Accueil →   Liste Interview  → 

 Le paradoxe Alexis Mabille

Le 05 Mai 2011

Le paradoxe Alexis Mabille

Le paradoxe Alexis Mabille

Depuis quelques années maintenant, un jeune Lyonnais de 34 ans, pourtant peu connu dans notre ville, fait parler de lui dans la capitale, mais aussi sur les tapis rouges du monde entier. Mais alors, qui est Alexis Mabille ? Un créateur de mode génial, fou de nœud papillon, habillant les plus grandes stars, de Keira Knightley à notre première dame, Carla Bruni-Sarkozy. Aussi discret que talentueux, Lyon(club)bing vous présente le paradoxe Alexis Mabille.

 
Qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans la mode ? 
C’est une passion d'enfant. C’est l'amour de la couleur et de la manière dont les gens s'habillent. Je suis un amoureux du tissu aussi. Au départ, j’ai une véritable passion pour les costumes de théâtre. Etant jeune, j’ai travaillé comme costumier pour l’Opéra National de Lyon. D’ailleurs c’est ce que je voulais faire à la base, je voulais être costumier mais je me suis lassé.

Le désir de faire de la mode est-il présent depuis votre enfance ? 
Absolument, depuis ma plus tendre enfance. Quand j’avais neuf, dix ans, je confectionnais des costumes et des vêtements pour mes poupées et mes peluches. J’ai évolué petit à petit pour  finalement m’occuper de la femme. Ensuite, je faisais de la couture avec ma mère qui achetait des patrons de grandes marques, comme Chanel par exemple, pour m’exercer.

Où puisez-vous votre inspiration ? 
Partout. C'est dans ma tête, je laisse parler mes sentiments et désirs de la saison.  La vie, les rencontres que je peux faire, les couleurs, tout est susceptible de m’inspirer.

Vous sublimez la femme par vos tenues, vos accessoires, quelle vision en avez-vous ? 
J’en ai une vision fantasmée qui permet de la rendre plus sexy en respectant ses codes et la sensualité féminine. Le vêtement doit être une part de l'expression d’un corps féminin.

Après avoir été formé par Emanuel Ungaro et Nina Ricci, vous rejoignez  la maison Dior pour un stage, vous y êtes finalement resté dix ans ! Vous réalisez à quel point votre parcours est peu banal ? 
Mon étoile m’a bien dirigé effectivement. J'ai suivi mon instinct et mes intuitions, mais j’ai aussi beaucoup travaillé pour. Je suis quelqu’un d’obstiné. J’ai toujours su ce que je voulais et je savais très bien, dès le début que j'aurais ma propre marque.  

Chez Dior vous avez travaillé pour John Galliano, que pensez-vous de ses derniers déboires ? 
Ça ne me regarde pas donc je préfère ne pas m’exprimer sur ce sujet. 

D’où vient cette passion pour les nœuds ? Peut-on imaginer une collection d’Alexis Mabille sans nœuds ? 
Les nœuds, c’est avant tout un plaisir personnel, mais également une pointe d’humour. C’est transformer, même réhabiliter un produit autrefois considéré comme ringard, le nœud papillon. Parce que ce n’est pas n’importe quel nœud. C’est le nœud papillon plus que le nœud en général. C’est devenu au fil du temps le symbole de ma marque. C’était assez évident finalement puisque mon label était à la base mixte. Le nœud était l’accessoire commun incontournable entre garde-robe femme et homme. De ce fait, plus qu’un symbole, c’est l’icône de ma marque, donc non pas de collections sans nœuds.

Qui sont vos modèles, vos mentors? Vos icônes? 
Je ne fonctionne pas avec des icones. Je me suis fait seul avec des références bien sûr, mais il faut être ouvert à tout. Un mentor aura tendance à vous orienter dans un chemin trop précis alors que la mode est, presque par définition, frivole.  

Vos tenues sont régulièrement portées par des stars. Vous rêviez de ça quand vous étiez plus jeune ? 
Je n’y pensais pas du tout. Cela est venu et j’en suis heureux. C’est une sorte de reconnaissance. On apprécie mon travail et on le montre, c’est toujours agréable. 
 
Vous avez habillé Carla Bruni-Sarkozy. Racontez-nous cette rencontre ? Etes-vous toujours en contact avec elle ? 
Carla a tout simplement adoré la robe qu’elle a achetée et portée. C’est un coup de cœur féminin qui a mené tout ceci sans complications.

Vos boutiques se sont respectivement appelées Impasse 13 et Treizeor. Vous êtes superstitieux ? 
Je dois sûrement l’être un peu, mais je dois dire que dans mon cas, c’est vraiment un chiffre porte bonheur.

Vous avez collaboré avec Lancôme, Yves Saint Laurent, d’autres collaborations en vue ? 
Actuellement je travaille sur des projets axés sur mon label, le lancement de la lingerie homme notamment. La couture c'est déjà énormément d'énergie donc pour le moment, même si j’ai adoré collaborer avec ces grandes maisons de couture, je me concentre avant tout sur ma marque.  

Depuis combien de temps avez-vous quitté Lyon ? 
J’ai quitté Lyon après mon bac pour faire une école de mode à Paris, donc ça doit faire seize ans. Mais j’aime cette ville. J'y ai encore beaucoup d'amis. D’ailleurs, j’y retourne très souvent, pour toutes les fêtes de famille et les grands événements. Avec le TGV, c’est assez facile, je suis finalement proche des deux villes.

A quand une boutique Alexis Mabille à Lyon ?  
Il faut le demander aux boutiques lyonnaises ! Je ne demande que ça. Voir mes créations dans la ville qui m’a vu naître, ce serait formidable.

Quels sont vos projets ? 
L’idéal pour moi serait d’avoir une évolution tranquille mais forte en image, un développement permanent comme toute entreprise saine. 

De quoi rêvez-vous aujourd'hui? 
Mon rêve le plus fou, serait de réussir à créer toute ma vie.

Votre restaurant préféré à Lyon ? 
Nicolo et Vito, C’est une pizzeria, rue Franklin que j’adore. 

Votre sortie préférée à Lyon ? 
Je sors chez des amis et j'aime cet esprit de Lyon où l'on se reçoit chez les uns les autres. Dans un autre style, j’aime bien boire un verre au dernier étage du Sofitel avec cette vue sublime sur le Rhône ou alors faire un tour du côté de la Villa florentine et admirer le sublime panorama sur Lyon.

Votre boutique préférée à Lyon ? 
Je dirai Epsilone, une boutique de déco sur la place des Célestins.








←Liste Interview 
Copyright Suchastar.com

Pages les plus consultées par les internautes