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 Benjamin Biolay : Un artiste complet

Le 08 Juillet 2011

Benjamin Biolay : Un artiste complet

Benjamin Biolay : Un artiste complet

On s’en doutait Benjamin Biolay est un artiste complet. Le chanteur a délaissé quelques temps clé de sol et instruments pour tourner dans le premier film de Katia Lewkowicz. Un premier rôle principal où le Lyonnais laisse exploser sa sensibilité hors du commun. Sans manière, ni langue de bois, il répond à toutes les questions de Lyon(club)bing.
 

Premier grand rôle dans un film, vous aviez des appréhensions ?
Ah oui avant, j’étais quand même très anxieux. Un premier rôle c’est comme un marathon, il faut être là tous les jours. Il y a beaucoup de scènes à connaitre par cœur. Il faut non seulement connaitre son texte, mais aussi celui des autres. Une fois que ça a commencé, l’énergie générale m’a boosté.  

Vous avez eu une préparation particulière ?
On a longtemps préparé. On a parlé de choses et d’autres, des choses très satellitaires, autour du sujet du film, parfois du personnage. Je n’étais pas encore dedans donc je ne voulais pas essayer de jouer mal pour ne pas décourager Katia (ndlr : Katia Lewkowicz, la réalisatrice). J’avais besoin d’une grosse préparation, comme tous les acteurs, mais moi particulièrement.

Comment ça se passait sur le tournage ?
On s’amusait beaucoup. C’était bien, on s’est beaucoup amusé à faire cette comédie. S’il y avait un making off, il vaudrait son pesant de cacahuètes !

On a demandé à Katia Lewkowicz si vous étiez facile à diriger, elle nous a répondu qu’elle était déçue parce que vous n’aviez frappé personne, que vous n’étiez même pas en retard ! Vous étiez très sérieux ?!
Très sérieux parce que très intéressé par tout le processus. On me demande souvent si je ne m’ennuyais pas, comme les acteurs le disent souvent. Sur un plateau, je ne m’ennuie jamais parce que je regarde tout ce qu’ils font, ça m’intéresse beaucoup.

Vous avez aussi composé la bande originale ?
Oui, avec Marc Chouarain.

Vous avez déclaré que cette BO était dans un autre style que votre univers musical parce qu’elle était joyeuse !
Bon, ce n’est pas Big Bisous non plus, mais ce n’est pas la même façon d’écrire, ce n’est pas la même façon de chanter les choses. Ce ne sont pas des farces non plus, mais il est vrai que ce n’est pas mon ton habituel ; c’est celui du personnage, d’un jeune homme qui serait moins en proie aux affres qui sont les miens.

Ce ne sont pas des chansons que vous auriez pu sortir dans un album ?
Je n’ai pas pensé de cette manière, mais je ne dirai pas un non catégorique. Peut-être que certaines chansons auraient pu faire partie de mes disques. J’ai mis une chanson que Katia voulait avoir mais qu’elle n’a pu avoir pour des raisons de budget, une chanson de Cole Porter popularisé par Luis Mariano qui s’appelle C’est magnifique. J’ai chanté une chanson d’Enrico Macias. Musicalement, je ne l’aurai jamais chantée même si je l’aime beaucoup. Il y a aussi une reprise d’Amadou et Mariam. J’en avais marre d’entendre cette chanson chantée avec un faux accent africain, alors que c’est une ravissante chanson que j’ai toujours aimé et qui représente bien l’amour.

En écoutant votre album La superbe, on visualise parfaitement chaque chanson dans un film.
J’ai toujours été un petit cinéaste, pas frustré mais j’ai toujours fait mon petit cinéma à travers la chanson. Souvent mes chansons ont un début, une fin, une narration, des personnages. Je ne m’interdis pas de chanter au féminin par exemple. J’ai toujours aimé le cinéma…

D’où vient la mélancolie de vos chansons ?
C’est comme ça que je m’exprime musicalement. Des fois, ça me permet de dire des choses pas du tout mélancoliques. Mes chansons peuvent être très crues, très sexuelles, très violentes. Ça a l’air mélancolique, mais si on creuse, ça va bien au-delà. J’ai des accès de mélancolie comme tout un chacun, mais je ne le suis pas toujours. C’est comme les comiques, dans la vie ce ne sont pas les plus drôles du monde ! Ils peuvent vous planter une soirée en dix minutes !

Quelles sont vos inspirations musicales ?
Les Français actuels qui n’ont pas envie de faire de la variété française ou traditionnelle sont obligés de connaitre l’œuvre de Serge Gainsbourg. Après, mes influences sont beaucoup plus anglo-saxonnes. Mais dans la manière d’écrire les textes, de chanter sans hurler, Gainsbourg est passé par là.

Vous êtes souvent la cible des magazines peoples, on vous prête beaucoup de relation…
Récemment c’était avec ma partenaire dans le film qui est une amie. On était sur la Croisette, j’avais bu un petit coup de trop et elle m’aidait simplement à rentrer chez moi. C’est très pénible, sans parler des autres rumeurs abracadabrantesques. 

Avec une première dame, par exemple ?
Par exemple…

Vous le vivez comment ?
Très mal ! On ne va pas s’appesantir là-dessus parce que je risquerais de dire des choses dures et je vais donner l’impression de me plaindre, alors que peut-être deux trois couillons aimeraient être à ma place, après ça me ferait bien rire de les voir. Ce ne sont pas des situations évidentes.

Vous avez été encensé par la critique avant de séduire le grand public, c’est assez particulier ?
J’ai eu une reconnaissance critique assez tôt, mais j’ai aussi eu des critiques très dures. Avec moi, c’est tout ou rien ! Je ne laisse pas indifférent et il parait que c’est mieux comme ça mais, par moment, j’aurai préféré en avoir des plus neutres ! Le plus dur, c’est d’avoir le prix d’artiste de l’année aux Victoires de la musique après avoir eu celle de la révélation de l’année. Le public est très difficile, il est très volatile et il a raison d’ailleurs.

Vous en avez fait quoi ?
Il y’en a une chez mes parents et les autres, je ne sais plus. Elles étaient dans mes chiottes, mais ça m’a oppressé !

Comment trouvez-vous Lyon ?
Changé ! Moi j’ai connu une grande ville de province, mais, structurellement, ça a beaucoup évolué. Par exemple, l’autre jour on est venu faire une projection à l’Institut Lumière, je n’y avais jamais foutu les pieds. Ce n’était pas aussi populaire du temps où j’y étais. J’ai même croisé le directeur d’Interpol. On se dit que Lyon est devenue une capitale européenne.

Vous revenez souvent ?
Je reviens aussi souvent que possible. J’ai des souvenirs à chaque coin de rue. Il y avait la cité universitaire où j’allais prendre ma douche parce que dans mon appart, il n’y avait pas de sanitaires !

Vous avez d’autre projet de film ?
J’en ai quelques uns, mais souvent les films très intéressants ou avant-gardistes ont des difficultés à être financés. Economiquement, ce n’est pas une période facile pour la création artistique, que ce soit pour les films ou pour les disques. Quand une maison de disque investit sur un artiste, l’argent ne tombe à flots comme à une certaine époque.

Projets de disques ou de nouvelles collaborations ?
On m’annonce avec Vanessa Paradis, ce qui n’est pas vrai. J’aimerais beaucoup, il faut qu’on en parle elle et moi avant que les journaux se mettent à le raconter !
 
 
Resto préféré : Chez Léa, c’est un petit bouchon qui est vers le théâtre des Marronniers, que j’adore.
Sortie préférée : J’ai toujours bien aimé sortir sur les bateaux. A l’époque c’était la Marquise et le Fish.
Boutique préférée : Bellecour Musique





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