Le 07 Juin 2011
Les confidences de Yann Cucherat
Par LyonClubbing Partenaires par Laurent Argelier
Yann Cucherat, un palmarès hallucinant : 2 médailles mondiales, 7 médailles européennes, 3 finales olympiques et pourtant on vous connait peu. Alors frustré ?
Ce n’est pas frustrant dans le sens où depuis le début je savais où j’allais, je savais comment la gym allait être mise en valeur ou pas. Avant on ne parlait jamais de gymnastique, puis à force de résultat, les gens s’intéressent un peu plus et on est un petit peu plus mis en lumière.
Votre plus belle victoire ?
Sans aucun doute, mon premier titre de champion d’Europe en 2009, aux barres parallèles.
C’est une vie quasiment monacale d’être un athlète de haut niveau ?
La gym est un travail quotidien, deux entrainements par jour pendant de cinq à six heures. Notre corps est notre outil de travail donc on est obligatoirement, dans la nécessité de faire attention à son alimentation et ainsi qu’à son hygiène de vie.
Le sport est souvent associé au dopage, est-ce le cas dans votre discipline ?
C’est arrivé qu’il y ait quelques cas positifs. Aujourd’hui, tous ces cas positifs sont dus principalement à la cocaïne ou à la marijuana, mais c’est un sport tellement exigeant, tellement précis et dangereux, que fumer avant une compétition, c’est prendre d’énorme risque. Et sincèrement, se doper en gym n’a vraiment d’intérêt.
Vous avez 32 ans, vous commencez à être vieux pour un athlète de haut niveau, alors à quand la retraite ?
L’objectif final reste les Jeux Olympiques de 2012 de Londres où je vais essayer d’aller chercher une médaille olympique. Après je pense continuer encore un an, jusqu’au championnat du monde et d’Europe en 2013. Ça me permettra de faire une transition plus douce.
Avouez, votre de corps d’Apollon grec, c’est un atout de séduction avec les filles ?
(Rires) Oui, bien sûr.
Et construire une relation d’amour, ce n’est pas évident ?
Quand j’étais jeune, ce n’est peut-être pas ce que je recherchais non plus.
Ah bon ? Vous recherchiez quoi ?
Tout ce qu’il y autour de la relation d’amour.
Donc le sexe sans lendemain ?
Oui, mais je crois que ce n’est pas spécifique aux gymnastes. Personnellement j’étais plus dans le romantisme que dans les histoires de cul, même si je l’avoue, il y’en a eu.
Aujourd’hui, vous êtes marié et vous avez deux enfants. On imagine aisément que votre vie d’homme change radicalement en devenant père.
Absolument. Jusque là, je ne vivais que pour moi. C’est sur les enfants que tout s’oriente. Tout ce que je fais, je le fais pour eux avant tout. On se dit qu’il y a cette vie d’athlète de haut niveau et de l’autre côté la vraie vie, où l’on accomplit bien plus de choses qu’en tant que sportif.
Il y a une chose qui me turlupine depuis longtemps, bien souvent les athlètes de haut niveau ont des comportements d’adulescent. Vous validez ?
En effet, on est dans un milieu où tout est fait pour nous. Quand on part en déplacement, on est pris en main du début à la fin et depuis l’âge de dix ans pour ce qui me concerne. Même si parfois on arrive à se détacher de ce cocon, dès qu’on passe la porte du gymnase, on est tout de suite moins autonome, on est totalement assisté.
Et la reconversion, quelle est-elle ?
Sur un plan professionnel, j’ai plein d’opportunités. Actuellement, je suis prof de Sports et normalement quand j’aurai raccroché, ma mission sera de devenir entraineur des équipes de France et certainement d’avoir une place au sein du pôle France.
J’ai aussi entendu dire que vous étiez courtisé par la ville de Lyon
(Sourires) Effectivement, j’ai d’autres opportunités qui me semblent très intéressantes avec la ville de Lyon. Ça pourrait être de devenir le grand responsable de la gym lyonnaise.
Par ailleurs, vous a-t-on proposé, comme votre ami Gwendal Peizerat (conseiller régional), de vous lancer dans une carrière politique ?
Oui, on me l’a déjà proposé et à deux reprises. Le maire de Lyon, Gérard Collomb, souhaiterai me voir intégrer le conseil municipal en 2014.
Et donc, de faire de vous, son adjoint aux sports ?
Je vous rappelle qu’il y a Thierry Braillard, l’actuel adjoint aux sports. Mais dans l’éventualité, c’est quelque chose qui me plairait beaucoup.
Yann Cucherat, êtes-vous un homme heureux ?
Oui, totalement.
Donc, il ne vous manque plus rien ?
Si, une médaille olympique.