Le 02 Mai 2008
Bernard Rivalta: Le Sytral en avance sur son temps!

Bernard Rivalta est l’homme qui se cache derrière le réseau numéro 1 de transport en commun français, le Sytral. Elu lyonnais depuis de nombreuses années, ingénieur, président du Sytral, attaché à l’ASVEL, Bernard Rivalta est un homme qui touche à tout et à une obsession : faire en sorte de préparer le terrain pour les générations futures, prendre soin de l’environnement, faire que les transports en commun soient une évidence pour les citoyens lyonnais. C’est suite au nouveau projet de Mr Rivalta, développé en partenariat avec SDM System, le i-TCL, que nous avions pris rendez vous avec le Président du Sytral pour une interview qui s’est déroulée dans la bonne humeur et la confidence ! Date de naissance : 10 juillet 1947 Lieu où il aime manger : J’ai une préférence pour le Splendid au Brotteaux qui réveille mes origines bressanes. Lieu où il aime sortir : Les sorties sportives (ASVEL dont je suis l’un des actionnaires, en plus d’être fan. De plus j’ai beaucoup de réunions publiques en soirée ! Sa boutique préférée : Non, je fais mon shopping au hasard, je suis quelqu’un d’assez classique dans le style vestimentaire Bernard Rivalta, présentez vous en quelques mots pour nos lecteurs :
Je suis élu lyonnais depuis 1977, ce qui fait de moi, avec Michel Mercier l’un des plus « vieil » élu à Lyon. Je fais partie de la génération qui n’avait probablement pas tant de responsabilités que celle d’aujourd’hui. Je suis un élu local qui a toujours été préoccupé par l’aménagement du territoire, l’amélioration de la vie des gens au premier degré. J’essaie de régler les problèmes dans l’immédiat mais aussi d’intégrer chaque problème dans une perspective. Je suis également un « précurseur » en matière de développement durable puisque c’est une question qui me suit depuis mes débuts en tant qu’élu. Ma volonté ? Toujours anticiper : pour vous donner un exemple, il y a une dizaine d’années, j’avais émis l’iodée du tapis roulant entre l’arrêt de métro Part Dieu et la sortie en face de la gare. A l’époque il n’y a pas eu de suites, pourtant les infrastructures avaient été mises en place, au cas où. Du coup, lorsque nous avons décidé de le faire, tout était déjà prêt : économie de l’argent public et gain de temps. C’est aussi ça l’anticipation. Il y a un dicton que j’affection : « L’important c’est pas d’y dire, c’est d’y faire ». Et je fais parti des faiseurs !
Ce mois-ci vous apparaissez dans nos pages people concernant la présentation du système i-TCL. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?
Ce nouveau système rentre dans ce principe d’anticipation, dans le principe de toujours tirer la mécanique vers l’avant. L’idée première était d’investir sur quelque chose de nécessaire. Nous visons actuellement dans une société qui se situe entre sous information et sur information. Les usagers n’ont pas besoin des informations catastrophiques mondiales, mais d’informations concrètes et pratiques concernant la vie de tous les jours. C’est important pour eux de connaître en temps réel les problèmes de trafic sur le réseau, la météo…De plus lorsque l’on voit tous les soucis d’environnement et que l’on sait que 80 des français vivent aujourd’hui en agglomération, nous savons que les transports en commun sont l’avenir ! Notre réflexion porte avant tout sur la manière de transporter les voyageurs, de rendre agréables leurs trajets sur nos infrastructures, et c’est pour cela que l’on développe i-TCL, ou même que la distribution des gratuits se fait à la sortir des métros et de certaines gares routières. Il faut que nous ayons des arguments convaincants pour faire sortir les automobilistes de leur voiture et les faire utiliser notre réseau ! i-TCL est un système qui va donner des informations sur les stations de Vélo’V, sur les équipements, les gares. Ce système est le fruit d’un dialogue entre le citoyen et le réseau : nous souhaitions intégrer l’individu dans la collectivité, et amener les informations de la collectivité directement à l’individu. i-TCL fonctionne avec la radio numérique, du coup, nous avons facilement un an d’avance sur les autres villes qui souhaiterait développé cela : nous avons l’info en temps réel, l’horoscope, toutes les news sur un arrêt ou une ligne de notre réseau !
Vous êtes au cœur de Lyon si je puis me permettre puisqu’en tant que président du Sytral vous occupez une place importante dans les activités lyonnaises. Quelles tâches et responsabilités incombent à votre fonction ?
-Tout d’abord, faire fonctionner un réseau l’argent public et l’argent du particulier. Trouver le juste équilibre entre les deux est une importante responsabilité. Ensuite, j’ai à ma charge et à celle de mon équipe, de développer le réseau des transports en commun (desserte Eurexpo ou la prochaine du Grand Stade). Nous discutons avec la Mairie de ces projets. J’essaie d’intégrer les transports dans une logique de lien social. Je ne veux plus qu’il y ait cette appellation de banlieue.En marge de cela, nous développons des projets économiques, comme le métro jusqu’à la Soie, la ligne Léa, les transports vers le Confluent…Puis, je suis très touché par les problèmes environnementaux : les soucis d’énergie et de pollution rendront bientôt les transports en commun indispensables. Il nous faut donc construire un réseau très performant, important et bien sur le moins polluant possible !
Il me faut résoudre des problèmes dans l’instant sans ne jamais oublier les perspectives futures !
Une nouvelle année 2008, une nouvelle année de réflexion et de travaux qui commence donc aussi de votre côté. Que va-t-il se passer du côté du meilleur réseau de transport en communs de France ?
Nous allons continuer de développer des projets car il est important de réfléchir d’ores et déjà au futur pour préparer le terrain des générations à venir. Notre seule et vraie responsabilité au Sytral, c’est celle ci.Nous avons également de grands projets d’ici un an avec la ligne T4 de tramway, qui sur 12 ou 13km reliera le Jet D’eau à Feyzin. Nous avons également toujours beaucoup de travail sur le lien social, sur la lutte contre la pollution…Nous mettons en place le nouveau mandat qui débute cette année et s’étire jusqu’en 2014. Notre enveloppe est de l’ordre de 600 millions € et va servir à toujours et encore développer le réseau de bus, i-TCL mais aussi investir dans notre communication. Nous travaillons sur la carte qui fera le lien entre les TCL et les TER, sur la recherche technologique, les bus trolley, la nouvelle ligne de métro entre Gerland et Oullin…En bref une année 2008 décisive et qui va bouger ! Racontez nous Bernard Rivalta, l’Homme lyonnais ? Que représente pour vous le fait de vivre dans la capitale des Gaules ?
Je suis très fière d’y vivre, car Lyon est une ville avec beaucoup d’avantages et peu d’inconvénients en comparaison de certaines grosses villes comme Paris. La culture, l’environnement font de Lyon une ville agréable dans laquelle on se sent bien. Je suis très fier de ce que la Ville a fait pour les berges du Rhône, de ce que j’avais fait pour le développement de Miribel, mais aussi du réseau de transport en commun. Moi qui ne suis pas un oiseau de nuit, je préfère aller à l’Opéra, dans les lieux culturels. Parfois, je participe à des manifestations plus « festives » comme les nuits sonores dont nous sommes partenaires, ou aller aux Nuits de Fourvière. Lyon, en plus de tout cela, est une ville en avance sur son temps. Nous avons 10 ans d’avance sur certaines choses que l’on voit aujourd’hui. Regardez la ligne M14 à Paris, nous l’avions fait il y a 10 ans avec le métro ligne D. Ou même encore l’exemple de la carte Técély : la carte magnétique a été reprise à Rome, mais aussi aux Etats-Unis. Idem pour le Vélo’V… Lyon est une ville dont la politique se fait à taille humaine. On part avec des compétences dissociées et au final on arrive très bien à les mettre dans une synergie intelligente, et je revendique un peu cette synergie. A Lyon, nous voulons toujours savoir ce qui est le meilleur pour nos concitoyens, la volonté de gérer les choses main dans la main.
Jouons un peu : je vous pose une question, et vous me répondez du tac au tac : -Une rencontre sui a changé votre vie ? François Mitterrand -Un rêve que vous souhaiteriez réaliser ?Sortir du système dans lequel nous sommes pour que la raison l’emporte, qu’il y ait une chance pour tous, et que l’on prenne conscience de l’absurdité de la mondialisation actuelle. -Une association qui vous tient à cœur ? ASVEL (rire) -Votre plus grande réussite ? Avoir réussi à devenir ingénieur, avoir pu franchir les échelons, montrer qu’il est possible de s’en sortir
Les beaux jours arrivent sur Lyon. Existe t-il un lieu, une terrasse qui est pour vous, un incontournable de la ville ?
J’aime particulièrement les terrasses du Splendid ou de l’Est au Brotteaux. Sinon je suis un homme dont la vie est faite de petits bonheurs simples, comme le fit d’être chez moi, sur ma propre terrasse avec quelques amis, autour du Barbecue. Avez-vous des amis people ? Ou peut-on rencontrer Bernard Rivalta une fois la nuit tombée ?
Mes amis people ? Ce sont mes enfants, Thomas et Sylverine.
Quels sont les endroits que vous avez récemment découverts en ville ?
J’aime bien le Q-Boat, j’ai eu l’occasion d’y aller une fois. Sinon le Ninkasi est également un endroit que je trouve sympathique.
Les vacances approchent peut être pour vous : déjà une idée d’escapade après une dure année de labeur ?
C’est prévu ! Jeune, je pratiquais beaucoup de ski, notamment avec ma femme, qui elle aussi était une grande skieuse. Puis je me suis mis au Golf, car c’est un sport à part entière (un parcours de 18 trous fait 10km). De plus, c’est une activité que l’on peut pratiquer en famille, en couple, entre amis. Là, je vais descendre quelques jours dans le sud et m’arrêter sur un parcours à Aix en Provence ou même à Cannes.
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