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 Le grand procès de la discrimination à Lyon

Le 05 Decembre 2004

Le grand procès de la discrimination à Lyon

Le grand procès de la discrimination à Lyon

...et laissé au tribunal le soin de fixer la peine pour le onzième, dont le dossier était plus complexe, sans toutefois demander la relaxe. Le jugement a été mis en délibéré au 18 janvier 2005. Le procureur de la république de Lyon avait décidé d'ouvrir une enquête à la suite d'un testing organisé en mars 2000 par l'hebdomadaire Lyon Capitale dans plusieurs discothèques lyonnaises. SOS Racisme, partie civile dans le procès, avait déposé plainte après la parution de l'enquête menée par deux journalistes de ce magazine. Pour ce testing, deux jeunes couples, un d'origine maghrébine, l'autre européenne, vêtus de la même manière, avaient tenté de rentrer dans dix-huit boites de nuit. Le couple maghrébin s'est vu refuser l'entrée de onze établissements dans lesquels l'autre couple avait été autorisé à pénétrer. Le testing avait été réalisé en présence d'un huissier de justice. Mardi à l'audience, les avocats des prévenus ont dénoncé "une opération qui n'a aucune valeur probante". "L'huissier n'a pas enregistré les dialogues entre les couples et les videurs. Ce qui s'est dit à l'entrée, personne ne le sait. C'est la parole des uns contre celle des autres", a fait valoir Me Jean-Louis Abad, avocat de deux des onze prévenus. Selon lui, l'huissier de justice était trop loin pour estimer les motifs de refus des videurs. Les représentants de SOS Racisme ont pour leur part regretté l'absence de poursuites à l'encontre des patrons des discothèques. "Les responsables des boites de nuit se sont couverts derrière les videurs à qui ils ont donné des ordres oraux et ce sont ceux-ci qui se retrouvés devant les tribunaux, c'est dommage", a déploré Thibault Duez, responsable de SOS Racisme pour le département du Rhône. "Le parquet ne veut pas demander de peines exemplaires, mais cette infraction raciale blesse non seulement les victimes mais porte atteinte à l'égalité des droits dans notre société", a estimé le procureur de la République. "Ces actes de discrimination réduisent l'individu à sa seule appartenance communautaire et aux préjugés sur sa couleur de peau", a-t-il déclaré, ajoutant: "On ne reproche pas aux prévenus d'être racistes, mais c'est l'attitude discriminante qui est visée". Selon l'un des portiers incriminés, d'origine africaine, il n'y avait "aucune intention discriminatoire, ni aucune consigne de la part de la direction de la discothèque" en ce sens. "Vous imaginez la tête de mes parents si je suis condamné pour racisme ?", a-t-il déclaré à l'Associated Press avant l'audience. "Ce procès permet de rappeler qu'accepter un ordre discriminatoire, c'est s'exposer à une condamnation", a de son coté rappelé Thibault Duez.
Onze employés de discothèques lyonnaises ont comparu mardi dernier en fin de journée devant la 6èmechambre du tribunal correctionnel de Lyon pour discrimination raciale. Le ministère public a requis des peines de deux mois de prison avec sursis et 500 euros d'amende pour dix des onze prévenus...





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