Le 20 Mai 2003
Les Nuits Sonores : Le bilan !

L’un des plus gros événement de musique électronique jamais organisé dans notre belle ville vient de se terminer. Les Nuits Sonores, panorama des musiques électroniques, ont été un franc succès, et ont dépassé les attentes de beaucoup de monde. Retour sur un festival au succès non annoncé.
Les Nuits Sonores : Le Bilan
Bon. Ca y est, ces blanches et sonores nuits qu’on attendait de passer depuis des mois sont derrière nous. Heureux nous le sommes bien sûr, déjà d’avoir passé quatre jours musicaux inoubliables, et puis d’avoir dormi un peu, ça faisait longtemps. La tête reposée, nous laissons monter un brin de nostalgie, tout en se répétant que pas la peine de pleurer, plus qu’un an et on remet ça. Allez, encore un an d’accord. Mais qu’à cela ne tienne, car on peut déjà dresser le bilan de ces quelques folles nuits qu’on vient de vivre, en rêvant aux prochaines, encore plus belles. Alors jetons furtivement et pour la dernière fois, un regard mouillé par-dessus l’épaule et contemplons l’ampleur de la chose. Quelqu’un a des mouchoirs ?
Le chaud contexte pré-festival!
On ne peut vraiment pas dire que les Nuits Sonores aient débuté du bon pied. La pharaonique somme débloquée par la Ville à Arty Farty, assoc’ organisatrice, à fait grincer pas mal de dents. Comment éviter ces réactions, quand le budget alloué aux musiques actuelles sur l’année n’atteint même pas celui alloué pour un évènement de quatre jours, et quand les établissements diffusant de la musique électronique sont fermés à la chaîne, ou menacé de l’être. Pour certains, ça n’a pas fait un pli : une parfaite initiative des dirigeants de créer une culture lyonnaise des musiques actuelles formatée, tout en écrasant l’actuelle, trop dérangeante peut-être. Quoi qu’il en soit, l’événement est maintenant terminé. Rappelons qu’Arty Farty a pris pour ce festival des risques que personne n’avait jamais pris et c’est déjà fort louable. Malgré les quelques imperfections dans l’organisation, et pour un premier festival, le résultat est plus que satisfaisant, voir de grande qualité. Voyons donc ça de plus près.
Résumé d'un succès ! Un vide de dix ans sans gros événement dédié aux musiques électroniques (le dernier : Cosmic Energy en 94 à la Halle) et on comprend l’engouement des festivaliers pour les Nuits Sonores : Plus de dix mille entrées ont été enregistrées sur les quatre jours, plus que ce que prévoyaient les organisateurs. La Piscine du Rhône, choisie pour inaugurée l’événement, a accueilli 1300 personnes, toutes sur invitations. On pouvait y voir Gérard Collomb écoutant Spider, Flore, Colorblind ou Da Fresh, ce qu’on ne voit pas tous les jours… La première vraie nuit sonore, au Transbordeur, laissait déjà présager la réussite : pas assez de place pour tout le monde. Les deux salles de cet incontournable lieu remplies par 2100 personnes en furies, frétillants sous les beats de Green Velvet ou Luke Slater. Une soirée «qui a fait courir le buzz» explique Mr Nuits Sonores Vincent Carry. Effectivement, le reste a suivi. Le lendemain soir, on pouvait se rendre dans pas moins de six endroits différents, et tous se sont rapidement remplis de monde : On faisait la fête rue de l’Arbre Sec, pour les «guinguettes électroniques» ; on écoutait du bon son au Ninkasi, à la soirée FUNdamentals ; On regardait et entendait des œuvres au Musée d’Art Contemporain, à la soirée Architekture Sonore ; On dansait sur des musiques variées au Buldo, à l’Ambassade et au Sirius pour les soirées Abordage Sonore, F Com et Breakbeat Mafia. Un programme riche et varié composait donc ce circuit électronique du Jeudi 29 qui a lui aussi plu en masse. On aurait pu douter du succès de la soirée de vendredi, à la Sucrière. Les six artistes programmés n’étaient pas médiatiques ou peu et le cadre ne ressemblait vraiment pas à une salle de concert. Eh bien pas moins de 1300 personnes ont rempli cette ancienne usine du 2ème jusqu’au petit matin. De grands moments musicaux, par des artistes qu’on ne voit jamais à Lyon ont ravis les puristes et les autres cette nuit du 30 mai. Inoubliable. Finalement, la vraie grosse soirée la plus attendue, celle de samedi à la Halle Tony Garnier n’est pas celle qui a le plus marché. Evidemment, c’est celle qui a réuni le plus de monde, plus-grande-salle-de-concert-de-Lyon oblige, mais pas assez pour faire des bénéfices. Cinq mille personnes ont assistée aux mix de Felix Da HouseCat, Dave Clarke et Roni Size, mais il en fallait plus, sept mille pour rentabiliser. On raconte donc que les organisateurs seraient déficitaires de quinze mille euros pour cette soirée. Néanmoins, ces énormes têtes d’affiche ont très correctement fait vibrer tout ce beau peuple jusqu’à l’aube dans ce mythique endroit qu’est la Halle. N’oublions pas le parcours associé et les aperos sonores qui ont déplacé les lyonnais dans des galeries (Galerie Roger Tator), des cafés (Bus Café, Café Cuba), des bars (Cube, AKGB…) et pleins d’autres lieux pour leur faire découvrir la musique électronique. Mention spéciale à la Galerie des Terreaux qui aurait accueilli mille personnes par jour en moyenne ! Que dire de plus ? La sauce a pris. Les gens ont suivi le mouvement et pas que les lyonnais : on est venu d’un peu partout en France pour assister au Festival des Nuits Sonores. Nombreux témoignages s’accordent à dire que ces quatre jours ont été magnifiques et qu’il faut reconduire ça l’année prochaine! Alors on ne peut que féliciter Arty Farty pour avoir bien travaillé et espérer qu’on ne dormira pas pendant quatre jours fin mai 2004. Revivez le festival Nuits Sonores au Quotidien : articles, news, photos, interviews en cliquant ici !