Le 03 Mars 2008
André Manoukian: Jazzman aux mains d'argent!

Ce mois-ci, LyonClubbing a eu la chance d'avoir notre "Dédé" national en interview exclusive. "La nouvelle star" venant à peine de commencer, André, qui a très peu de temps, nous accorde un petit moment!
Date de naissance : 9 avril 1957
Resto favori à Lyon : Chez Arthur, café littéraire ou Les Négociants
Le lieu le plus sympa de Lyon : les quais de Saône
Nous le connaissons tous : il squatte nos écrans télé de mars à juin depuis déjà plusieurs saisons. Il est notre nouvelle star à nous, celle qui joue sur les mots, nous fait pleurer de rire avec ses phrases cultes. « Dédé » pour les intimes, Monsieur Manoukian, pour les mordus de jazz, il nous a fait rêver avec ses notes de musique, il nous a fait chavirer avec ses mots et continue de nous ravir au sein du nouveau jury de M6. Amoureux des belles voix, pianiste philosophe, musicien de l’ombre, André Manoukian charme toutes les femmes et elles le lui rendent bien. A seulement quelques jours du début d’une nouvelle aventure (A la recherche de la nouvelle star et son livre la mécanique des fluides), André nous accorde une interview exclusive ! Et après délibération de notre jury, on décide de lui donner quatre « oui » pour devenir la star des pages LyonClubbing !
André Manoukian, présentez-vous pour nos lecteurs qui ne vous connaîtraient pas encore :
Je suis un musicien décalé, un jazzman qui est parti dans la chanson, un musicien qui est parti à la télévision, un homme de gauche dans un univers de droite. Ne jamais être à ma place, voici l’histoire de ma vie. Alors nous allons reprendre un peu la chronologie de votre carrière : pianiste depuis l’âge de 7 ans, vous faites vos classes à la Berklee School of Music de Boston. Puis vous montez un jazz band, Horn Stuff. Vous découvrez en 1983 Liane Foly et lui écrivez des succès comme Au fur à mesure et Doucement. Est-il plus simple d’être en back stage que sur le devant de la scène ? Oui, avec un oui, deux oui, trois oui, quatre oui ! Vous avez entièrement raison. Lorsque l’on est sur le devant de la scène, on est automatiquement confronté au monde impitoyable des médias. Même si je commence à relativement bien maîtriser cet aspect là de la médiatisation, il y a toujours des risques de dérapages : un petit mot, une simple phrase peuvent être montés en épingle par les journalistes. Il faut être très prudent, il faut savoir utiliser les bons mots, gérer et driver le ton de l’interview et surtout être très prudent. Et moi qui suis très naturel, j’ai parfois du mal à répondre spontanément tout en étant sur mes gardes. C’est pour toutes ces raisons que je préfère être un homme de l’ombre.
Vous avez également travaillé avec de grands artistes comme Michel Petrucciani, Charles Aznavour, Gilbert Bécaud, Nicole Croisille, Janet Jackson, Myriam Abel, Camille Balbaz. Est-ce que l’une de ces rencontres vous a profondément marqué plus qu’une autre ?
Je garde en mémoire le dernier enregistrement que j’ai fait avec Michel Petrucciani, seulement un mois et demi avant son décès : deux heures passées en studio avec un mec formidable, que j’appréciais beaucoup. Je me retrouvais dans la peau d’un pianiste qui tombe amoureux d’un autre pianiste et je garde un souvenir très ému de cette dernière rencontre. C’était un musicien fantastique, tellement drôle, plein de joie de vivre. On finissait par oublier l’état dans lequel il était, tant il aimait rire et profiter de chaque instant. Il m’a donné une grande leçon de vie, une grande leçon de musique et une grande leçon d’amour. C’était une magnifique rencontre et je garde un très beau souvenir de cet enregistrement.
André Manoukian, vous êtes l’homme de toutes les situations : compositeur de musiques de film (Jean-Philippe et Quatre étoiles), vous doublez une voix dans un bonus de Shrek II, vous êtes juré à La Nouvelle Star et travaillez toujours en studio. Quel est le secret de Dédé ? Boulimique de travail ?
Boulimique ? Ça, c’est une bonne question. Vous voulez savoir pourquoi est-ce que je fais tout ça ? À vrai dire, je n’en sais trop rien. Je me dis qu’il faut profiter de la vie pour faire plein de choses différentes et je suis un homme qui a la chance de faire énormément de choses qui l’intéressent. J’ai bien galéré pour en arriver là, j’essaie aujourd’hui simplement d’être moi, sans trop de compromis et ça, c’est un travail de tous les jours.
Alors justement, parlons de cette nouvelle saison de La Nouvelle Star. Vous participez à l’aventure depuis le début et vous êtes l’un des jurés préféré des Français, notamment pour vos phrases chocs. On vous décrit comme un philosophe psycho-érotico-cosmique. Cette année sera-t-elle encore riche en envolées lyriques et autres compliments déguisés ?
Oui, il y en aura, c’est sûr. Mais cette année, la nouveauté est que je ne serai plus tout seul à « m’envoler lyriquement ». Mon maître, l’instigateur de cette folie des mots est Philippe Manœuvre qui me rejoint cette saison (Philippe Manœuvre : membre du jury et rédacteur Rock&Folk, ndlr). Et je vous assure qu’à deux, ça promet vraiment. C’est un plaisir d’être à côté de mon inspirateur ! Pour revenir aux candidats, j’ai entendu dire que vous composiez le nouvel album de Gaëtane, la jeune chanteuse jazzy de la saison 4. C’est votre truc d’écrire pour des filles aux voix de velours ? Oui, c’est sûr. Pour comprendre, il faudrait lire mon nouveau livre La mécanique des fluides, dans lequel j’explique cette attraction vers les belles voix jazzy. Pour tout vous dire, mon père était tailleur pour femmes, de métier, et moi, j’ai un peu repris le flambeau. Mon tissu de prédilection est le velours. Prenez l’exemple de Gaëtane, qui m’a envouté l’an passé avec cette voix si particulière. Je lui ai « taillé » un album sur mesure. C’est cela aussi mon métier, j’habille la voix-velours avec des arrangements musicaux. (Sortie de l’album de Gaëtane Abrial le 25 mars, Cheyenne Song, Virgin)
Et si nous jouions un peu ? Vous répondez à mes questions le plus spontanément possible, ok ?
- Votre plus belle rencontre : Gilles Deleuze.
- Votre plus grande fierté : mes enfants. -
Votre plus grand rêve : savoir apprécier l’instant présent, j’ai un peu de mal.
Revenons à La Nouvelle Star. J’ai quelques petites questions à vous poser :
- Le candidat que vous avez préféré dans les saisons précédentes ? Gaëtane
- Si vous aviez dû faire un duo avec l’un d’entre eux, lequel ? Gaëtane et je l’ai fait d’ailleurs !
- Le nouveau jury, il est comment ? Il est « Top la ouate », le nouveau jury donne une analyse plus pointue, tout cela avec beaucoup de charme, d’humour et d’esprit.
LyonClubbing est le city mag lyonnais. Alors pour tous ceux qui aimeraient vous croiser dans notre ville, dites nous un peu quels sont vos endroits favoris dans la capitale des Gaules ?
Les quais de Saône bien sûr, c’est un endroit très romantique. Cela me fait un peu penser à Florence ou à Rome, St-Jean est construit comme une ville italienne, j’aime beaucoup. Sinon, je vais souvent Chez Arthur, un café philo sur le cours Gambetta. Et lorsque je veux bien manger, direction la place Sathonay, dans un petit bistrot très sympathique.
Bien, pour terminer, pouvons-nous faire un point sur vos projets pour 2008 ?
J’ai le projet d’un album de jazz sur lequel j’invite des chanteuses (aux voix de velours justement !) à se joindre à moi, pour des reprises, des compositions originales, à consonance très jazzy. Et puis, pourquoi ne pas écrire un vrai roman (rires). Je commence à prendre goût au travail d’écriture. Mais là, il faudrait que je m’y mette un peu plus en profondeur. J’y songe ! Et une petite phrase comme celle dont vous avez le secret pour LyonClubbing ? LyonClubbing, c’est Isis (déesse égyptienne, ndlr) dévoilée sur les mystères nocturnes de Lyon. Crédit photos : ©M6/Renaud Corlouer
Ajouter un Evenement sur l'agenda | Ajouter une adresse sur l'annuaire | L'equipe | Nous Contacter | Les festivals
Copyright LYONCLUBBING 2008