Le 05 Fevrier 2010
Guy MATHIOLON, Un homme au service de la métropole

C’est dans les bureaux de la Chambre de Commerce et de l’Industrie que Guy Mathiolon m’a éclairé sur ses activités professionnelles, institutionnelles et un peu plus personnelles. Simple, accessible mais surtout passionné, le Président de la CCI qui est aussi Président-Directeur Général de l’entreprise SERFIM et actionnaire du LOU Rugby se confie rien que pour vous.
Mes restos préférés : La Rue Lebec, Le resto de Caro, l’Habitat Rouge, Au comptoir d’Alice, la Mère Brazier, Chez M, le Zinc Zinc
Ma sortie préférée : la 3ème mi-temps du Lou Rugby
Boutique fétiche : Chez Zara pour faire les soldes avec mes filles, Decitre, Décathlon et le Frutti-bar
1. Vous êtes P-DG d’entreprise, président de la CCI et père de famille, comment parvenez- vous à gérer toutes vos activités ? Quel est le secret de votre réussite ?
Il y a plusieurs secrets : avoir une bonne santé, beaucoup d’énergie et être bien entouré. En effet, le talent d’un leader est de bien choisir son entourage. C’est ce qui me concerne dans mon entreprise (SERFIM) et à la CCI. Quand je dis qu’il faut beaucoup d’énergie, c’est qu’il faut avoir la pêche. Il est aussi plus facile d’affronter les difficultés lorsque l’on aime ce que l’on fait. Et c’est le cas !
2. Qu’est-ce qui différencie le centre de formation de la CCI des autres centres de formation ?
Le centre CCI Formation est un centre très ancien, qui date de plus d’un siècle et qui génère un volume d’activité important. Nous sommes à l’écoute des entreprises et des stagiaires. Nous proposons des formations sur mesure et très adaptables. De plus, le fait que nous soyons toujours en phase avec le marché, fait de nous un centre très dynamique. Enfin, nous représentons un poids important. L’étiquette CCI est une plus value en termes d’image et de notoriété; c’est un gage de compétence et de sérieux.
3. Quels conseils pourriez-vous donner à un jeune qui vient de finir ses études et qui désire monter sa propre entreprise ?
De le faire et ce, le plus tôt possible ! Il faut savoir que monter son entreprise c’est prendre un risque et il vaut mieux prendre ce risque quand les chances de gagner sont plus élevées. Qui plus est, auparavant, nous sautions dans le vide alors que qu’aujourd’hui les dispositifs d’aides sont extraordinaires. Maintenant tout est sécurisé, ils sont maternés. Arrêtons aussi d’avoir peur de l’échec. Aux Etats-Unis, tous les plus grands chefs d’entreprise ont déposé le bilan au moins une fois. Bien sûr, il ne faut pas se lancer n’importe comment, et il est nécessaire de construire un business plan afin de bâtir un projet qui ait des chances de réussir. Pour moi, le vrai bonheur est d’être chef d’entreprise, car nous maitrisons notre destin. Evidemment, il y a des contraintes, mais nous avons le luxe de faire des choix. En tous cas, je suis très optimiste quant aux nouvelles générations.
4. Ces derniers temps, on assiste à un réaménagement de certains quartiers de la ville : Confluence, la Part Dieu… La CCI joue t- elle un rôle clé dans le développement de ces espaces ?
Absolument, nous sommes impliqués dès l’origine du projet car c’est le commerce qui crée sa rentabilité. La CCI est partie prenante car l’objectif est de trouver un équilibre entre toutes les formes de commerce, les supermarchés comme les petits commerces. Nous soutenons ces projets, car nous sommes pour que la ville se développe.
5. Pour un grand nombre de Lyonnais et touristes, la ville est considérée et /ou perçue comme une ville « morte » la nuit… Une tension persiste entre les patrons de la nuit lyonnaise et le préfet Jacques Gerault, qui souhaite la fermeture des établissements plus tôt. Quelle est votre position sur tout ?
Nous avons pris la décision d’héberger l’association « Sauvez la nuit » (Cf article Laurent Natale P14) présidée par Dominique Lafoy (le QBoat). Il n’y a pas de problème qui ne mérite pas qu’on s’y atèle. Nous sommes gestionnaires d’Eurexpo et dès la fin des grands salons, il faut que les touristes puissent se divertir. S’ils n’y parviennent pas, ils ne reviendront plus et nous perdrons un marché. Je comprends les riverains qui peuvent être dérangés par les nuisances sonores et d’un autre côté l’ouverture d’un établissement de nuit demande beaucoup de rigueur de la part des patrons ; le fumoir pour ne pas déranger les voisins, la question des clients qui repartent éméchés en voiture… Il faut être prudent et trouver des solutions avec la mairie, le préfet et les chefs d’établissement. Par exemple, définir des lieux adaptés tels que Confluence, étant donné qu’il n’y a que des bureaux, personne ne sera dérangé. Néanmoins, en tant que lyonnais de naissance, je peux vous affirmer que la ville a fait énormément de progrès sur le sujet !
6. Pensez-vous que Lyon sera bientôt promue au statut de ville européenne ?
C’est déjà fait ! Il faut arrêter de faire des complexes d’infériorité ! Observez le nombre de touristes, le développement de l’aéroport Saint-Exupéry, le nombre d’étudiants étrangers à Lyon, notre université extraordinaire qui réunit 150 000 étudiants… Nous sommes une ville européenne dans un pays jacobin.
7. Votre mandat se termine en 2011, quels sont vos projets pour l’avenir ?
Les élus du Medef et de la CGPME ont un accord électoral pour deux mandats. A priori je repars pour le prochain mandat.
8. Afin d’en savoir un peu plus sur vous…
- Une rencontre qui a changé votre vie
Il y en a au moins deux : une dans ma vie professionnelle et une dans ma vie institutionnelle. Marc PACCALIN qui m’a recruté en 1983 dans son entreprise (SERFIM) et qui m’a donné une chance extraordinaire en me permettant de la racheter. Il est à l’origine de tous les principes que j’applique dans mon entreprise. François TURCAS, président de la CGPME qui m’a fais découvrir la qualité de l’engagement collectif. Il faut savoir que les élus de la CCI sont bénévoles. C’est quelque chose de passionnant d’œuvrer pour l’intérêt général !
- Votre plus grande réussite
Mes filles. Quand on a une vie comme la mienne, avoir des enfants épanouis, qui font des choses positives est une véritable récompense car élever des enfants n’est pas un challenge évident. J’ai aussi une entreprise extraordinaire ! En 140 ans, elle a toujours gardé la même âme, le même esprit, c’est une aventure collective sans cesse conduite par des projets. D’ailleurs, le jour où je n’en ai plus, j’arrête.
- Toujours pas d’ambitions politiques ?
Non. S’investir dans les projets de la cité est d’après moi la façon la plus noble de rentrer dans la vie politique. Néanmoins je suis très attentif à tout ce qui se passe sur la scène politique au niveau local et international, mais ce n’est pas mon métier, j’en ai choisi un autre : chef d’entreprise.
- Votre souhait le plus cher pour cette année 2010 ?
Que le LOU monte au Top 14 et que le maximum de mes projets professionnels et pour la métropole puissent aboutir.
9. Une dernière phrase pour Lyonclubbing ?
Il faut tordre le coup à l’expression « Pour vivre heureux, vivons caché ». En tant que ville européenne, nous devons continuer à donner une image de notoriété à notre ville. Un média comme Lyonclubbing contribue à faire grandir Lyon.
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