Accueil →   Liste Interview  → 

 Gérard Collomb: un lyonnais qui vous veut du bien!

Le 03 Avril 2008

Gérard Collomb: un lyonnais qui vous veut du bien!

Gérard Collomb: un lyonnais qui vous veut du bien!

Le rendez vous est pris, et nous impressionne quelque peu. A vrai dire, même s’il est un homme très chaleureux et très abordable, on ne rencontre pas tous les jours Monsieur le Maire Gérard Collomb. Le Grand Lyon, bureau de Monsieur le Président, un salon beige en cuir et des teintes claires, nous y sommes ! Et nous discutons avec un homme dont la gentillesse et la disponibilité nous attendrissent. Un homme avec un parcours qui en fait rêver plus d’un. Mais un homme qui au final aime la ville dont il est le Maire depuis 2001. Gérard Collomb se confie à LyonClubbing, et nous vous livrons tous les secrets de cette interview. 
Date de naissance : juin 1947
Où s’habille Gérard Collomb ? J’ai des goûts simples, généralement chez Des Garçons
Où mange Gérard Collomb ? Chez Matthieu Viannay ou chez Nicolas Le Bec  

Monsieur le Maire, bonjour et permettez nous de vous présenter nos félicitations. Présentez vous pour nos lecteurs :Je suis Maire de Lyon, conseiller municipal depuis 31 ans, j’ai donc acquis une certaine connaissance de la ville. Je suis agrégé de Lettres Classiques, je devais donc me destiner à une carrière universitaire, mais j’ai rencontré la politique, la politique m’a rencontré, et depuis nous ne nous sommes pas quittés ! Je suis marié et père de 5 enfants.    

Ce mois ci, cette interview vous est consacrée, et nous allons nous intéressé à l’Homme lyonnais plus qu’à l’homme politique même si les deux sont indissociables. A quels moments quittez vous le costume de maire pour enfiler celui de Mr tout le monde ? Quitter le costume ? A vrai dire, c’est assez amusant comme question. Le matin, je pense à mon emploi du temps pour savoir si je peux me permettre de porter une tenue un peu décontractée. Et finalement, j’ai tous les jours une obligation qui m’en empêche. Il est donc difficile de se séparer du costume à proprement parler. Dans la rue, tous les jours, les gens m’interpellent en tant que Maire de la ville, même lorsque je suis en famille et toujours de manière très sympathique. Mais il est vrai que si je souhaite ranger le costume de Maire, il faut que je sois en dehors de la ville, dans un endroit où l’on ne reconnaît pas forcément par rapport à ma fonction de Maire.  

En plus d’avoir un agenda de « ministre » si je puis me permettre, vous êtes également un jeune père, puisque vous avez accueilli la petite Camille née le 27 décembre dernier. C’est votre cinquième enfant et le deuxième avec votre épouse actuelle. Quel genre de « papa » êtes-vous ?Je suis actuellement dans une petite période de transition au niveau de mon travail. Il y a des soirs où je peux donc rentrer un peu plus tôt à la maison. Hier soir, ma petite Clémence, âgée de 4 ans a voulu que je joue avec elle. Du coup, nous avons fait un puzzle, puis nous avons lu une histoire, Hansel et Gretel, que je connais aujourd’hui par cœur (rires) !.   

 En parlant d’enfant et de jeunesse, racontez nous un peu les années qui ont précédé votre arrivée comme professeur de lettres classiques à Jean Perrin dans le 9ème ?J’y suis resté peu de temps en vérité, seulement une année après mon agrégation. Avant d’arriver à Jean Perrin, je suis passé par un petit village, puis par Tarare, puis enfin le 9ème. Et très rapidement, je suis devenu député ce qui m’a laissé bien moins de temps pour enseigner. Pourtant, c’est quelque chose que j’aimais faire. Il est vrai qu’après, il n’y avait déjà à l’époque plus beaucoup d’élèves qui choisissaient le latin ou le grec comme matière mais j’enseignais également le français, et pour moi qui suis un amoureux de la belle poésie, c’était un vrai plaisir. Quelle chose fabuleuse de faire découvrir à ses élèves des poèmes qui me tenaient à cœur !  

 Nous sommes obligés de parler un peu de votre carrière politique. Vous avez été député, conseiller régional, membre du conseil économique, vice président de la COURLY, puis sénateur Maire de Lyon, réélu il y a un mois seulement… Un parcours riche en rencontre et en émotions…Un bref retour sur ces années politiques ?J’ajoute qu’en plus, je suis aussi le secrétaire général de la Fondation Jean Jaurès, mais nous y reviendrons. Au départ, j’ai fais de la politique un peu pour défendre la veuve et l’orphelin, c’était un hobby en quelque sorte. Puis des événements marquants comme la refonte du PS ou le passage à gauche de la Région, ont été de véritables déclencheurs. Ma passion ‘est développée et j’ai donc pris des engagements notamment à la mairie du 9ème arrondissement dont je ne me suis jamais séparé ! J’ai été conseillé municipal à 30 ans, député à 33ans, puis 8 ans plus tard, un certain ministre de l’intérieur décide de redécouper la circonscription ce qui m’a été défavorable. J’ai eu pendant ce laps de temps de créer la fondation Jean Jaurès qui est un Think Tank, sur la coopération internationale, ce qui était formidable à une époque où les choses bougeaient énormément : la chute du mur de Berlin, l’effondrement du communisme. Travailler avec des pays de l’Est, de l’Afrique ou de l’Amérique du Sud est très intéressant car  on rencontre différents courants de pensée et cela nous amène à prendre beaucoup de recul. On met également dans ces moments, Lyon au centre d’une perspective internationale. Et puis en 1995, je reviens dans la politique, je suis élu Maire en 2001, réélu il y a un mois, c’est une belle confirmation.      

Jouons un peu : je vous pose une question et vous répondez du tac au tac :
-Une rencontre qui a changé votre vie : Ma femme
-Un rêve à réaliser très vite : prendre quelques jours de vacances, ce qui ne va pas se réaliser tout de suite (rires)
-Une association qui vous  tient à cœur : le petit monde-Votre plus grande réussite : De n’avoir pas trop changé par rapport à mes début, d’être resté le même. 

Ce mois ci nous faisons un supplément formation. Lyon est une ville qui accueille cette année 130 000 étudiants. Dites nous pourquoi Lyon est une ville qui attirent autant les jeunes ?Nos universités et grandes écoles atteignent des niveaux d’excellence. Si, aujourd’hui tous ses pôles de compétences se rejoignent sous le nom des Universités de Lyon, elles se vendront d’autant mieux à l’International. Il y a beaucoup de nouveaux étudiants qui viennent de Chine, ils viennent chercher une qualité d’enseignement qui est reconnue à l’autre bout du monde. Et ce grâce à toutes nos écoles comme ENS, INSA, EM…   

Vous êtes un lyonnais de cœur, vous prenez part à toute sorte d’évènements, vous engagez pour des causes, vous êtes un homme proche des gens et très abordable. Vous aimez votre ville c’est une certitude. Mais parlez nous un peu plus longuement de votre attachement à la ville ?J’aime cette histoire qui est faite d’humanisme. Lyon est une terre de confluences, beaucoup de gens ont remonté le Rhône et se sont arrêtés dans notre belle ville, que ce soit au moment de la chrétienneté, de la Renaissance, foule de corps de métier y ont fait escale (imprimeurs, poètes…). C’est une ville très riche sur le plan culturel. J’aime la qualité de l’air lorsque l’on respire bien, les toitures éclairées, la beauté du fleuve, il n’y a pas beaucoup de ville qui se situe à un confluent avec des collines qui l’entoure. Ici il y a sans cesse une échappée, vers les Alpes, le Pilat, les Monts d’Or…    

Quels sont les endroits que vous avez découverts récemment à Lyon ? Sinon quels sont les restaurants, bars, que vous affectionnez particulièrement ?J’ai découvert une petite place à la Crois Rousse, Place Rouville, avec une magnifique vue sur Fourvière et les rives de Saône. J’aime sinon boire un verre sur une péniche, sur les berges du Rhône.  

 Lyon est une ville qui bouge beaucoup. Que comptez-vous faire pour garder cet esprit festif dans la capitale des Gaules ?D’ici deux ans, le nouveau quartier des Confluences va beaucoup bouger. Cela va être véritablement inouï avec les bords de Saône, les vieux docks, la nouvelle architecture, cela va vraiment être fabuleux. C’est un projet extraordinaire ! 

 L’année 2008 s’annonce chargée, comment abordez-vous les grands challenges qui vous attendent ?Sereinement. Le premier mandat devait être celui de l’invention, celui où nous proposions des projets. Le deuxième mandat sera celui de la réalisation de tous ses projets. Désormais un processus sans fin de développement est lancé dans l’agglomération, notamment au Carré de Soie vers Vaulx-en-Velin, où sur 300 hectares nous allons bâtir un pôle de loisirs et un site peu connu que les lyonnais découvriront, et ils vont être bluffés !   





←Liste Interview