Accueil →   Liste Interview  → 

 Ben Jack’Son : « dans l’ombre de Michaël… »

Le 03 Septembre 2009

Ben Jack’Son : « dans l’ombre de Michaël… »

Ben Jack’Son : « dans l’ombre de Michaël… »

Pour cette rentrée, Ben Jack’Son l’imitateur lyonnais qui présente des shows époustouflants sur son icône, son idole, le king of pop a accepté de s’entretenir pour un face à face déroutant. Tout d’abord sa ressemblance physique naturelle est troublante, ses mots pesés et à la fois envahis par l’émotion sont touchants et frissonnants. Ben avance pas à pas dans l’ombre de son idole, envolé il y 2 mois. Michaël, rest in peace…
 
Qui est Ben Jack’Son ?
 
Date de naissance : 13 avril 1974
Ton plat préféré : les tagliatelles au saumon
Ta chanson préférée de Michael Jackson : Who is it
L’odeur qui te donne le tsa tsa tsou : le parfum de ma compagne
 
Comment as-tu eu le déclic « Ben Jack’Son »?
J’avais 5 ans la première fois que j’ai vu Michael Jackson à la TV. Et à 10 ans, je suis resté figé devant le moonwalk exécuté à l’occasion des 25 ans de la motown. J’ai eu une révélation et tout a commencé. J’étais fasciné par cet homme qui chantait et dansait avec les morts. Je découvrais enfin qui il était car à la maison, je l’avais déjà entendu, ma mère l’écoutait beaucoup.
 
D’où t’es venu cette passion presque fanatique ?
Je crois que quand on grandit on a tous des repères masculins. Il y a le père qu’on imite et le super-héros à qui on veut ressembler. Pour la plupart des enfants, c’est batman ou superman, pour moi c’était Michaël Jackson ; sans doute par rapport à son charisme, sa danse. J’étais aussi fasciné par le mystère du personnage. Tu sais, quand on est ado on aime se différencier, tout le monde aimait Michaël à l’école, mais moi, je m’intéressais différemment à lui, la personne publique et aussi le showman. Ce paradoxe chez lui m’a toujours intrigué.
 
Comment t’es venu cette envie de scène, de show ?
Un ado veut toujours impressionner et moi j’étais très complexé, donc rien n’était évident je crois.  Mais un jour, en plein cours de latin, j’étais au fond de la classe, je me lève et je fais ma vrille et mon moonwalk comme ça d’un coup sans réfléchir. Une copine voit ça et trouve mes pas intéressants. Plutôt que de me sanctionner car je n’avais pas écouté son cours, le prof qui organise la fête de l’école dans une semaine me donne la chance de me produire devant un vrai public. Je me rappelle exactement de ce jour, on était le 27 janvier 1987. J’avais peur des réflexions que je pouvais recevoir car jusqu’à présent mon seul spectateur était ma fenêtre effet miroir dans ma chambre…Mais le lundi matin en arrivant à l’école j’étais une star ! On m’a vu différemment je crois. Tel un phénix je suis renaît de mes cendres. Il ne faut jamais empêcher un gamin de faire sa passion tout simplement.
 
Fais nous partager tes premiers pas sur scène ?
A partir de ce spectacle (à l’école), je n’ai plus jamais arrêté. Suite à ça, un parent d’élève me repère et me propose de participer à un évènement dans son village, je commence à me faire connaître dans les alentours de la région. Je savais en moi que je voulais faire du spectacle. Mais mes parents ne l’entendaient pas de la même manière. Nous avons finalement trouvé un compromis : je me produisais sur scène et en discothèque le week-end, tout en poursuivant mes études. Et puis il y a eu des rencontres déterminantes comme celle avec Gérard Sibelle, directeur de promotion à RMC Lyon, qui me propose de faire un spectacle à l’occasion des 10 ans de la part dieu. Petit à petit je me fais ainsi connaître.
 
Tu t’es tout de suite immiscé dans le personnage ?
Très rapidement, je me suis approprié les accessoires indispensables du style Jackson. Lunettes aviator, chemise blanche, chapeau feutré…J’ai beaucoup travaillé sur vidéo pour intégrer ses pas et gestes. J’ai cassé plus d’une tête de lecture de magnétoscope et j’ai ruiné pas mal de bandes (rires). D’ailleurs pour l’anecdote, mes pas sont à l’inverse de ceux de Michael causé par l’effet miroir de la télé !
 
Comment considères-tu ton activité ?
Je suis un imitateur et non un sosie ! Je suis un fan avant tout, qui essai de rendre hommage à l’artiste qu’il aime. C’est une passion que j’exploite plus pour le plaisir que pour l’argent. Je peux refuser des prestations qui ne me correspondent pas. Au-delà du message de paix et de pluri-culturalité que Michaël veut faire passer, il ne faut pas oublier que physiquement c’est un symbole. Il est homme et femme ; noir et blanc, il est tout simplement, universel. Moi qui suis issue d’une culture immigrée en France je me retrouve dans ce message.
 
Quels sont tes projets ?
Mon objectif est de faire le tour du monde afin de transmettre justement les messages dont je parlais. Je suis parti de ma chambre d’enfant, et je veux exporter ma passion, et démontrer que tout est possible.
 
On dirait que tu te sens porteur de l’art de Michael . Comment vis-tu ce don que tu possèdes ?
Je n’ai pas cette prétention, voir des gens sourire en se souvenant de MJ est déjà pour moi une réussite. J’ai un spectacle le 6 décembre à Dublin. Fin d’année, je serais à la Réunion pour le réveillon de la nouvelle année. J’ai également un projet sur Tokyo, les Etats-Unis et la République Dominicaine. La mort de Michaël a boosté mon activité, c’est sûr,  mais j’ai refusé beaucoup de demandes depuis sa mort. Je n’aime pas les opportunistes. J’ai reçu beaucoup d’appels de personnes qui voulait se nourrir de la disparition du king of pop et ça me révolte…(à bon entendeur…)
 
Comment vis-tu sa disparition ?
Ca a été une tragédie. Je pensais qu’il était éternel. Pour moi c’était un super héros. En vérité, je ne le vois pas tous les jours c’est sûr, mais j’ai été touché. Pour moi chaque étape de ma vie est rythmé par une musique de Michaël. Pendant 1 semaine, j’ai eu besoin de me retrouver et de me résoudre à cette réalité. Ca peut paraître démesuré, mais il était complètement intégré à ma vie.
 
Tu as eu recours à la chirurgie comme lui ?
Non pas du tout, c’est pour moi-même que je ferai de la chirurgie. Le maquillage me suffit pour lui ressembler. Je prends soin de moi. (il y a une ressemblance troublante).La priorité est de communiquer son esprit, sa musique, sa danse, je suis imitateur pas sosie !
 
Que penses-tu des théories autour de sa disparition. Plusieurs médias ont évoqué un suicide maquillé ?
Cette théorie est plausible. On ne saura jamais ce qui s’est passé, il part avec ses secrets. Mais il y a des indices. Je crois qu’appeler une tournée « This is it » en est déjà un. En une nuit, recevoir 4 ou 5 injections, puis une dernière à 10h30 de propofole, un puissant analgésique car il ne s’endormait pas est très suspect. On peut se poser des questions. Michaël Jackson a lourdement insisté pour dormir, son médecin personnel ne voulait pas, mais lorsque une star telle que lui insiste, on fait quoi ? On exécute, tout simplement. Personnellement, j’ai été frappé le jour de la cérémonie au Staples Center à Los Angeles par la sérénité de ses enfants, comme s' ils avaient été  préparés. Plus surprenant encore, des proches telles qu’Elisabeth Taylor ou Diana Ross, n’étaient pas présentes. Enfin, quand on remonte à une interview donné en 1992 à Paris Match, Michaël Jackson évoque qu’il ne veut pas vivre au-delà de 50 ans ! Il s’est éteint dans sa 51ème année.
 
Mais les vidéos des répétitions tournées 2 jours avant sa mort démontrent qu’il semblait être en forme ?
Bizarrement je veux que l’on m’explique. Il avait prévu d’enregistrer tout son concert. C’est la seule fois pour « This is it » que ses répétitions se faisaient avec des costumes. Pour Bad, Dangerous Tour ou encore le History Tour, il ne l’a jamais fait !  Il a aussi monopolisé une équipe de tournage pour filmer les répétitions. Pour moi, il voulait offrir ces images à ses enfants qui ne l’on jamais vu sur scène. Il voulait leur montrer qui était leur père ! On ne saura sans doute jamais, car sa disparition, l’a mystifié…
 
As-tu eu l’occasion de rencontrer ton idole ?
Oui avec ma sœur, en 2000 à Genève. Je l’ai croisé un instant je l’ai vu de très près. J’ai pu lui donner ce que je voulais, des photos, des vidéos, et une lettre.
 
Le truc le plus fou ?
Justement pour ma rencontre à Genève. J’ai attendu pendant 3 jours devant son hôtel. Tous les jours le garde du corps te dit « wait ». Alors tu attends. Ma rencontre c’est passé en un instant, 3 minutes où Michaël m’a dit « hello ».  
Et puis à autre dimension, je crois avoir reçu une forme de reconnaissance, car sur le site officiel de Michael Jackson, il y a lien avec mon propre site. Je suis le seul imitateur recensé sur le site officiel !
 
Comment vois-tu l’évolution de ton spectacle ? Le réalise-tu comme un hommage ?
Avant sa mort, mon but s’était de perfectionner mon spectacle car mon rêve absolu, celui qui a nourri ma passion et mon ambition était de me produire devant lui. Grâce au réseau que j’ai su ficeler, je devais le rencontrer le 15 Juillet dernier à Londres, où je me suis trouvé face à un tombeau. Au matin du 25 Juin dernier, j’ai donc du trouver une alternative. Maintenant à mon niveau je veux faire une forme de propagande, pour faire connaître aux jeunes générations  le goût les spectacles de Michaël Jackson. Je vais entretenir son image c’est sûr. Je vais peut être me lancer dans mes propres créations en respectant bien sûr son aura.
 
Comment vis-tu le fait d’avoir des fans, toi en tant que Ben Jack’Son ?
Je n’ai pas de fans ! Ils voient en moi le fanatisme que j’ai pour MJ. Je suis un intermédiaire comme l’accès à la star suprême. Mon but est de les faire entrer dans mon univers, donc ils jouent le jeu. Ils n’ont pas de phénomène d’admiration. C’est pour me remercier du show que j’ai fait. Mais bon je ne refuse jamais de signer un autographe. (rires)
 
Retrouvez dès à présent toutes les informations de cet artiste sur : www.ben-jackson.com





←Liste Interview