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 Les confidences de Nora Berra par Laurent Argelier

Le 08 Juillet 2011

Les confidences de Nora Berra par Laurent Argelier

Par LyonClubbing Partenaires
Les confidences de Nora Berra par Laurent Argelier

Madame la Ministre, à peine élue députée européenne le 7 juin 2009, vous êtes nommée secrétaire d’Etat chargé des ainés dans le gouvernement Fillon quelques jours plus tard. Comment s’est passé cette nomination. C’est Nicolas Sarkozy qui vous a téléphoné pour vous annoncé la bonne nouvelle ?
La première fois, c’est Claude Guéant qui me téléphone pour me dire que le président de la République veut me voir et qu’il me propose un rendez-vous. J’ai d’abord vu François Fillon et ensuite le président de la République. Le premier ministre m’a d’abord dit qu’ils étaient en train de considérer certaines personnes en vue de constituer l’équipe gouvernementale et qu’on pensait à moi. François Fillon était très prudent pour que je ne me fasse pas trop d’idées. Le président de la République lui était beaucoup plus sûr puisqu’il m’a dit « Je veux te faire rentrer au gouvernement ! ».

Le jour où vous prenez vos responsabilités, avez-vous pensé à votre père ?
Bien sûr parce qu’il n’était plus là. Puis j’ai ma mère, qui, elle, a vécu toute mon ascension politique et qui est très fière. Moi je suis très fière pour elle. Je me dis que son éducation a servi à quelque chose. Elle m’a menée vers un destin qu’on ne soupçonnait pas et qui est au-delà de toutes nos espérances.

Etre une femme en politique,  c’est difficile ?
Les femmes ont beaucoup à prouver pour arriver et espérer occuper des fonctions à l’égal des hommes. Elles doivent beaucoup démontrer en compétences, en résultat, en capacités. On ne pense pas à nous immédiatement. Quand on est dans ce monde politique majoritairement masculin, il est difficile de faire sa place.

Une femme en politique, c’est un bon alibi pour la parité !
C’est là que l’on doit démontrer que nous sommes aussi, si ce n’est plus, compétentes que les hommes.

Lorsque vous allez à l’Assemblée nationale, vous évitez de mettre des robes et des jupes ?
Je m’autorise tout ! Je ne me mets pas de barrières vestimentaires entre robes et pantalons. C’est selon la saison et l’humeur du jour. Je n’ai aucune envie de nier ma féminité, mon identité de femme.

Le fait d’être ministre et jolie, ce sont des atouts de séduction ?
Tout le monde essaye de séduire tout le monde dans ce monde dédié à l’image. Quand un candidat essaye d’avoir un poste, il essaye de séduire son recruteur, un journaliste a envie de séduire son lecteur, c’est toujours dans ce registre de la séduction parce qu’on est dans un monde qui repose beaucoup sur l’image. Il ne faut pas être hypocrite.

Vous vous en servez ?
Je ne m’en sers pas.

On a du mal à le croire !
Ce n’est pas ça. J’aime utiliser les compétences et le professionnalisme plutôt que des atouts physiques qui sont éphémères et accessoires. Je mets en avant le bien-fondé de tel ou tel projet, je refuse de mettre des atouts liés à la féminité dans la balance.

Vous avez apporté votre soutien au député de Lyon Michel Havard pour les prochaines municipales de 2014. Pourquoi lui et pas l’ancien député Emmanuel Hamelin ?
J’aime beaucoup Emmanuel Hamelin, j’aime beaucoup Michel Havard. Je ne hiérarchise pas l’amitié que j’ai pour eux, mais Michel est le président du groupe municipal d’opposition au conseil municipal de Lyon. Donc c’est naturellement que je lui apporte mon soutien pour l’échéance de 2014.

Et Nora Berra, tête de liste en 2014, pourquoi pas ?
Aujourd’hui, ce n’est pas quelque chose qui me fait rêver. Il y a des échéances qui sont bien plus proches de nous et qui nous préoccupent davantage. Quand on vous propose de mener une liste, c’est toujours très flatteur. Maintenant la question ne se pose pas. Il faut être solidaires et nous ne laissons aucun espace entre les membres de l’opposition lyonnaise et restons fidèle à Michel Havard.

Passons  de l’autre côté du miroir pour aborder la vie privée ! Quand vous étiez  petite, vous rêviez de quoi ?
J’aurai rêvé faire de la danse classique. J’adore ça. Je n’en ai pas fait parce que quand j’étais petite, c’était une activité très élitiste qui demandait des moyens et mes parents devaient faire des choix, c’était d’abord l’éducation. Et puis c’était couteux.

Vous dansez encore aujourd’hui ?
Evidemment, j’adore ça.

Quel genre d’adolescente étiez-vous ?
J’étais un peu meneuse, un peu garçon manqué.

Nora Berra, bagarreuse ?
Pas bagarreuse, mais j’avais à cœur de défendre mes petits copains qui étaient plus faibles, ceux qui me paraissaient moins armés et je venais à leur aide.

Vous vous souvenez la première fois que vous êtes tombé amoureuse ?
Oui très bien, au CP !

Et du premier baiser ?
Ça ne m’a pas laissé un grand souvenir. Je me rappelle du garçon, mais j’étais bien plus âgé.

Avez-vous conservé votre âme d’enfance ?
Oui, je fais des sketchs. Par exemple, quand je vais rapporter les propos de personnalités, je vais prendre la même posture, la même gestuelle, la même intonation.

Avec vos collègues du gouvernement ?
Par exemple…

Avec le président Nicolas Sarkozy ?
Non, non. On se limite au cabinet.

Vous êtes maman de deux enfants, sont-ils fiers de leur maman ?
Ils ne me le disent pas trop, mais je crois que oui.

Et vous, êtes-vous fiers d’eux ?
Oui

Pensez-vous être une maman suffisamment présente surtout depuis que vous êtes ministre ?  
On essaye de toujours garder un équilibre dans l’attention qu’on porte aux choses et aux gens qu’on aime. On peut être à distance, mais garder une réelle proximité et avec mes enfants c’est ça. Même si géographiquement, des kilomètres nous séparent, je suis très présente dans le conseil, dans l’accompagnement, dans l’écoute.

Vous êtes une maman caline ?
Oui, mais je dois reconnaitre que mon fils de 16 ans l’accepte moins, mais ma fille de 15 ans est très câline.

Etes-vous sévère ou laxiste avec vos deux enfants ?
 Tout sauf laxiste ! Je suis proche d’eux, je suis à leur écoute. J’arrive toujours à voir quand ça ne va pas. J’assume mon rôle pleinement et avec beaucoup de responsabilités. Quelle que soit la fonction dans laquelle je suis, je vais jusqu’au bout de la mission. Comme maman, comme amie, comme responsable politique, je suis une jusqu’au-boutiste !

A vous écouter, vous n’avez que des qualités et pas de défaut ?
Ce n’est pas une qualité, c’est ce que je suis.

Et votre principal défaut ?
Etre jusqu’au-boutiste est aussi un défaut. Je n’aime pas l’échec, je le vis mal. Je suis également impatiente.

Côté cœur, êtes-vous amoureuse ?
Oui.

Et depuis combien de temps ?
Depuis huit ans.

Au quotidien, l’amour c’est un moteur ? 
C’est avant tout l’équilibre, la confiance absolue. C’est la relation pure sans ambigüité parce que c’est la personne qui est là quelle que soit la situation. C’est ça qui est beau. C’est une certaine pureté dans la relation.

Comment vous cultivez cet amour ?
Pour cultiver l’amour, je pense qu’il faut respecter l’indépendance de l’autre. Il faut que l’autre ait une liberté d’action, il ne faut pas que ce soit fusionnel au point d’inhiber l’autre. Etant très prise, j’ai cet espace de liberté. Je suis soutenue dans ce que je fais et lui est très occupé, très proactif dans son activité et il faut savoir respecter la liberté de l’autre. Je pense que c’est ça, le gage de survie des couples.

Vous êtes donc une femme heureuse ?
Absolument.





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