Le 04 Fevrier 2009
Jérôme Gervais « un mec qui a du pot !»
Ce mois-ci, je suis partie à la rencontre de Jérôme Gervais, jeune comique montant de la scène lyonnaise, 100 % naturel. Cher lecteur, je vous demande d’être indulgent, nous avons l’honneur d’être les premiers à parler de lui ! Et surtout, courez voir son premier spectacle. Un one man show déconnant à l’humour grinçant, à découvrir à l’Espace Gerson le 16 mai. En attendant, Jérôme Gervais se produira le 7 février à St-Agrève en Ardèche, et le 16 mars il faudra le soutenir pour la présélection du festival de Mâcon à l’Espace Gerson.
Date de naissance : 10 mars 1985
Sortie de prédilection : le marché saint Antoine
Destination idéale : l’Australie
Qu’est-ce qui vous fait vraiment rire ? Les blondes
Une odeur qui vous donne le tsa tsa tsou : les crêpes de ma maman
1- Présentez-vous brièvement
Je suis né à Lyon dans le 9e et j’y vis toujours (en colocation désormais). J’ai passé mon enfance dans le village de Pollionnay, « 1200 vieux, 300 vaches, c’est la limite de la surpopulation ». Très rapidement je me suis découvert trois passions : la pâtisserie, être pompier et la scène bien sûr (un peu plus tard). En parallèle, j’ai donc été pompier volontaire et pâtissier pour des grands noms : à la Villa Florentine et à Londres chez les frères Pourcel.
2- Comment passe-t-on des fourneaux à la scène?
J’ai toujours fait beaucoup rire mes amis, j’étais un élève dissipé en classe mais sans jamais dépasser les limites quand même. J’ai donc suivi ma destinée. Et puis un jour, au cours de la réalisation d’un dessert au chocolat à la Villa Florentine, j’ai eu une révélation. J’ai eu cet appel du rire, j’ai senti qu’il était temps. Je crois en mon destin.
3- Cela fait un peu plus d’an désormais que vous avez tenté l’aventure, comment avez-vous saisi votre chance ?
Tout d’abord j’ai réfléchi. À savoir, où faut-il aller ? Quelle porte pousser? Par chance et car je crois en ma bonne étoile, je me dirige vers l’Espace Gerson. Là, je fais la rencontre de Gilbert Lendrin, qui me met en relation avec Céline Iannucci (l’acolyte de Florence Foresti). Tout de suite, Céline me prend sous son aile et me demande de lui montrer de quoi je suis capable. J’écris alors mon premier sketch, que je lui présente en tête à tête ce qui est impressionnant, mais à ma grande surprise, elle me propose tout de suite de faire la première partie de son spectacle, nous sommes en novembre 2007. Cette aventure me confirme que je veux faire de la scène mon métier. Je me mets sérieusement à l’écriture. En parallèle, car il faut gagner sa vie, j’enfile la casquette de facteur afin d’avoir du temps libre l’après-midi.
4- Actualisez-vous vos textes ?
Oui, tout le temps, car à force de jouer, j’enrichis mes vannes ! Je m’inspire beaucoup de mon quotidien, de ce que je vis, mais aussi de ce que je vois. Ce que je recherche avant tout, c’est l’interactivité avec le public. Je suis à mi-chemin entre le stand up et le one man show.
5- En ce moment, de quoi vous inspirez-vous ?
Je suis très inspiré par les cons ! Et l’avantage avec ce genre d’individus, c’est que quand ils disparaissent, il y en a toujours d’autres qui se bousculent au portillon. Il y a un infini de cons… (rires). Je suis actuellement en cours d’écriture d’une histoire que j’ai vécue personnellement avec une demoiselle, et je parle aussi beaucoup des relations virtuelles et du pouvoir d’internet qui donnent quelques situations cocasses. J’ai en tête une anecdote avec un de mes colocataires, qui pour me dire « le dîner est prêt », m’a envoyé un e-mail ! C’est énorme !
6- Avez-vous un rituel avant de monter sur scène ?
Je pisse sur les rideaux pour marquer mon territoire (rires). Réellement, je pense fort à mes parents, car ils sont mon soutien au quotidien, ils me font confiance. Dans mes moments de doutes, ils sont optimistes, ils sont ma force. Dès que je pense à eux, mon stress disparaît et j’entre en scène, pour 1 h 30 de bonheur.
7- Avez-vous un secret pour faire rire une salle ?
Malheureusement non ! Il faut être vrai, je crois, et surtout avoir un bon feeling avec son public…
8- Et avez-vous une astuce pour justement ne pas prendre de fou rire ?
Je crois surtout, qu’il ne faut pas se retenir, car le public le ressent. Il est n’est pas toujours évident de faire abstraction d’un rire expressif surtout au premier rang. Mais il faut très vite se recentrer sur son texte.
9- Et l’amour dans tout ça ?
Mon cœur est pris par la passion des femmes, elles sont mon inspiration au quotidien. Mais une, fait particulièrement chavirer mon cœur. Je vis mon histoire au jour le jour, car j’ai envie que ça se passe bien. « Le mariage ce n’est pas la mer à boire, c’est juste la belle-mère à avaler. Et elles sont comme les pruneaux peu importe comment tu les avales, ça fait chier !» (extrait du spectacle de Jérôme Gervais). Le mariage, je ne suis pas encore prêt, je n’ai que 23 ans, mais je ne suis pas contre.
10- Quel est votre pire souvenir sur scène ?
J’ai joué devant 10 personnes dans une salle qui comptait 130 places. La moyenne d’âge était de 60 ans, pas la peine de dire que nous n’étions pas sur la même longueur d’ondes, certains se sont endormis, je me suis senti bien seul !
11- Votre meilleur souvenir ?
Sans hésiter, ma qualification à Livron-sur-Drôme en octobre dernier pour la finale du festival « Tremplin d’humour ». Elle a lieu le 31 janvier (NDLR : à l’heure où nous imprimons le délibéré n’a pas eu lieu). Mais je suis gagnant dans tous les cas, car participer est déjà une victoire !
12- Quelle est votre référence dans la scène actuelle?
J’admire Christophe Allévèque pour sa critique dénonciatrice, Dieudonné pour son talent scénique, Sellig pour son énergie, son écriture ainsi que Florence Foresti qui me fait beaucoup rire. D’ailleurs, je me retrouve en elle et Sellig car comme eux, j’aime parler de la France populaire et du quotidien de chacun.
13- Avez-vous confiance en vous ?
Je me remets sans cesse en questions. Je relis tous les jours mes textes. On a facilement un coup de blues, mais grâce au soutien des miens, je me relève et je me bats pour défendre mes envies, mon écriture. Et tant pis, si je n’ai pas de scène, je joue chez moi.
14- Je te laisse carte blanche pour finir…
Si vous croisez 3 cons aujourd’hui, gardez le sourire, il y en aura autant demain…Venez tous le 16 mai à l’Espace Gerson pour la sortie officielle de mon premier one man show. Je vous assure, il n’y aura pas de cons.