Le 31 Mars 2009
Louisy Joseph : "elle a désormais le choix"

Ce mois-ci, j’ai rencontré Louisy lors de son passage en courant d’air sur Lyon. Lydie a bien grandi depuis sa découverte, il y a 8 ans, dans l’émission Popstars. Cette télé-réalité pionnière à l’époque a révélé notre petite Lyonnaise à la voix d’or. La générosité ou encore la sincérité qualifie à merveille cette sublime tigresse et c’est un moment privilégié que je vous rapporte sans faux-semblants.
Identité : Lydie Louisy-Joseph
Date de naissance : 14 avril 1978
Sortie de prédilection : ma famille qui habite aux Minguettes
Une destination idéale : Cuba
Votre inspiration musicale : le reggae, la soul
Une odeur qui vous donne le tsa tsa tsou : le café
Présentez vous brièvement
Je suis née aux Minguettes, j’ai vécu au début de ma vie avant le divorce de mes parents à Décines ; nous avions une maison puis après nous sommes retournés aux Minguettes. Mon frère y vit toujours d’ailleurs. Puis je me suis installée dans le 6e arrondissement quand je travaillais notamment à la Maison de l’entrecôte. J’ai aussi pas mal roulé ma bosse dans le quartier de l’hôtel de ville, car j’étais à l’école rue d’Algérie et, entre 14 et 23 ans, j’ai fait pas mal de petits boulots dans la restauration. Mes employeurs étaient dans le coin forcément… Puis, il y a 8 ans je suis sélectionnée dans l’émission de M6, Popstars.
Quelle est votre actualité musicale ? Comment se prépare votre deuxième album ?
Pour l’instant j’essaie déjà de faire vivre mon premier album (La saison des amours) qui date d’à peine un an ! Je n’en ai pas encore fini avec lui. Je veux vraiment « faire le tour » avant de passer à autre chose. A l’époque, quand j’étais dans la machine M6, on produisait sans cesse, je n’avais pas le temps de digérer. Aujourd’hui, je ne veux plus ça. Je veux vivre à fond mon album. Je n’ai pas eu le temps d’exorciser complètement, j’ai besoin de le faire sur scène, de le vider avant de passer à autre chose. C’est nécessaire afin d’avoir de nouvelles inspirations. Quand on est sur scène, les albums changent. La scène est une source. Cet été, je serai donc encore sur la route. J’attends des confirmations pour les festivals.
Comment se sont passées les retrouvailles avec le public lyonnais mi-mars ?
Pour tout vous dire, d’être à Lyon me rajoute une pression supplémentaire. La majorité des Lyonnais m’honore beaucoup. Le Lyonnais est très fier et je reçois cette force. Mais j’ai besoin de me tester aussi ailleurs, de me mettre à l’épreuve, de ne pas être là où l’on m’attend.
Après l’expérience très marketée des L5, comment arrive t-on à récupérer son identité musicale et même physique ?
Dans un premier temps, il faut régler sa vie. Après les L5, j’étais dans une phase de transition : appartement, amour, choix professionnels. J’étais en totale remise en question. J’avais le choix de faire plein de choses, mais il ne faut pas s’égarer et il faut se retrouver soi- même. Suite à ça, l’album s’est fait très vite. Grâce aussi à Pascal Obispo qui m’a donné un conseil essentiel : avoir le choix. Il m’a appris à savoir dire oui ou non, car décider de mes choix, je n’en avais pas l’habitude durant 7 ans. Je ne suis plus manipulée. Pascal est l’homme de ma reconstruction psychologique, je lui ai même dit non pour un titre ! (rires)
Est-ce que gérer une carrière solo est plus difficile que gérer une carrière à 5 ?
Et bien non ! C’est tout l’inverse justement. Car je suis sereine avec cet album. Avec le groupe j’étais fière évidemment de recevoir les disques de diamant, les disques d’or, mais je n’étais pas moi-même. On essayait de me mettre en leader. Mais définitivement, ce n’était pas moi. J’étais éteinte. J’avais peur…
La téléréalité est-elle encore un tremplin efficace pour faire carrière ?
Je crois qu’il faut être surtout convaincu par son talent. Pour prendre mon exemple, pendant 10 ans j’ai galéré à Lyon en attendant mon tour. Popstars était le casting déterminant, celui de la dernière chance. J’en étais à me demander ce que j’allais faire de ma vie même si je ne doutais pas de moi. Et la téléréalité met à l’épreuve sa passion, il faut vraiment en avoir envie. C’est un bon test.
Votre pire souvenir sur scène ?
Lors de mes concerts avec les filles (NDLR : les L5) ; je n’arrivais pas à m’exprimer sur scène. L’échange avec le public était difficile, devenu limite impossible. J’avais peur de chaque mot que je pouvais dire. J’avais l’impression que je ne valais plus rien. Je n’étais plus moi durant cette période.
Et votre meilleur souvenir ?
La première partie de Christophe Maé l’année dernière, le jour de mon anniversaire. C’était mon retour, ma première scène seule. Il me présente avec mon nom (Louisy Joseph), c’est le moment de ma reconstruction achevée. L’accueil de son public a été juste extraordinaire. J’avais plus qu’à être à la hauteur.
Avez-vous un rituel avant de monter sur scène afin de combattre le stress ?
Je n’aime pas sacraliser les dernières minutes. La musique fait partie de moi, je ne peux pas monter avec le stress sur scène bien sûr, et je n’aime pas rester seule. Je prends mes forces auprès des musiciens. Je puise en eux leur énergie et leur positivité.
Y-a-t-il encore de la place pour l’amour ?
Oui, je suis amoureuse et heureuse. Je suis désormais sereine, l’amour est arrivé dans ma vie de manière très simple. Je suis comblée.
Que pensez-vous de la nouvelle loi sur le téléchargement illégal ?
On est en crise, même si je n’aime pas ce mot. Il faut trouver un compromis, je crois que la nouvelle génération l’a compris. Il faut réduire les coûts de fabrication inutiles, peut-être qu’il faut dématérialiser le disque afin d’obtenir un prix final beaucoup plus abordable. Les distributeurs doivent assumer leurs marges. J’ai été outrée de voir mon album dans les bacs à un prix si élevé (NDLR : 22 €), tout le monde n’a pas forcément les moyens.
Toutefois, je crois qu’on doit passer par la sanction, car le téléchargement est du vol. La solution réside sans doute dans la responsabilisation de chacun. La musique doit être accessible.
Je vous laisse carte blanche pour finir…
Il n’y a pas de fatalité, il y a des lueurs d’espoir partout.
Dates à venir…
Le 4 avril à Saint-Armand-les-Eaux
Le 24 mai à l’Espace culturel de Drancy
L’album La saison des amours est toujours disponible dans les bacs.
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