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 Marie RIGAUD – Directrice du Printemps de Pérouges.

Le 15 Novembre 2007

Marie RIGAUD – Directrice du Printemps de Pérouges.

Marie RIGAUD – Directrice du Printemps de Pérouges.

Date de naissance : 8 mars 1972 (jour de la femme)
Lieu où elle achète ses vêtements : Kenzo
Les endroits qu’elle fréquente avec ses amis : les bars PMU
Ce qu’elle préfère : avoir peur Ce qu’elle déteste : que les choses soient trop simples
Son style de musique : le lyrique
Son style de livres : carnets de note
Ses loisirs : la brocante et le trekking

1- Vous êtes directrice et créatrice du Printemps de Pérouges. Pouvez-vous nous expliquer le concept ?
Cet événement est né suite à un coup de cœur que j’ai eu, en me promenant dans l’église forteresse de Pérouges. J’ai eu l’envie d’organiser une série de concerts classiques et d’en faire un festival satellite dans des lieux inhabituels et peu fréquentés, comme des usines par exemple. Le concept est de diffuser un concert autour de la voix dans tous les styles de voix et dans des sites différents, que ce soit l’église de Pérouges, une usine de Pérouges, un hall de gare TGV comme St-Exupéry ou l’amphithéâtre de la salle 3000 à Lyon. C’est un festival à géométrie variable autant sur le contenu artistique que sur les lieux utilisés.

2- Comment faites-vous pour monter un tel événement ?
J’ai besoin d’avoir une vie énergique et je suis une boulimique de challenges. Je décide de faire des victimes dans mon festival ou pendant l’année, j’identifie les artistes que je vais aller chercher au fin fond des Etats-Unis s’il le faut, comme avec Michael Bublé par exemple. Je m’acharne, je suis un serial killer de l’organisation de concert. J’ai besoin de vivre mon métier comme une vibration. Je suis moi-même musicienne et chanteuse, j’ai un amour infini pour la scène, la musique et j’ai envie de vivre des défis, d’aller au bout et de conjuguer la partie artistique et le business. Trouver des partenaires, des sponsors, être dans le business du spectacle est passionnant. J’aime toutes les facettes de ce métier et je me suis aussi découvert une passion pour la communication, puisque je la gère.

3- Comment vous y prenez-vous pour faire venir les artistes ?
Je suis un peu gonflée, mais spontanée avant tout. Je n’hésite pas à aller les rencontrer à la sortie d’un concert. Si cela devait être un Sting, ce serait pareil. Je les accroche justement par la différence. Je suis convaincue qu’un artiste est une personne comme tout le monde, ayant une sensibilité aiguë. Du coup, ils se disent : « Tiens, elle a peut-être quelque chose de différent. Pourquoi vient-elle me trouver là, à Vegas ou à New York, pour me faire venir dans son festival inconnu ? » Ils sont intrigués et veulent en savoir plus…

4- Quel artiste vous a le plus marqué ?
Claude Nougaro ! Il est aujourd’hui une référence, un monument, quelqu’un de sacré. Il fait parti du panthéon des poètes et chanteurs. J’ai réussi à le faire venir au festival, dans une salle de 150 places, dans un cadre inhabituel pour lui, qui n’était autre qu’un prieuré au fin fond de la Plaine de l’Ain. J’ai partagé des moments de convivialité avec lui autour d’une table, d’un verre de vin. C’était une personne simple et spontanée. J’aime que l’on tombe toutes ces barrières d’inaccessibilité qui finalement font partie du fantasme d’ailleurs, car en général les artistes sont très accessibles et je me souviens d’avoir beaucoup ri avec cet homme pendant deux jours. Cela m’a marquée car c’était quelqu’un d’exceptionnel et il m’a donné l’envie de continuer ce que je fais. Je vis mon métier comme quelque chose d’incertain. Je me remets souvent en question et j’aime ça, car tout n’est pas tracé et évident.

5- Avez-vous une anecdote sur l'un des festivals ?
Oui. J’ai envie de parler d’Al Jarreau. J’ai eu la chance de chanter avec lui. Je l’ai harcelé. Je suis d’abord allée le voir en Tunisie. J’avais déjà signé le contrat, mais, trois mois avant qu’il vienne à Lyon, je lui ai expliqué que je le faisais venir dans l’une des plus belles salles de Lyon, la salle 3000. D’ailleurs, il a fait le 1er concert de cette salle. Je lui ai expliqué que j’étais chanteuse et à ce moment précis, j’ai eu cette espèce d’intuition de chanter devant lui. Il a été surpris voir même charmé… Je lui ai proposé de faire un duo lors de sa venue à Lyon. De plus, cela concordait avec les trois mois du festival. Ce fut une forme de cadeau d’anniversaire. Lorsqu’il est arrivé à Lyon, deux heures avant le concert, il m’annonce qu’il ne se sentait plus de le faire. Il avait prévu de me prendre sur le vif et de me lancer un défi… Il m’a appelé sur scène et c’était un moment magique. Les gens m’en parlent encore aujourd’hui, deux ans plus tard. C’est un événement qui m’a poursuivie... il a été formidable. Il m’a rappelé une semaine plus tard, sans que je m’y attende, pour me remercier et me dire qu’il avait trouvé sympa que l’on ait chanté ensemble, que c’était un concert qui avait compté pour lui. À ce moment-là, c’est l’hystérie complète pour moi ! C’était génial !

6- Vous êtes chanteuse lyrique. Est-ce un rêve de petite fille ?
Non. C’est arrivé lorsque j’avais 18 ans. J’ai commencé à chanter dans des chorales régulièrement. Je chantais plus fort que les autres, alors on m’a écartée et je me suis mise à faire du chant en solo. J’ai pris des cours privés et au conservatoire. Malgré tout je suis chanteuse lyrique de passion, mais pas de profession…

7- Vous n’auriez pas aimé justement en faire votre profession ?
Non. Je pense que je n’aurais pas été capable, car c’est un métier qui est d’une exigence monstrueuse. Il faut avoir non seulement une voix, mais également un mental de folie. Je crois que je serais tellement angoissée et stressée que j’aurais eu un peu de mal et de ce fait plutôt que d’avoir des remords ou autres frustrations, j’en fais aujourd’hui une force. Je me dis que ce qui me plait le plus est de faire des one shot, des duos inattendus. Je travaille régulièrement ma voix, mais je ne suis pas à me dire que je veux faire une carrière internationale.

8- Le 2 novembre dernier, vous avez fait venir Michael Bublé à Lyon ? Comment s’est passée la rencontre ?
Formidablement bien. Je suis allée le traquer trois fois aux Etats-Unis et pas plus tard qu’au mois d’août dernier à Seattle, j’ai vu pour la première fois son nouveau show et c’est quelqu’un de très accessible avec qui j’ai de vrais atomes crochus. Nous sommes de la même génération et, avant d’en être là où il en est de sa carrière, c’est un artiste qui a fait 10 ans de café concert, à Vancouver notamment, et qui a le sens des réalités. Il est spontané. C’était un vrai bonheur. 99- Pour finir, quels sont vos prochains événements ? J’ai prévu d’organiser un concert avec Fréquence Jazz en avril prochain à la salle 3000 avec un trio magnifique qui s’appelle Tord Gustavsen Trio. C’est un jazz plus pointu que Bublé ou Al Jarreau, beaucoup moins grand public mais c’est le coté un peu exceptionnel de l’évènement. Nous allons également produire Liz Mac Combe, en juin prochain.
Marie Rigaud, merci Propos recueillis par G. Chaniol





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