d'années d'expérience musicale, on ne saisit leur présence dans ce panorama des musiques électroniques. D'ailleurs seul les plus âgés comprennent, le reste montant à l'étage pour autre chose, FM Einheit. Une batteuse, un guitariste, un musicien electro et un mec qui martèle un ressort longiforme pour un résultat electro-indus bourdonnant. Au rez de Chaussée, c'est à présent DAF qui officie. Avec du rock-electro allemand sensuel et énergique qui ravit le public. Dernière performance que nous verrons, celle desCobra Killer, vers 5h du matin. Et quelle performance! Ces deux allemandes très sexy, s'enivrent de vin et de lait qu'elle boivent goulûment et avec lequel elles s'aspergent (c'est aujourd'hui leur anniversaire !). Elle se jètent violemment à terre trois fois par minute et sautent dans la foule, déjà très excitée par leur manque de tenue, dans tous les sens du terme. Le set se termine par un joyeux boxon, le public montant sur scène, même Jamie Lidell qui se vautre royalement dans une flaque de vin. Cette soirée restera inévitablement dans les anales, pour beaucoup !
Jeudi 20 mai 2004
Nuits Sonores : Transbordeur / Transclub
Circuit électronique : Soirée Goodlife !
Extra Records présentait ce jeudi 20 mai dans le cadre du circuit électro des Nuits Sonores la soirée Goodlife au Transclub (Transbordeur) avec Extra Records. Pour les novices, le label a été fondé en 1998 a Grenoble par le trio Oxia / The Hacker (directeurs artistiques) et Alexandre Reynaud (manager), et nommé d’après le classique techno-soul Goodlife d’Inner City. Son but : “Sortir de la musique sans contraintes”. GoodLife s’est imposé au sein de la scène techno internationale, grâce a une fusion de sons electro-retro-acid-new-wave funky avec une production techno résolument actuelle. Le décor est planté. 22h. Les premiers rythmes ont été distillés par l’un des programmateurs du festival en personne : José Lagarellos. Un set teck-house durant lequel le Transclub a rapidement fait le plein. Après les 3 800 personnes aux Subsistances, la contenance du Transclub explose avec près d’un millier de clubbeurs. C’est donc avec un dancefloor bien chauffé et déjà comble que Thomas Villard s’installe aux platines. Un mix orienté house d’1h30. La première partie Extra Record a tenu ses promesses et mis le public en très bonne forme pour accueillir l’armada grenobloise. Les festivités Goodlife commencent avec The Hacker (entre techno glaciale, penchants new wave et rythmiques plus hardcore, The Hacker se régale en imposant toutes ses influences). Coup d’œil dans la salle où l’on peut apercevoir nombreux DJ de la région, venus admirer ces artistes réputés. 3h. Human Body livre un live sublime ponctué par une standing ovation ! C’est au tour d’Oxia d’entrer en scène. Le Transclub se vide un peu. Les clubbeurs qui partent travaillent le lendemain et préfèrent économiser leur nuit, mais avec dépit « être obligé de rentrer pour bosser demain c’est dur, surtout pendant un festival comme celui-ci. Oxia assure, c’est une figure emblématique de la culture électro et son parcours en solo ou avec Phunky Data le prouve… Bonne nuit ! » nous livrait un clubbeur se dirigeant vers la sortie du Transbo. D’autres remerciaient les Nuits Sonores et particulièrement ce circuit électronique. Les étapes de jour et de nuit totalement gratuites pour profiter pleinement et sans retenue du festival : les guinguettes électroniques (sur lesquelles nous reviendront), les pentes sonores, architekture sonore, electrobahn, electro choc, electro circus, Goodlife, Kick on the dancefloor, Minimal Acts, Pi-Night, Shaker studio… Autant d’organisations, de lieux (Marquise, DV1, Rail Théâtre, Studio 1, Tansbo, La Voile, Ninkasi…), de mobilisation pour satisfaire la curiosité. Un pur bonheur. Revenons à nos moutons. Oxia jouera malgré tout devant une salle quasi-comble. Des sons tekno groovy mêlés à de l’électro, parfois plus mélodiques, enflammaient pour la dernière fois le dancefloor. Il est 6h, nous rechargeons les accus !
Circuit électronique :
Guinguettes électroniques, Pentes Sonores et Pi-Night !
Il semblerait qu'on ait répondu massivement à l'appel des collectifs lyonnais en ce jeudi 20 mai. Les lyonnais et les autres sont sortis mettre une ambiance jusque là rarement, si ce n'est jamais, vue dans les rues et lieux concernés. C'est bien simple, dès 14h, et jusqu'à 8h du matin, notre ville à grondé sous le son distillés par des collectifs intelligents et motivés. Des line-up originaux et éclectiques, voir prestigieux ont donc rameuté les foules. Aux Pentes Sonores premièrement, où Adamara, en collaboration avec la mairie du 1er et quelques établissements phares croix-roussiens (Bistroy et Belle Equipe notamment), proposent dub et jungle dans une ambiance de kermesse. La place Chardonnet ne cesse donc de frétiller sous les nappes de Big Dub Sound System (High Tone Crew) et plane au son du sytar indien de Masaladosa. Les Djs de Natty Bass Live viennent ensuite survolter d'avantage l'ambiance jusqu'à 23h. Le tout est interrompu régulièrement par des coupures de courant, mais loin de refroidir les gens, elles semblent les électrifier plus encore ! Les guinguettes ont elles aussi remporté un succès au moins aussi important que l'année dernière. Le collectif Exciters a donc présenté Dj et Djettes (les si mignonnes Kimi Clash et Ultrajaimie) sur la rue de l'Arbre Sec, notre barillo lyonnais, qui s'est remplie, remplie, remplie, jusqu'à l'arrivée final de l'invité Krikor. Electro-tek et tek-house à l'honneur jusqu'à 23h, mais dès 20h, on ne circulait déjà plus entre les bars, on ne pouvait que guincher… Finalement le Musée d'Art Contemporain même si quelque peu excentré s'est quand même bondé de monde jusqu'à plus soif pour la Pi-Night, et sur des styles on ne peut plus variés. Les collectifs organisateurs Bee, Sorcerer et Dopebase ont réussi le pari de mélanger l'Old School Hip-Hop de Kid Acné (Lex) avec l'electronica barrée et sur-pointue du prodige Yee- King (Rephlex), et le mix drill'nbass du belge X&Trick avec les flows des Mc's de Switch. L'ambiance, réellement bouillante par moment, à fait de cette soirée « la meilleure de toutes celles organisées jusqu'à aujourd'hui » selon Vincent Gonéra, président du label Bee Records. Après cette journée de fête, on ne peut plus qualifier Lyon de ville glacée. Au contraire, chacune des étapes à fait chaud au cœur par son ambiance, et de partout on prenait plaisir à sortir faire fondre ce cliché. Les organisateur des douze étapes de ce circuit représentent la quasi-totalités des acteurs qui font la vie électronique lyonnaise au quotidien, et ils nous ont montré jeudi 20 mai 2004 qu'il est grand, beau et fort ce quotidien. Eux tous, plus encore qu'Arty Farty nous crient désormais que l'explosion est en court. Toutes les infos sur Goodlife et les artistes : Oxia, The Hacker, Human Body, Kiko. Cliquez ici.
Mercredi 19 mai 2004
Nuits Sonores : Jardins de l’ELAC
"Je déclare ouverte la deuxième édition des Nuits Sonores à Lyon !"
But des organisateurs, Vincent Carry en tête : détourner l'endroit de sa fonction première. Ah? Mais organiser des fêtes devrait être la fonction première des Jardins de l'Elac ! Imaginez : une terrasse géante, avec gazon et bassin d'eau (malheureusement vide), plein soleil et electro à fond. Voilà donc la soirée d'inauguration des 2èmes Nuits Sonores. Mieux : imaginez Gérard Collomb, le maire s'improvisant « ami de l'electro » en venant scratcher du doigt un vinyle à Dr Nokman. Belle image non ? Belle image dans un chouette endroit donc ! A part cela s'enchaînent aux platines les susnommés Dr Nokman et Dj Ranium (mix mêlant Hip-Hop, break beat et jungle sur la fin), Cox6 (live en tenu de scène, retro années 70) et Marc Twins (set Electro-Tek de 21h30 à 23h00), qui peinent à remuer cette mondaine ambiance dans laquelle Patrice Béghain et Gérard Collomb se partagent les journalistes. Autre personnes évidemment sur sollicitée, c'est Vincent Carry, illustre Mr Nuits Sonores, qui lui, si on lui demande, ne changerait rien à son festival, et qui résume pas mal l'état d'esprit quand même légèrement tendu du moment : « dde toute façon c'est parti maintenant, on ne peut plus rien changer, mais on assume complètement !». On découvrira bien assez tôt si quelque chose était à changer; direction les Subsistances…
Nuits Sonores : Les Subsitances
Le voile se lève enfin sur la deuxième édition des Nuits Sonores !
Après quelques grignotages à l'Elac, rendez-vous donc aux Subs où deux gros sets très différents ouvrent ce panorama... Début de la soirée à 22h00 dans un cadre magnifique, avec une cour carrée couverte pour les DJs, une salle tout en long pour les lives, un restaurant et un chill out avec nombreuses tables et points de ravitaillement. Jusqu’à 00h30, une queue assez conséquente à l'entrée. La Verrière La configuration, un gros dancefloor, le montre de suite : ici pas de live, du mix et c'est tout. Et comme beaucoup le savent du mix pas par n'importe qui. Mais prenons dans l'ordre. Strat, le lyonnais ouvre le bal avec un mix classique mais qui rameute vite les foules. Déboule ensuite le Monstre Carl Craig qui introduit à son habitude jazz et soul dans sa techno. Les disques sont enchaînés à la vitesse du son et avec maîtrise. Puis vient le tour de notre petit lyonnais devenu grand, qui, selon certains puristes livre un mix « du tonnerre ». Agoria est accompagné par Pladfinderei, venu d'Allemagne pour distiller des vidéos mix sur les deux écrans géants que contient la cour carrée. Côté set, mix techno et pointe de fantaisie avec des remix de Nirvana ou Prince. Le public est aux anges et les mains se lèvent sur chacune des poussés. Public d'autant plus réceptif que suit le mythique Derrick May, venant de la ville de Ford et des obèses, Detroit. Le show est là, faisant monter une fiévreuse ambiance si rare en milieu de semaine. Ambiance qui restera bien présente jusqu’au lever du soleil avec Rolando. Salle Paul Grémet Ici, et pour la première partie au moins, on danse moins et on écoute plus. On écoute tout d'abord, comme sur chacun des sets de chaque soirée, un lyonnais, et même deux cette fois. Paral-lel, de chez Bee Records, inaugurent donc le son pointilleux et disons compliqué de ces nuits sonores. On ne se compresse pas devant la scène, mais le monde est présent et les oreilles attentives. Rechenzentraum entre en suite en scène et nous offre une musique a l'image de la vidéo qui l'accompagne : envoûtante. Il fait donc bon comater une petite heure devant ce live audio-video tantôt abstrait, tantôt plus réel. Et puis ça repose. Et on a besoin de repos, car arrivent juste après les anglais Plaid du label Warp. Très stoïques et concentrés, ils ne bougent pas, ils ne gesticulent pas , ils ne se bagarrent pas, ne gueulent pas, ne sautent pas, loin de là. Alors que dDammage, le duo suivant, si. Avec gueules d'énervés et sourires narquois, ces singes parisiens récemment produits en Angleterre explosent leur live avec fraîcheur. La soirée se termine, pas comme elle a commencé, avec du gros dancefloor, sur le son du marseillais David Carretta. Même si celui-ci n'a pas sa place sur ce line-up, la salle reste pleine et toute le monde se trémousse. Cette première nuit sonore 2004 plait donc. Tellement d'ailleurs que la jauge se remplie vite obligeant les vigiles à refuser à l'entrée. On ne peut que se rappeler à présent que, comme c'est bizarre, le précédent festival avait commencé de la même manière, et qu'il avait formidablement continué. Et Carry de donner le mot de la fin de cette première : « Formidable !». Evidemment. Toutes la programmation des Nuits Sonores : cliquez ici ! Dossier réalisé par Igal Kohen, Eric Balestié et Julien Lambert